<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-453588291539763311</id><updated>2012-02-16T12:55:10.133+01:00</updated><category term='Afrique'/><category term='Moyen-Orient'/><category term='Amérique latine'/><title type='text'>X tribute</title><subtitle type='html'>Récit feuilletonnesque de l'émission de France Inter
Rendez-vous avec X</subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://xtribute.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/453588291539763311/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://xtribute.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><author><name>dr frankNfurter</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14355900384310595377</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_J0zObH4oN_c/TUFwgWx1F-I/AAAAAAAACBY/M8M8tFse2_s/s220/RHCS-Nanarotron.jpg'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>36</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-453588291539763311.post-2917501123138439556</id><published>2009-06-18T08:21:00.001+02:00</published><updated>2009-08-31T11:06:24.017+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Afrique'/><title type='text'>Le Sahara Occidental - Emission du 16/04/08 - Episode 6</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Patrick Pesnot : Et aujourd’hui alors, on en est toujours là ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Monsieur X : Oui, même si on a constaté des avancées comme la libération par le Polisario de prisonniers marocains détenus depuis plus de 20 ans. Alors certes, on continue à discuter. Encore tout récemment, certains imaginent une sorte d’autonomie élargie qui serait accordée aux Sahraouis au sein du royaume chérifien. Mais ce que veut le Front Polisario, c’est l’indépendance, un point c’est tout.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Il est douteux qu’ils renoncent à cette revendication.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : C’est ce que je pense, parce que l’existence même du Front repose là-dessus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Alors c’est l’impasse ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Une impasse douloureuse. Et d’abord pour tous ces réfugiés sahraouis qui vivent misérablement sans grande fortune du côté de Tindouf. Même si depuis les années 90, le Maroc a très largement développé les infrastructures du Sahara Occidental qu’elle a annexé : hôpitaux, routes. Il est à redouter pour tous les sahraouis que la pression internationale se fasse de plus en plus forte. A cause du pétrole d’abord. Les compagnies pétrolières ont fait des recherches. Elles se sont même vues octroyées des concessions. Mais elles ont peur de commencer l’exploitation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Peur pourquoi?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Si leurs concessions ont été octroyées par le Maroc, elles risquent des représailles de la part du Polisario. Des attentats par exemple. Et dans le cas contraire, ce sont les autorités marocaines qui pourraient leur créer de sérieux ennuis. Et c’est pourquoi devant cet interminable échec, les jeunes générations de sahraouis pensent à reprendre le combat armé. Au risque réel de s’attirer les foudres des Etats-Unis qui voient des terroristes partout et qui ne demanderaient pas mieux que de les assimiler aux cellules d’Al-Qaida Maghreb dont ils ne cessent de dénoncer les menaces… vraies ou fausses. Mais quand il y a du pétrole dans les environs, la vérité n’a plus grand sens…&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;____________________________________________________________________________________________________&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Pour terminer, je vous propose un court extrait d’un reportage effectué en février dernier (2008) par la journaliste du &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Monde&lt;/span&gt;, Florence Beaugé. Elle décrit la vie des 158 000 réfugiés des camps de Tindouf : « Nourriture, vêtements, médicaments, tout leur vient de dons, beaucoup en provenance d’Espagne. Pas d’eau courante, les habitants se ravitaillent dans de petites citernes en zinc alimentées chaque jour par camions. Quant à l’électricité, ils la tirent de panneaux solaires installés sur le sol. La vie dans ces camps de Tindouf est incroyablement dure. Il y fait froid l’hiver. La nuit, le thermomètre descend souvent en dessous de zéro. Une chaleur écrasante l’été. 50° à l’ombre. Les vents de sable rendent l’atmosphère irrespirable, mais le pire pour tous ces réfugiés sahraouis, c’est l’attente.&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;__________________________________________________________________________&lt;span style="font-style: italic;"&gt;_________________________&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Livres:&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Le Sahara Occidental&lt;/span&gt; de Laurent Pointier&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Éditeur &lt;/span&gt;: Karthala&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Parution &lt;/span&gt;: 2004&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Les officiers de sa Majesté&lt;/span&gt; de Mahjoub Tobji&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Éditeur &lt;/span&gt;: Fayard&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Parution &lt;/span&gt;: 2006&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/453588291539763311-2917501123138439556?l=xtribute.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/453588291539763311/posts/default/2917501123138439556'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/453588291539763311/posts/default/2917501123138439556'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://xtribute.blogspot.com/2009/06/le-sahara-occidental-emission-du-160408_18.html' title='Le Sahara Occidental - Emission du 16/04/08 - Episode 6'/><author><name>dr frankNfurter</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14355900384310595377</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_J0zObH4oN_c/TUFwgWx1F-I/AAAAAAAACBY/M8M8tFse2_s/s220/RHCS-Nanarotron.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-453588291539763311.post-687675837906482806</id><published>2009-06-15T08:16:00.001+02:00</published><updated>2009-06-15T08:16:00.731+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Afrique'/><title type='text'>Le Sahara Occidental - Emission du 16/04/08 - Episode 5</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Monsieur X : Il est évident qu’ils ne peuvent pas approuver. La réplique du Polisario ne se fera pas attendre. Peu après la conférence de Madrid, le Front annonce la création de la RASD, c'est-à-dire : la République Arabe Sahraoui Démocratique, aussitôt reconnue par l’Algérie. Ce qui entraine la rupture des relations diplomatiques entre Rabat et Alger, et même peu après, une rupture du Maroc avec l’OUA. L’Organisation de l’Unité Africaine qui va elle aussi reconnaitre le nouvel état.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Patrick Pesnot : Un nouvel état, mais un état virtuel car ils n’administrent pas le Sahara Occidental.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : C’est vrai. Les dirigeants se trouvent à l’extérieur, à Tindouf.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Donc en Algérie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Et c’est le début d’une véritable guerre qui va opposer le Maroc au Polisario. Le Maroc, qui entre temps mettra la main sur le sud du territoire car la Mauritanie déchirée par des conflits internes ne sera pas en mesure de défendre la partie qui lui a été allouée à Madrid. En passant un accord de défense avec le Maroc, Nouakchott (capitale de la Mauritanie) abandonnera la partie. Toutefois, à l’issue d’un putsch, le nouveau pouvoir mauritanien remettra au moins en théorie sa portion de Sahara Occidental au Polisario.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Alors cette guerre ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Ça commence donc par l’entrée de l’armée marocaine dans cette partie du pays.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Le Sud.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Les troupes marocaines regroupent alors 100 000, peut-être, 150 000 soldats.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : C’est considérable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Surtout si on songe qu’en face le Front Polisario ne compte que 15 000 combattants. Mais malgré ce déséquilibre en nombre, les Sahraouis très mobiles et qui ont une très bonne connaissance du terrain infligent de lourdes pertes aux marocains. Et puis grâce à l’Algérie et à la Lybie, ils disposent d’équipements performants. En outre, l’armée marocaine qui est placée sous les ordres d’un autre protagoniste de l’affaire Ben Barka, le général Dlimi, ne brille guère par son efficacité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Pour quelles raisons ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Elle est minée par la corruption. De nombreux officiers envoyés là-bas pensent d’abord à s’enrichir. En plus les exactions, dont elle se rend coupable sur la population, poussent de nombreux sahraouis à fuir ou à se réfugier dans les rangs du Front Polisario. En tout cas, en 1979, tout cela a pour conséquence une grave défaite de l’armée marocaine dans l’Est à Smara. Ça permet au Polisario de récupérer à peu près 20% du territoire du Sahara Occidental.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : A l’Est bien sûr.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Oui, une bande de terre collée près de la frontière algérienne. Mais Rabat riposte immédiatement en construisant un mur de protection autour du Sahara Occidental.