Patrick Pesnot : Et aujourd’hui alors, on en est toujours là ?
Monsieur X : Oui, même si on a constaté des avancées comme la libération par le Polisario de prisonniers marocains détenus depuis plus de 20 ans. Alors certes, on continue à discuter. Encore tout récemment, certains imaginent une sorte d’autonomie élargie qui serait accordée aux Sahraouis au sein du royaume chérifien. Mais ce que veut le Front Polisario, c’est l’indépendance, un point c’est tout.
PP : Il est douteux qu’ils renoncent à cette revendication.
X : C’est ce que je pense, parce que l’existence même du Front repose là-dessus.
PP : Alors c’est l’impasse ?
X : Une impasse douloureuse. Et d’abord pour tous ces réfugiés sahraouis qui vivent misérablement sans grande fortune du côté de Tindouf. Même si depuis les années 90, le Maroc a très largement développé les infrastructures du Sahara Occidental qu’elle a annexé : hôpitaux, routes. Il est à redouter pour tous les sahraouis que la pression internationale se fasse de plus en plus forte. A cause du pétrole d’abord. Les compagnies pétrolières ont fait des recherches. Elles se sont même vues octroyées des concessions. Mais elles ont peur de commencer l’exploitation.
PP : Peur pourquoi?
X : Si leurs concessions ont été octroyées par le Maroc, elles risquent des représailles de la part du Polisario. Des attentats par exemple. Et dans le cas contraire, ce sont les autorités marocaines qui pourraient leur créer de sérieux ennuis. Et c’est pourquoi devant cet interminable échec, les jeunes générations de sahraouis pensent à reprendre le combat armé. Au risque réel de s’attirer les foudres des Etats-Unis qui voient des terroristes partout et qui ne demanderaient pas mieux que de les assimiler aux cellules d’Al-Qaida Maghreb dont ils ne cessent de dénoncer les menaces… vraies ou fausses. Mais quand il y a du pétrole dans les environs, la vérité n’a plus grand sens…
Monsieur X : Oui, même si on a constaté des avancées comme la libération par le Polisario de prisonniers marocains détenus depuis plus de 20 ans. Alors certes, on continue à discuter. Encore tout récemment, certains imaginent une sorte d’autonomie élargie qui serait accordée aux Sahraouis au sein du royaume chérifien. Mais ce que veut le Front Polisario, c’est l’indépendance, un point c’est tout.
PP : Il est douteux qu’ils renoncent à cette revendication.
X : C’est ce que je pense, parce que l’existence même du Front repose là-dessus.
PP : Alors c’est l’impasse ?
X : Une impasse douloureuse. Et d’abord pour tous ces réfugiés sahraouis qui vivent misérablement sans grande fortune du côté de Tindouf. Même si depuis les années 90, le Maroc a très largement développé les infrastructures du Sahara Occidental qu’elle a annexé : hôpitaux, routes. Il est à redouter pour tous les sahraouis que la pression internationale se fasse de plus en plus forte. A cause du pétrole d’abord. Les compagnies pétrolières ont fait des recherches. Elles se sont même vues octroyées des concessions. Mais elles ont peur de commencer l’exploitation.
PP : Peur pourquoi?
X : Si leurs concessions ont été octroyées par le Maroc, elles risquent des représailles de la part du Polisario. Des attentats par exemple. Et dans le cas contraire, ce sont les autorités marocaines qui pourraient leur créer de sérieux ennuis. Et c’est pourquoi devant cet interminable échec, les jeunes générations de sahraouis pensent à reprendre le combat armé. Au risque réel de s’attirer les foudres des Etats-Unis qui voient des terroristes partout et qui ne demanderaient pas mieux que de les assimiler aux cellules d’Al-Qaida Maghreb dont ils ne cessent de dénoncer les menaces… vraies ou fausses. Mais quand il y a du pétrole dans les environs, la vérité n’a plus grand sens…
____________________________________________________________________________________________________
Pour terminer, je vous propose un court extrait d’un reportage effectué en février dernier (2008) par la journaliste du Monde, Florence Beaugé. Elle décrit la vie des 158 000 réfugiés des camps de Tindouf : « Nourriture, vêtements, médicaments, tout leur vient de dons, beaucoup en provenance d’Espagne. Pas d’eau courante, les habitants se ravitaillent dans de petites citernes en zinc alimentées chaque jour par camions. Quant à l’électricité, ils la tirent de panneaux solaires installés sur le sol. La vie dans ces camps de Tindouf est incroyablement dure. Il y fait froid l’hiver. La nuit, le thermomètre descend souvent en dessous de zéro. Une chaleur écrasante l’été. 50° à l’ombre. Les vents de sable rendent l’atmosphère irrespirable, mais le pire pour tous ces réfugiés sahraouis, c’est l’attente.
___________________________________________________________________________________________________
Livres:
Le Sahara Occidental de Laurent Pointier
Éditeur : Karthala
Parution : 2004
Les officiers de sa Majesté de Mahjoub Tobji
Éditeur : Fayard
Parution : 2006
Le Sahara Occidental de Laurent Pointier
Éditeur : Karthala
Parution : 2004
Les officiers de sa Majesté de Mahjoub Tobji
Éditeur : Fayard
Parution : 2006