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Un nouveau mur de Berlin ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Non, parce que le Maroc n’en a pas la possibilité sur une longueur de 2 000 kilomètres. Il n’empêche qu’avec l’aide de la France et des Etats-Unis l’armée marocaine édifie un mur de sable hérissé de radars et truffé de mines. Une construction qui n’est pas entièrement hermétique mais qui rend plus difficile les incursions des combattants du Front Polisario.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Et pourquoi l’aide française ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Dans cette affaire sensible, la France a généralement soutenue le Maroc, même si à gauche, on avait plutôt des sympathies pour le Polisario.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : A cause du caractère colonial de l’occupation marocaine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Evidement. En tout cas, au moins sur le plan militaire, la situation demeure figée à partir du début des années 80 et jusqu’au cessez-le-feu qui intervient en 1991 sous les auspices de la mission militaire de l’ONU.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Une mission d’interposition.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Et qui se trouve là-bas depuis maintenant 17 ans.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : 17 ans…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Oui, l’affaire se déroule depuis presque uniquement sur le terrain de la diplomatie si on excepte quelques poussées de fièvre indépendantiste toujours durement réprimée par les forces marocaines.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Et c’est l’ONU qui a pris les choses en main.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Principalement. L’ONU essaiera à de multiples reprises mais toujours en vain de trouver une solution acceptable pour toutes les parties. Songez que pour cette seule question du Sahara Occidental, l’ONU pondra une cinquantaine de résolutions.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Et sans aucun résultat…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Et il y aura toujours à l’initiative de l’organisation internationale des tentatives de procéder enfin à une consultation électorale mais il n’y a jamais eu d’accord sur la définition du collège électoral.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : A cause du nomadisme des Sahraouis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Pas seulement. Les marocains, qui n’ont acceptés cette idée que contraints et forcés, ont voulu associer au scrutin des tribus maures vivant dans le sud du Maroc. C’était bien sûr inacceptable pour le Front Polisario qui ne leur reconnaissait pas la qualité de citoyen sahraoui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(à suivre)&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/453588291539763311-687675837906482806?l=xtribute.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/453588291539763311/posts/default/687675837906482806'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/453588291539763311/posts/default/687675837906482806'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://xtribute.blogspot.com/2009/06/le-sahara-occidental-emission-du-160408_15.html' title='Le Sahara Occidental - Emission du 16/04/08 - Episode 5'/><author><name>dr frankNfurter</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14355900384310595377</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_J0zObH4oN_c/TUFwgWx1F-I/AAAAAAAACBY/M8M8tFse2_s/s220/RHCS-Nanarotron.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-453588291539763311.post-6744950872567984289</id><published>2009-06-11T18:25:00.005+02:00</published><updated>2009-06-11T18:26:51.976+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Afrique'/><title type='text'>Le Sahara Occidental - Emission du 16/04/08 - Episode 4</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Monsieur X : Front Polisario, cela veut dire « Front populaire de Libération de la Saguia el Hamra et du Rio de Oro »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Patrick Pesnot : C'est-à-dire les deux provinces qui forment le Sahara Occidental.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Qui à l’époque est encore espagnol. Son meneur s’appelle Mohamed Abdelaziz et il s’oppose aux prétentions territoriales de la Mauritanie et du Maroc.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Lui il est d’abord Sahraoui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Oui mais il doit préalablement se battre contre l’occupant espagnol. Et l’acte fondateur du Polisario a lieu en mai 1973, lors d’une action éclaire contre un avant poste espagnol où sont détenus des opposants Sahraouis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : C’est donc une véritable confrontation armée qui s’esquisse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Oui et le Front Polisario bénéficie de deux alliés de poids : l’Algérie et la Libye, parrains de ce nouveau mouvement indépendantiste qui se dote d’un bras armé : l’armée de libération populaire sahraoui. A partir de cette création, les événements vont se précipiter.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : C'est-à-dire ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : En Espagne, le régime franquiste décline et il va connaitre son agonie en même temps que son chef historique, le général Franco…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : … qui meurt en novembre 1975.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Et l’Espagne malgré quelques déclarations viriles va se désintéresser du sort du Sahara Occidental qu’elle finira par abandonner en 1976. Préalablement, les instances internationales, via la cour de justice de La Haye, sont invitées à se prononcer sur le destin de ce territoire. Il en résulte un avis mi-chèvre mi-chou.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Expliquez.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Les magistrats internationaux tout en prônant un scrutin d’autodétermination reconnaissent du bout des lèvres qu’il existe des liens d’allégeance historiques entre les autorités marocaines et les tribus sahraouis. Hassan II en profite aussitôt. Pour faire pièce à la montée en puissance du Front Polisario, il imagine une opération géniale : la fameuse Marche Verte, un mouvement de foule sans précédent dans la région.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Pas un mouvement spontané…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Non. Tout est organisé par Rabat. Et au nom de cette cause sacrée, selon les mots même de Hassan II, plus de 300 000 marocains vont prendre la direction du Sahara Occidental.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;___________________________________________________________________________________________________________&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le journal &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Le Monde&lt;/span&gt; sous la signature de Jean-Pierre Tuquoi rend ainsi compte de cette Marche Verte précédée le 5 novembre 1975 par une adresse du roi Hassan II à son peuple. « Demain, dit le souverain à son peuple, tu fouleras de tes pieds une partie du sol de la patrie. Demain, tu franchiras la frontière par la volonté de Dieu. Dès que tu l’auras franchie, je veux que tu fasses tes ablutions avec le sable et que tu pries tourné vers La Mecque pour rendre grâce au très haut. La Marche Verte est pacifique. Si dans cette foule sans arme tu rencontres un espagnol, civil ou militaire, échange avec lui le salut et invite-le sous la tente à partager le repas. Nos intentions ne sont nullement belliqueuses et nous répugnons à toutes effusions de sang. S’il tire sur toi, poursuis ta marche, armé de ta seule foi que rien ne saurait ébranler. Et s’il advient que des agresseurs autres qu’espagnols entravent ta marche, sache que ta valeureuse armée est prête à te protéger. » « En réalité, continue Tuquoi, le soir même dès minuit, les premiers marcheurs marocains sont amenés en camion au poste frontière de Tah. Après s’être brièvement arrêtée de l’autre côté de la frontière du Sahara Occidental pour réciter des prières, la cohorte s’ébranle et foule le sol désertique de la colonie espagnole revendiquée par Rabat. Le jeudi matin, ils se sont enfoncés d’une dizaine de kilomètres à l’intérieur de la colonie espagnole et le flot ne cesse de grossir. Ils sont déjà plusieurs dizaines de milliers de jeunes à avancer, enthousiastes, le Coran dans une main, le drapeau marocain dans l’autre. Ils seront 350 000 dans quelques jours. »&lt;br /&gt;_______________________________________________________________________________________________________&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : La Marche Verte, on le sait, n’a nullement été improvisée. Des trains spéciaux, des autocars et des camions ont été réquisitionnés et tout a été prévu pour que les marcheurs ne souffrent ni de la faim, ni de la soif.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Une sorte de croisade ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Oui. Et en dehors même de la question du Sahara Occidental, Hassan II, comme il l’a fait dix ans plus tôt, réalise une opération politique excessivement habile. Il réunit en effet sous la bannière royale tous les partis politiques marocains.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Il les a tous embobinés si vous me passez l’expression.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Oui, c’est à peu près ça. Et désormais rare seront ceux au Maroc qui oseront critiquer l’annexion du Sahara Occidental qui se dessine. Mais le roi est en même temps victime de son succès.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Que voulez-vous dire là ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Et bien il doit faire face à une surenchère de la gauche qui le prend au mot : « si vous voulez bien vous emparer de cette terre marocaine, faites ce qu’il faut pour y parvenir. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Une intervention militaire ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Oui, contre les garnisons espagnoles qui défendent le Sahara Occidental. Mais sagement, Hassan II ne donne pas suite. Et d’abord parce qu’il sait que l’armée royale n’est pas de taille à affronter les forces espagnoles qui mobilisent pour éventuellement repousser une attaque marocaine. Par ailleurs, le roi subit les admonestations de l’ONU qui n’a guère apprécié la Marche Verte et essuie aussi de vives critiques des algériens qui dénoncent une opération aventureuse et grosse de risques pour toute la région.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Et ça, c’est une sorte de menace ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Et Hassan II la prend comme telle. Quatre jours après le début de la Marche Verte, il siffle la fin de la partie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Les marcheurs rentrent chez eux. Alors bilan de l’opération ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Le roi marocain a incontestablement marqué des points, chez lui mais aussi à l’extérieur, car il a pris date. Et les résultats ne se font pas attendre. Dès le mois de février de l’année suivante, une conférence tripartite réunit à Madrid les représentants du Maroc, de la Mauritanie et bien entendu de l’Espagne. Elle aboutit à un accord au terme des quelles l’Espagne se désengage du Sahara Occidental qui sera provisoirement administré par les trois pays.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Et les Sahraouis n’ont pas été associés à cette conférence ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Ce sont en effet les grands absents même si, bien sûr, on leur a fait la promesse de les respecter.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : « Les respecter », c’est une promesse qui ne veut pas dire grand-chose.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Effectivement. En tout cas, tandis que la Mauritanie au Sud et le Maroc au Nord se partagent le Sahara Occidental, il n’est plus question de ce scrutin d’autodétermination recommandé par l’ONU et que Rabat réclamait à grand cri quand le territoire se trouvait encore sous le joug espagnol. D’ailleurs, bientôt, l’ONU déclarera que cet accord tripartite est nul et non avenu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Et l’Algérie et son protégé le Front Polisario ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(à suivre)&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/453588291539763311-6744950872567984289?l=xtribute.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/453588291539763311/posts/default/6744950872567984289'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/453588291539763311/posts/default/6744950872567984289'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://xtribute.blogspot.com/2009/06/le-sahara-occidental-emission-du-160408.html' title='Le Sahara Occidental - Emission du 16/04/08 - Episode 4'/><author><name>dr frankNfurter</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14355900384310595377</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_J0zObH4oN_c/TUFwgWx1F-I/AAAAAAAACBY/M8M8tFse2_s/s220/RHCS-Nanarotron.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-453588291539763311.post-6456376303063584677</id><published>2009-05-16T19:55:00.002+02:00</published><updated>2009-05-16T19:56:05.948+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Afrique'/><title type='text'>Le Sahara Occidental - Emission du 16/04/08 - Episode 3</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Patrick Pesnot : Dès cette époque, le roi du Maroc considère donc que le Sahara espagnol appartient à son pays mais comment justifie t’il cette assertion?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Monsieur X : Il utilise deux arguments. D’abord il juge qu’il y a une continuité géographique entre le Maroc et le Sahara Occidental.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : La Mauritanie peut en dire autant au sud.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Ensuite, Hassan II mais aussi la majorité des marocains mettent en avant qu’au sud de leur pays vivent des Maures qui sont apparentés aux nomades sahraouis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Là encore la Mauritanie…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Vous avez raison, mais vous verrez par la suite que ce pays devra abandonner ses ambitions. En tout cas, ce qui est intéressant c’est qu’au cours de cette période qui va de 1965 jusqu’au retrait espagnol, les autorités marocaines collent parfaitement aux recommandations ou injonctions de onusiennes. Et je veux souligner en particulier que le Maroc approuve par conséquent le principe du scrutin d’autodétermination prévu par l’ONU. Il en ira tout autrement lorsque c’est Rabat qui tirera les ficelles au Sahara Occidental.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : J’imagine que tant la Mauritanie que le Maroc, deux pays qui ont des vues sur le Sahara occidental, doivent susciter ou aider des mouvements hostiles à la colonisation espagnole.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : C’est évident. Il se crée en effet deux organisations. L’une soutenue par la Mauritanie, l’autre par le Maroc qui entendent créer des difficultés à l’administration espagnole. Et Madrid riposte à sa façon en organisant un référendum.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Une vraie consultation?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Non, les dés sont pipés. Et seule une infime partie de la population sahraouie est appelée à voter.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Et le résultat est favorable à l’Espagne?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Forcément. Mais ça renforce la volonté de Madrid d’intégrer les populations autochtones.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Madrid qui n’envisage donc pas du tout de décoloniser.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Et qui exploite maintenant méthodiquement les ressources minières du territoire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Oui les phosphates.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Mais c’est aussi  la même époque qu’il commence à se dire que le sous-sol du Sahara Occidental pourrait bien détenir du pétrole. Les espagnols accroissent donc la pression politique sur les Sahraouis et leurs chefs de tribus en espérant aboutir à assimiler ces nomades.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Mais dans un contexte général de décolonisation, comment les espagnols peuvent-ils encore penser qu’ils pourront longtemps occuper cette colonie?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : C’est vrai qu’ils agissent à contre courant. Et remarquez le bien avec leur voisin portugais, ils seront les derniers européens en Afrique à lâcher prise. Mais les faits sont là. Et au risque de me répéter, je vous rappelle que Franco est encore au pouvoir. Franco et son implacable successeur désigné Carrero Blanco.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Le chien de garde du régime, l’homme qui sera assassiné par les indépendantistes basques en 1973.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Mais tout au long de ces années 60, comme je vous l’ai expliqué, le sentiment national progresse dans l’esprit des Sahraouis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : La prise de conscience de leur condition de colonisés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Oui, mais aucune des organisations indépendantistes, qui voient le jour, ne sont capables de s’opposer militairement aux espagnols qui ont considérablement renforcé leur présence armée au Sahara Occidental. D’autant que ces mouvements sont divisés et que le nomadisme de ces populations ne favorise ni la mobilisation ni la cohésion de ces factions revendicatrices.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Et il existe quand même quelques villes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Oui et vous avez raison d’évoquer ce point car ces villes, que rejoindront des réfugiés, seront des abcès de fixation pour les indépendantistes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Et ces réfugiés alors d’où viennent-ils ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Ceux sont des Sahraouis qui fuient la répression des autorités coloniales. Une répression qui va, comme partout ailleurs, permettre de cristalliser la revendication nationaliste et l’émergence d’une intelligentsia formée par de jeunes hommes qui sont partis faire leurs études à l’étranger, souvent en Espagne d’ailleurs ou au Maroc, ce qui ne va pas s’en poser quelques problèmes à la monarchie…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Pourquoi ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Parce que ces jeunes gens rejoignent presque naturellement leurs condisciples marocains qui contestent le régime et l’autorité de Hassan II. Ils font donc l’objet d’une surveillance policière assidue. C’est d’autant plus vrai que ces intellectuels ne voient pas d’un très bon œil la tutelle que le Maroc voudrait imposer aux mouvements indépendantistes. Ils ont raison de se méfier car Rabat n’envisage de soutenir que ceux qui se prononce pour le rattachement du Sahara Occidental au Maroc. Certains de ces intellectuels n’hésiteront pas à dénoncer une connivence inavouable entre les autorités marocaines et espagnoles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Et vous parliez de la répression exercée par Madrid…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Oui en 1970. Deux milles Sahraouis se rassemblent pacifiquement près de Smara, pas très loin de la frontière marocaine. Ils veulent adresser une pétition au gouverneur…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Gouverneur espagnol. Et de quoi est-il question ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : De la reconnaissance de leurs droits. Le pouvoir colonial réagit avec vigueur et ordonne à la troupe de tirer à balles pour disperser le rassemblement. Une dizaine de Sahraouis tombe et dans la nuit les forces d’occupation enlève le leader de ce mouvement de protestation. Un certain Mohammed Bassiri que personne ne reverra.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Assassiné ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Vraisemblablement. Du coup, ce Bassiri devient un martyr de la cause Sahraoui. Le Polisario créé trois ans plus tard en fait d’ailleurs l’un de ses mentors. Quoi qu’il en soit, les évènements de Smara radicalisent le mouvement indépendantiste et incite de nombreux Sahraouis à trouver refuge à Tindouf, au-delà de la frontière algérienne. C’est très important parce que cela permet à un nouvel acteur de jouer sa partie dans cette affaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : L’Algérie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Bien évidemment. L’Algérie qui a toujours entretenue des rapports difficiles avec son voisin marocain et qui elle-aussi a les yeux braqués sur les ressources du Sahara Occidental… et sur son accès à l’Atlantique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Elle est donc impliquée à cause de la présence en son territoire des camps de réfugiés de Tindouf.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Et elle n’est pas étrangère à la création du Front Polisario en 1973.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Alors ce Front, expliquez-moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(à suivre)&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/453588291539763311-6456376303063584677?l=xtribute.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/453588291539763311/posts/default/6456376303063584677'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/453588291539763311/posts/default/6456376303063584677'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://xtribute.blogspot.com/2009/05/le-sahara-occidental-emission-du-160408_16.html' title='Le Sahara Occidental - Emission du 16/04/08 - Episode 3'/><author><name>dr frankNfurter</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14355900384310595377</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_J0zObH4oN_c/TUFwgWx1F-I/AAAAAAAACBY/M8M8tFse2_s/s220/RHCS-Nanarotron.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-453588291539763311.post-6101874911101311143</id><published>2009-05-11T06:49:00.001+02:00</published><updated>2009-05-11T06:49:00.622+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Afrique'/><title type='text'>Le Sahara Occidental - Emission du 16/04/08 - Episode 2</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Patrick Pesnot : Alors là, vous parliez des indépendantistes au Sahara Occidental, colonie espagnole, existe-t-il un mouvement nationaliste?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Monsieur X : Constitué en tant que tel? Non. Mais il est certain que l’évolution des pays du Maghreb va favoriser cette éclosion. D’autre part la colonisation espagnole de plus en plus pesante accentue cette tendance et va lentement fonder l’identité sahraouie. Et ça s’explique aisément. Ca commence par la revendication purement territoriale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Oui la réappropriation purement géographique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Et ça se transforme peu à peu en affirmations culturelle et nationaliste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Alors en exagérant un peu, peut-on dire que la notion de peuple sahraoui est née à cause la colonisation?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : C’est en effet dans la lutte que cette idéologie nationale s’est affirmée. Et ensuite bien sûr c’est dans l’opposition à une autre forme de colonisation, celle du Maroc, que cette revendication nationaliste  s’est renforcée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Une remarque, les marocains ont toujours nié qu’il s’agissait d’une colonisation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Je sais mais si vous voulez bien, on reverra ça de plus près. Dès 1953, soit plusieurs années avant l’indépendance du Maroc, on voit apparaitre l’ALM, une Armée de Libération Marocaine, forte de plusieurs milliers d’hommes. Elle a pour vocation à la fois de combattre la France et l’Espagne et à louer des liens très étroits avec le FLN algérien. D’ailleurs ses initiateurs ont l’ambition de créer une grande fédération maghrébine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Ce qui ne se fera jamais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : En particulier à cause de la question sahraouie d’ailleurs. Cette ALM se montre particulièrement active et organise des attentats et des sabotages essentiellement dans le Rif. Puis après que l’indépendance marocaine est acquise, elle s’en prend au Sahara espagnol. Et son action est jugée suffisamment inquiétante pour que la France et l’Espagne unissent leur force pour l’éliminer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : L’Espagne je veux bien, mais la France pourquoi?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Parce qu’elle craint la contagion en Mauritanie qui est encore une dépendance française. Les deux pays mettent donc au point une opération militaire conjointe qui en février 1958 met hors d’état de nuire l’ALM dans de très violents combats au Sahara. Et aussitôt après, l’Espagne informe l’ONU que les territoires soumis à sa souveraineté…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Quoi, le Sahara espagnol?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Et la petite enclave d’Ifni au sud du Maroc seront désormais administrés comme ses provinces de métropole.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Ca signifie que l’Espagne, pourtant si longtemps désintéressé par le Sahara Occidental, entend s’en occuper très sérieusement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : C’est ça. Exactement comme si le colonisateur découvrait soudain que son Sahara, laissé si longtemps en déshérence, méritait enfin qu’on l’exploite. Et Franco entend y conduire des mesures d’intégration coloniale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Intégration des populations?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Y compris par la force.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Et la réaction de l’ONU?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Elle réplique fermement que pour l’organisation internationale les territoires Ifni et Sahara sont des colonies et relèvent donc du comité de décolonisation de l’ONU. Ca veut dire que les populations locales devront être consultées via un référendum d’autodétermination. Et comme Madrid ne veut rien entendre, des sanctions sont envisagées. C’est très important car cette intervention onusienne marque le début de l’internationalisation de la question du Sahara Occidental.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Internationalisation, pourtant pour l’instant seule l’Espagne est concernée?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Détrompez-vous. Deux autres acteurs ont très envie de rentrer dans le jeu. Deux états qui ont appréciés au plus haut point la résolution de l’ONU mais pour des raisons radicalement différentes. La Mauritanie d’abord, devenue à son tour indépendante, elle se verrait bien attribuer une partie du Sahara Occidental au nom de la proximité géographique et ethnique qui la lie à ce territoire. On parle la même langue, le Hassaniyya des deux côtés de la frontière.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Et les hommes m’avez-vous dit sont issus à peu près des mêmes ethnies.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : A l’exception bien sûr des tribus noires qui habitent le sud de la Mauritanie. L’autre état, c’est naturellement le Maroc. A Rabat, ils sont déjà nombreux à considérer que le Sahara Occidental est un prolongement naturel de leur pays.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Et donc une partie intégrante du Maroc.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Oui cette idée va faire insidieusement son chemin. Et le roi Hassan II va l’exploiter très malignement en faisant un objectif de politique intérieure.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : C'est-à-dire?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : En 1965, le gouvernement marocain doit faire face à d’importantes manifestations, initiées d’abord par les étudiants et les lycéens. Elles vont bientôt gagner l’ensemble du pays.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Et que réclamait les manifestants?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Ils protestaient contre la hausse du coût de la vie. La répression a été à la hauteur de l’ampleur de cette opposition. Et d’après les observateurs, on comptera un millier de morts. Mais ça ne vous étonnera pas puisque le ministre de l’Intérieur était le général Oufkir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : L’homme qui porte une responsabilité sur la disparition de Ben Barka.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Et notez bien que les deux évènements se sont passés la même année, en 1965.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Et ce n’était pas un hasard?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Non, car Ben Barka était le principal opposant au régime. Même s’il avait dû s’exiler pour échapper à la redoutable police d’Oufkir. Le roi est donc mis sérieusement en difficulté, mais il fait front. Il dissout l’assemblée, s’octroie les pleins pouvoirs et surtout il se sert de la question du Sahara Occidental.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Oui mais de quelle façon?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Il flatte le nationalisme de ses sujets en annonçant que le Maroc doit en finir avec le colonialisme et donc parachever l’intégrité de son territoire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Et là c’est l’Espagne qui est visée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : L’Espagne qui détient encore des enclaves au nord et surtout au sud, Ifni et le Sahara Occidental.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : C’est donc soyons clair pour le roi une manière de détourner la colère des marocains&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Exactement. Et malheureusement, ça marche. Et ça marchera de nouveau dix ans plus tard.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;___________________________________________________________________________&lt;span style="font-style: italic;"&gt;_________________________&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le chercheur Laurent Pointier est un spécialiste du Maghreb, en 2004 il a publié L&lt;span style="font-style: italic;"&gt;e Sahara Occidental&lt;/span&gt; aux éditions Karthala. Pointier y évoque d’abord les manifestations de 1965: « C’est à la suite de ces évènements intérieurs qu’Hassan II décide d’inscrire la question du Sahara espagnol à l’ordre du jour de la 20ème session de l’assemblée générale des Nations Unis. Immédiatement, celle-ci se calque sur la position du comité de décolonisation et adopte sa première résolution le 16 décembre 1965. Elle demande à l’Espagne de prendre immédiatement les mesures nécessaires pour libérer l’enclave d’Ifni et le Sahara espagnol, et d’engager avec les pays limitrophes des négociations sur les problèmes de souveraineté que posent ces deux territoires. C’est au terme de cette résolution que l’ONU reconnait officiellement au Maroc, à la Mauritanie et à l’Algérie la qualité de pays concerné ou intéressé par la question du Sahara espagnol mais sans que cela altère d’une façon ou d’une autre le droit d’autodétermination des populations du territoire. »&lt;br /&gt;___________________________________________________________________________&lt;span style="font-style: italic;"&gt;_________________________&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(à suivre)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Livre&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Le Sahara Occidental&lt;/span&gt; par Laurent Pointier&lt;br /&gt;éditeur : Karthala&lt;br /&gt;parution : 2004&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/453588291539763311-6101874911101311143?l=xtribute.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/453588291539763311/posts/default/6101874911101311143'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/453588291539763311/posts/default/6101874911101311143'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://xtribute.blogspot.com/2009/05/le-sahara-occidental-emission-du-160408_11.html' title='Le Sahara Occidental - Emission du 16/04/08 - Episode 2'/><author><name>dr frankNfurter</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14355900384310595377</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_J0zObH4oN_c/TUFwgWx1F-I/AAAAAAAACBY/M8M8tFse2_s/s220/RHCS-Nanarotron.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-453588291539763311.post-6028505924778267096</id><published>2009-05-07T20:02:00.003+02:00</published><updated>2009-05-08T09:49:03.461+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Afrique'/><title type='text'>Le Sahara Occidental - Emission du 16/04/08 - Episode 1</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;La blague circule sous les tentes des nomades sahraouis: "Le jour du Jugement Dernier, aux portes du royaume des cieux, Dieu garde les vertueux et met de côté les mauvais. Reste un groupe d'hommes auxquels il demande de se présenter. «Nous sommes les Sahraouis » répondent-ils - «Ah ! alors installez-vous là avec vos tentes, le temps que je décide de ce que je vais faire de vous »."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme souvent, sous la plaisanterie, il y a une réalité, le sort de quelques centaines de milliers d’êtres humains qui vivent souvent dans des conditions misérables. Une population africaine qui, pour au moins une partie d’entre elle, ne subsiste que grâce à l’aide internationale dans des camps de fortune installés en territoire algérien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour tous ces gens, l’attente est interminable. Mais ils ne voient toujours rien venir tant la solution qui permettrait de soulager enfin leur sort semble impossible. Malgré les négociations, malgré les missi dominici de l’ONU, malgré les armes qui parlent encore dans cette région désolée de l’ouest du Sahara. Et pourtant ce territoire oublié mais convoité préoccupe au plus haut point le monde occidental. Ne serait-ce que parce qu’il est riche de promesses pétrolières et que les Etats-Unis, à tort ou à raison, y voient grossir la menace d’Al-Qaïda.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Monsieur X : On l’appelle le Sahara Occidental, une bande de terre quasi-désertique qui longe l’océan Atlantique au sud du Maroc, au nord de la Mauritanie et à l’ouest de l’Algérie. 260 000 km² de dune et de cailloux avec parfois quand même quelques oasis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Patrick Pesnot : C’est ce qu’on a appelé aussi le Sahara espagnol.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : C’est exact. Et je vais vous expliquer pourquoi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Et la population?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Ce territoire est celui des Maures qu’on nomme sahraouis à cet endroit précis. Une population généralement nomade auquel ce sont ajoutés depuis les années 90 de nombreux colons marocains. Au total on estime que 350 000 personnes vivent au Sahara Occidental.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Une densité d’un peu plus d’un habitant au km².&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Oui et principalement regroupés pour les sédentaires en tout cas au nord près de la frontière marocaine. Au reste il faut le dire tout de suite ce territoire désertique n’est pas si déshérité qu’on pourrait le penser. Il y a d’abord les ressources de la mer, la côte est particulièrement poissonneuse. Et puis il faut aussi compter avec les phosphates, la principale richesse minière de cette région. Enfin il y a le pétrole sous la mer mais peut-être aussi dans le sous-sol. Cependant son exploitation ne pourra vraiment commencer que lorsque les questions politiques seront résolues.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Mais cette ressource suscite déjà de nombreux intérêts.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Bien entendu, pour des raisons géographiques évidentes. Pour les Etats-Unis mais aussi pour l’Europe, le pétrole pourrait être transporté à moindre frais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : D’autant que le monde occidental rêve de ne plus dépendre aussi étroitement du pétrole du Moyen-Orient.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Alors quand on s’intéresse au destin du Sahara Occidental, il faut tenir compte de toutes ces données. Çà et la question du terrorisme, mais on en reparlera. Alors si vous le voulez bien, un peu d’histoire. C’est à la fin du 19ème siècle que les espagnols s’installent sur la côte. Une implantation autorisée par la conférence de Berlin, où les grandes Puissances européennes se sont partagées l’Afrique. Pour Madrid cette conquête semble presque naturelle étant donnée leur présence déjà ancienne dans les îles Canaris.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Au large du Sahara…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Les espagnols débarquent donc au Sahara Occidental mais ils ne sont pas très bien accueillis, c’est le moins qu’on puisse dire par les populations autochtones.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Des nomades ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Des Maures. Des guerriers farouches qui vont bataillés pendant des décennies contre les troupes espagnoles. C’est pourquoi les européens se contentent de rester sur la côte et s’abstiennent de coloniser l’intérieur. D’ailleurs la pacification n’interviendra que très tardivement dans les années 30. A l’époque où pour sa part la France en termine avec la conquête militaire de la Mauritanie, ce qui n’ira pas sans difficulté avec l’Espagne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Pourquoi?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Rivalités traditionnelles entre puissances coloniales. Les espagnols refusent par exemple aux français d’exercer un droit de poursuite dans leur colonie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Lorsqu’ils traquent les rebelles arabes qui se refugient du côté espagnol ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : C’est ça. Et j’en profite pour dire tout de suite que les tribus maures qui nomadisent en Mauritanie ne sont guère différentes de celles qui errent dans le désert du Sahara occidental.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : C’est la même population.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : En effet. Pour ces nomades, les frontières n’existent guère et ils en profiteront souvent pour échapper à la répression. Toutefois revenons au seul Sahara espagnol. Le territoire est alors composé de deux régions distinctes : le Saguia el-Hamra au nord et le Río de Oro au sud.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : « La rivière de l’or ». Et pourquoi ce nom?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Le Río de Oro était traversé autrefois par les grandes routes où transitait l’or du Soudan en direction du Maroc. Pour autant, malgré une pacification chèrement acquise, l’Espagne ne s’intéresse jamais vraiment sérieusement à sa colonie et laisse des sociétés privées exploiter les phosphates.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Pourquoi ce désintérêt?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : L’éloignement peut-être. Et aussi la présence de ces tribus arabes qui connaissent parfaitement le terrain et sont toujours susceptibles de créer de sérieux ennuis aux colons. En fait, vous le verrez, l’Espagne ne se réveillera que lorsque les revendications indépendantistes prendront corps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Au Maroc ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Et c’est une question particulièrement sensible pour Madrid qui possède une enclave et surtout un protectorat au nord.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Oui dans le Rif.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Et c’est aussi très symbolique. Le Rif, c’est le point de départ de la rébellion des généraux putschistes de 1936 qui vont renverser la République espagnole.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(à suivre)&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/453588291539763311-6028505924778267096?l=xtribute.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/453588291539763311/posts/default/6028505924778267096'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/453588291539763311/posts/default/6028505924778267096'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://xtribute.blogspot.com/2009/05/le-sahara-occidental-emission-du-160408.html' title='Le Sahara Occidental - Emission du 16/04/08 - Episode 1'/><author><name>dr frankNfurter</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14355900384310595377</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_J0zObH4oN_c/TUFwgWx1F-I/AAAAAAAACBY/M8M8tFse2_s/s220/RHCS-Nanarotron.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-453588291539763311.post-1450116498618425709</id><published>2009-04-20T06:48:00.003+02:00</published><updated>2009-04-20T06:48:00.744+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Amérique latine'/><title type='text'>La guerre civile au Salvador - Emission du 20/01/07 - Episode 6</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Patrick Pesnot : Et la différence ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Monsieur X : De l’avis général, Cristiani est plus modéré. Il est aussi plus présentable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Et comment la guérilla réagit-elle ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Elle espère que l’élection d’un membre de la droite musclée va radicaliser la situation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Une sorte de clarification.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : C’est en effet plus simple de lutter contre un gouvernement d’extrême-droite que de s’attaquer à un président démocrate-chrétien. Et fin 1989, le FMLN lance une attaque d’envergure dans les quartiers populaires de San Salvador. L’armée régit avec une extrême brutalité et l’aviation bombarde les positions de la guérilla.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Dans la ville ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Oui et naturellement, comme toujours, ce sont les civils qui trinquent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : C’est donc le retour très marqué de la violence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Et en novembre, des hommes en uniforme s’introduisent dans une université et tuent six jésuites dont le recteur. Tous étaient des intellectuels réputés. Pourtant malgré ce regain de brutalité, la situation évolue peu à peu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Expliquez alors.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Il y a d’abord la lassitude. La guérilla a du mal à mobiliser ses effectifs qui s’amoindrissent. Mais ce qui a surtout radicalement changé, c’est le contexte international.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Oui 1989 c’est l’implosion inéluctable de l’Empire Soviétique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : La fin de la guerre froide ruine les arguments de Washington qui soutenait le pouvoir salvadorien au nom de la lutte contre le communisme. D’autre part, les pays voisins pressent les guérilléros d’abandonner le combat.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : On s’achemine donc vers la table des négociations.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Toutefois, les adversaires veulent négocier en position de force. Donc la guerre civile se poursuit encore quelque temps avant que le secrétaire général de l’ONU, le péruvien Javier Pérez de Cuéllar, n’arrive à obliger les représentants des deux parties à signer un traité de paix au début de 1992.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Sur quelles bases ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : La réintégration des guérilléros dans la vie civile. La réduction de moitié des effectifs de l’armée. L’épuration des officiers coupables d’atteintes aux droits de l’homme et une vraie réforme agraire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Cette réforme tant attendue…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : … et esquissée sous le règne de Duarte. Mais bien souvent, les paysans à qui on donnait des terres étaient peu après expulsés par les grands propriétaires.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Mais je note quand même que c’est un représentant de la droite dure qui fait la paix.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : En a-t-il été autrement lorsque Begin le dur de dur a signé un traité de paix avec Sadate ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Est-ce que cette paix salvadorienne a-t-elle été respectée ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Plus ou moins. En 1993, une dizaine de militants du FMLN, devenu un parti politique, sont tombés sous les balles d’une organisation extrémiste. Et puis il y a eu ces soupçons de fraude lors des élections successives. Enfin si aujourd’hui la paix civile est acquise, le Salvador paie encore les conséquences d’une décennie de violence : enlèvements, assassinats, méfaits du grand banditisme sont encore le lot quotidien des salvadoriens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Et pour conclure, comment expliquer l’attitude des Etats-Unis ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Fondamentalement, je crois qu’à Washington, on était encore obsédé par le naufrage vietnamien. Et pour reprendre l’expression en usage à l’époque, les Etats-Unis avaient peur que le domino salvadorien ne tombe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Oui en entrainant dans sa chute les autre dominos d’Amérique Centrale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Et c’est pourquoi, surtout sous la présidence de Ronald Reagan puis sous une moindre mesure sous celle de George Bush senior, les américains se sont tellement impliqués dans cette sale guerre. Alors le livre blanc disait vrai. Il y avait réellement une intervention étrangère au Salvador… mais c’était celle des Etats-Unis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Livres&lt;/span&gt;:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style:italic;"&gt;Genèse des guerres internes en Amérique centrale&lt;/span&gt; (1960-1983) de Gilles Bataillon&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Editeur&lt;/span&gt;: Belles Lettres&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Parution&lt;/span&gt;: 2003&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style:italic;"&gt;CIA opérations secrètes&lt;/span&gt;, 1981-1987 de Bob Woodward &lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Editeur&lt;/span&gt;: Stock&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Parution&lt;/span&gt;: 1987&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/453588291539763311-1450116498618425709?l=xtribute.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/453588291539763311/posts/default/1450116498618425709'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/453588291539763311/posts/default/1450116498618425709'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://xtribute.blogspot.com/2009/04/la-guerre-civile-au-salvador-emission_20.html' title='La guerre civile au Salvador - Emission du 20/01/07 - Episode 6'/><author><name>dr frankNfurter</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14355900384310595377</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_J0zObH4oN_c/TUFwgWx1F-I/AAAAAAAACBY/M8M8tFse2_s/s220/RHCS-Nanarotron.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-453588291539763311.post-3873025006190588239</id><published>2009-04-16T06:18:00.001+02:00</published><updated>2009-04-16T06:18:00.276+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Amérique latine'/><title type='text'>La guerre civile au Salvador - Emission du 20/01/07 - Episode 5</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Monsieur X : Toutefois, en dehors des Etats-Unis et des pays les plus proches de ces derniers, le livre blanc n’a guère fait illusion.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Patrick Pesnot : Parce qu’on a compris qu’il s’agissait de propagande?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Un habillage propre à donner une apparence de légitimation à l’action de Washington au Salvador. Washington qui face à une guérilla de plus en plus efficace devait chaque jour s’impliquer davantage, avec tous les risques de bavures que cela comportait : torture, exécution sommaire, viol.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : D’accord mais il n’y avait pas de combattants étatsuniens sur le terrain ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Certes mais il y avait des mercenaires payés par Washington. Et puis ces militaires salvadoriens qui commettaient ces horreurs sortaient directement des camps d’entrainement américains. En outre, sur place, les conseillers militaires ne pouvaient pas ignorer les exactions perpétrées par les soldats salvadoriens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Donc conclusion, les Etats-Unis étaient complices ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Absolument. Et je ne le dis pas par antiaméricanisme. Des journalistes étatsuniens ont souligné, bien avant moi, la responsabilité de leur pays dans cette sale guerre. Toutefois à Washington, on se rend bien compte que la situation devient de plus en plus périlleuse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : A cause des scandales éventuels qui pouvaient éclater.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Cela a joué un rôle, c’est sûr. Mais ce qui tracasse surtout Reagan et ses proches, c’est la montée en puissance de l’extrême-droite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Au Salvador ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Bien sûr. Déjà lors des élections législatives de 1982, élections auquel la guérilla a refusé de participer. Les partisans du major D’Aubuisson réunis au sein du parti ARENA (Alliance Nationaliste Républicaine) sont arrivés en tête. A tel point que Duarte a dû quitter le pouvoir. Or en 1984 il doit y avoir une élection présidentielle. Et à Washington, on craint par-dessus tout que Robert D’Aubuisson soit élu. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : A cause de sa détestable image.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Et de sa non moins détestable réputation d’assassin. Les américains vont donc peser de tout leur poids pour faire élire son adversaire, Napoléon Duarte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Encore lui ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Et c’est le seul auquel Washington n’ait confiance. Le seul aussi qui ait assez de charisme pour tenter de sortir son pays de l’ornière. L’élection a donc lieu, même si une nouvelle fois la guérilla a décidé de boycotter le scrutin. Et Duarte est élu. Mais D’Aubuisson a quand même obtenu plus de 46% des suffrages.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : 46% pour l’extrême-droite, c’est quand même énorme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Oui mais ça n’est qu’un début. Au cours de la campagne électorale, Duarte a promis d’amorcer un dialogue avec la guérilla. Et effectivement des contacts sont pris. Et même une amorce de négociation. Mais les délégués gouvernementaux adressent un ultimatum aux rebelles, et ça tourne court.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Les Etats-Unis ont-ils joué un rôle dans cette rupture ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Obligatoirement. Mais bientôt la Maison Blanche va être empêtrée dans l’affaire des Contras.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Le financement clandestin des contrerévolutionnaires nicaraguayens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Et donc la Maison Blanche va mettre de l’eau dans son vin et favoriser de nouvelles négociations. En 1987, une conférence de pays réunit cinq pays d’Amérique Centrale. Tous plus ou moins concernés par la présence de guérillas. Et surtout préoccupés par la déstabilisation de la région. Mais cette initiative n’empêche nullement la guerre civile de se poursuivre au Salvador. Toutefois en 1989, la donne change. Lors de l’élection présidentielle, c’est le candidat du parti de Robert D’Aubuisson qui est élu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Son candidat mais pas lui-même… L’extrême-droite est donc véritablement au pouvoir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Oui et à Washington on fait la grimace. Mais attention, ce n’est pas D’Aubuisson qui a gagné, mais un des ses proches, Alfredo Cristiani.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(à suivre)&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/453588291539763311-3873025006190588239?l=xtribute.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/453588291539763311/posts/default/3873025006190588239'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/453588291539763311/posts/default/3873025006190588239'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://xtribute.blogspot.com/2009/04/la-guerre-civile-au-salvador-emission_16.html' title='La guerre civile au Salvador - Emission du 20/01/07 - Episode 5'/><author><name>dr frankNfurter</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14355900384310595377</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_J0zObH4oN_c/TUFwgWx1F-I/AAAAAAAACBY/M8M8tFse2_s/s220/RHCS-Nanarotron.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-453588291539763311.post-4675384590615014005</id><published>2009-04-13T06:37:00.004+02:00</published><updated>2009-04-13T06:37:00.112+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Amérique latine'/><title type='text'>La guerre civile au Salvador - Emission du 20/01/07 - Episode 4</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Patrick Pesnot : Alors précisément, que s’est il passé ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Monsieur X : En décembre 1981, l’armée décide d’une opération d’envergure dans un secteur où la guérilla est omniprésente. Et comme les assassins de la division Das Reich à Oradour, les militaires salvadoriens appartenant à un bataillon anti-insurrectionnel, formés aux Etats-Unis, investissent le village d’El Mozote. Mille habitants, principalement des femmes, des enfants et des vieillards sont regroupés dans des bâtiments comme l’église ou le presbytère. Puis ils sont mitraillés ou tués à la machette. Et pour bien s’assurer qu’aucun sympathisant des guérilleros ne survivra, les soldats mettent le feu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : C’est effectivement ce qui s’est passé à Oradour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Oui tout à fait. L’affaire a quand même fait du bruit. Washington mis en cause, puisque ces militaires avaient été entrainés dans un fort étatsunien, a prétendu qu’il s’agissait d’une provocation du FMLN, destinée à déconsidérer le gouvernement de Duarte. Quant à l’armée, elle a soutenu que les villageois furent victimes d’un échange de tirs avec la guérilla. Mais les fouilles effectuées depuis sur le site du village ne laissent aucun doute sur la réalité du massacre et la responsabilité de ses auteurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : En tout cas pour vous dans cette affaire, les américains n’ont pas les mains propres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : C’est certain et c’était presque inévitable tant il y avait le désir dans l’administration étatsunienne de faire du Salvador un test.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Un test, c'est-à-dire ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Reagan voulait à tout prix montrer sa détermination et sa plus grande fermeté contre les mouvements révolutionnaires qui bouillonnaient en Amérique latine. Mais en même temps, il désirait donner une touche de respectabilité à cette junte qu’il soutenait à bout de bras.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : D’où l’aide apportée à Duarte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Et c’est à porter au crédit de Reagan.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Pour une fois que vous lui accorder un bon point…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Je veux dire simplement que si Ronald Reagan avait écouté les faucons de son administration il aurait plutôt soutenu Robert D’Aubuisson…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Le tueur psychopathe…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : En effet. Quoiqu’il en soit, la Maison Blanche va se livrer à une manipulation d’importance en montant de toute pièce un dossier d’accusation contre la guérilla salvadorienne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;___________________________________________________________________________&lt;span style="font-style: italic;"&gt;_________________________&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En fait et sans déflorer le récit de monsieur X, l’implication de Washington au Salvador participe aussi à la lutte accrue que veut Reagan contre l’URSS. Ainsi voici ce qu’écrit l’ancien ambassadeur Alain Rouquié dans son ouvrage intitulé &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Guerres et paix en Amérique Centrale&lt;/span&gt; : « Cette tactique du croquemitaine appliquée à l’Amérique Centrale relève d’une stratégie globale de grande ampleur qui a montré son efficacité. Il s’agit pour les Etats-Unis, première démocratie industrielle du monde, de déstabiliser l’Union Soviétique en lui faisant payer très cher son expansionnisme. Fini pour elle l’époque des succès au moindre coût, les satellites en série et sans frais. Washington va faire monter désormais les enchères sur tous les plans, régional au tant que stratégique, en matière de course aux armements comme dans le domaine de l’aide aux formations politiques et aux régimes amis. La politique musclée en Amérique Centrale est en quelque sorte le pendant de la « guerre des étoiles », la stratégie défense/initiative dans le domaine des rapports stratégiques. Deux membres du conseil national de sécurité résument ainsi la politique suivie : ” Il faut forcer l’URSS à se tourner vers elle-même, à passer de la conquête à la réforme. Nous devons forcer notre adversaire principal à assumer le fardeau de ses insuffisances économiques. “ »&lt;br /&gt;___________________________________________________________________________&lt;span style="font-style: italic;"&gt;_________________________&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Alors cette manipulation puisque c’est le mot que vous avez employé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Fin février 1981, c'est-à-dire un peu plus d’un mois après l’investiture de Ronald Reagan, Washington publie un livre blanc sur le Salvador. Dès l’intitulé on comprend, il y est question des ingérences communistes au Salvador et des livraisons d’armes à la guérilla. Livraisons opérées par les puissances de l’Est. Hanoi en particulier aurait envoyé au Salvador des stocks de fusils d’assaut abandonnés par l’armée américaine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Et j’imagine qu’aux Etats-Unis, quelques années seulement après la guerre du Vietnam, l’information doit faire mouche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Forcément. Bref, le Salvador serait la victime d’un complot communiste et donc d’une agression extérieure fomentée par l’Est. Les escadrons de la mort sont présentés comme des combattants de la liberté. Les religieuses et les prêtres sont tout simplement des agents du Kremlin. D’ailleurs, et cela n’a rien à voir avec ce livre blanc, il faut noter qu’au Salvador on verra de plus en plus d’envoyés des églises évangéliques américaines. Des missionnaires qui seront, eux, nullement révolutionnaires, bien au contraire…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Donc pour vous, ce livre blanc est un tissu de mensonges ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Pas tout à fait. Comme dans toutes ces opérations de désinformation, dont les soviétiques étaient les champions, il y a une petite part de vérité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Quoi alors ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Le FMLN, la guérilla salvadorienne a bénéficié au début tout du moins de livraisons d’armes du Nicaragua.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Des sandinistes ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Oui, cela a été une faute politique parce que les américains qui surveillaient toute la région en ont eu rapidement la preuve.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Alors cela leur a permis d’affirmer que le camp de l’Est était impliqué.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Bien sûr. Et le secrétaire d’Etat de l’époque, Alexander Haig, a pu solennellement déclarer que les autorités américaines possédaient la preuve irréfutable que les insurgés du Salvador étaient dirigés par des agents étrangers.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Ca rappelle quelque chose ça…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Oui, Colin Powell et son discours à la tribune de l’ONU… Quoiqu’il en soit, pour l’opinion étatsunienne, cela justifiait par contre coup l’aide massive que Washington entendait apporter à la lutte antisubversive du régime salvadorien. Encore que, il faut bien le dire, la plupart des citoyens des Etats-Unis se moquaient bien de ce qui pouvait se passer au Salvador, dont beaucoup ignoraient même où ce petit état se trouvait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Vous exagérez là ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : A peine… L’important pour le citoyen moyen, c’est qu’après les années Carter, l’Amérique était de retour comme le clamaient les slogans des partisans de Reagan. Un Amérique qui n’hésitait plus à montrer ses muscles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Livre&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Guerres et paix en Amérique Centrale&lt;/span&gt; d'Alain Rouquié&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Editeur&lt;/span&gt;: Seuil&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/453588291539763311-4675384590615014005?l=xtribute.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/453588291539763311/posts/default/4675384590615014005'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/453588291539763311/posts/default/4675384590615014005'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://xtribute.blogspot.com/2009/04/la-guerre-civile-au-salvador-emission_13.html' title='La guerre civile au Salvador - Emission du 20/01/07 - Episode 4'/><author><name>dr frankNfurter</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14355900384310595377</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_J0zObH4oN_c/TUFwgWx1F-I/AAAAAAAACBY/M8M8tFse2_s/s220/RHCS-Nanarotron.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-453588291539763311.post-7865770811091673827</id><published>2009-04-09T07:16:00.003+02:00</published><updated>2009-04-09T07:16:00.638+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Amérique latine'/><title type='text'>La guerre civile au Salvador - Emission du 20/01/07 - Episode 3</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Monsieur X : Ici il faut parler d’un homme qui a joué un rôle particulièrement maléfique au Salvador : le major Robert D'Aubuisson.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Patrick Pesnot : Un nom français… et qui est-ce ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Ou plutôt qui il était, le cancer l’a emporté en 1992. D’aubuisson était un ancien agent de renseignements de l’armée salvadorienne. Formé aux Etats-Unis, comme beaucoup d’autres militaires. Pour vous donner une idée de la personnalité de cet individu, il me suffira de citer ses propres paroles. Un jour devant des journalistes allemands, il a fait l’éloge du troisième Reich en déclarant, à peu près ceci : « Vous, les allemands, vous êtes intelligents, comme vous avez compris que les juifs étaient les propagateurs du communisme, vous les avez tués. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : … joli personnage…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Donc D’Aubuisson était le véritable chef de ces escadrons de la mort dont je vous ai parlé. Et à ce titre, il était responsable de la mort de centaines, peut-être même de milliers de guérillos, de personnes simplement soupçonnés d’avoir des sympathies pour l’opposition de gauche. Un ancien ambassadeur états-unien en poste au Salvador a même pu le qualifier d’assassin psychopathe. En tout cas, au mois de mars 1980, D’Aubuisson décide de frapper un grand coup.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Oui c’est ce dont on parlait tout à l’heure, l’assassinat de l’archevêque Romero.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Oui il y a déjà longtemps que Romero gène le pouvoir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : A cause de ses prises de position ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Bien entendu. Dans ces homélies, l’archevêque ne cesse de dénoncer l’armée et la violence exercée sur les plus pauvres. Pire. Il s’était même adressé au président très chrétien Jimmy Carter pour lui demander de cesser d’aider financièrement l’armée salvadorienne. Le lendemain, au cours d’une messe dans la cathédrale, le prélat se retourne pour bénir les fidèles lorsqu’il est abattu. Une seule balle, tirée par une arme d’une grande puissance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Par un spécialiste j’imagine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : … par un homme entrainé, et qui bien sûr ne sera jamais identifié.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : A t‘on véritablement cherché à le retrouver ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : On peut en effet se poser la question. Mais aujourd’hui, il ne fait aucun doute, c’est Robert D’Aubuisson qui se trouvait derrière ce meurtre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Mais j’imagine que l’assassinat d’un personnage de cette importance a dû provoquer un choc dans le pays.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Evidemment. Et lors des funérailles, une foule immense s’est rassemblée devant la cathédrale. C’est alors qu’une bombe a explosé au milieu de cette masse humaine, déclenchant une panique mortelle. Bousculades, tirs de l’armée. On relèvera des dizaines de morts. Malgré ces évènements dramatiques, Washington ne change pas de politique. Quelques jours après l’assassinat de l’archevêque, le Congrès américain autorise même un accroissement de l’aide militaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Alors, explication ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Pour Carter, le vertueux, la priorité est maintenant la lutte contre le communisme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Ca veut dire que la lutte pour les droits de l’homme passe au second plan.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Et c’est malheureusement la vérité. Toutefois au Salvador même, cela pousse cinq mouvements d’opposition à s’unir et à créer d’abord le FDR, le Front Démocratique Révolutionnaire qui sera en quelque sorte la vitrine légale de la guérilla. Puis, un peu plus tard, apparait le Front Farabundo Martí de Libération Nationale, le FMLN. Un mouvement uni qui s’engage clairement dans l’action armée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Mais la référence à ce Martí doit être aussi symbolique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Oui Farabundo Martí avait été l’un des meneurs d’une insurrection populaire dans les années 30. Arrêté par l’armée, il avait été exécuté et depuis c’était une icône des milieux défavorisés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : En tout cas, cela veut dire que ce FMLN a choisi la voie armée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Et il lance dès le mois de janvier 1981 un mot d’ordre d’insurrection générale. Auparavant en octobre je crois, tous les membres du conseil exécutif du FDR sont arrêtés, torturés et étranglés. Et un peu plus tard, quatre ressortissantes états-uniennes, dont trois religieuses, sont assassinées par un escadron de la mort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Là, le président Carter est obligé de réagir, non ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Oui c’est le cas à chaque fois qu’on touche à un citoyen américain n’importe où dans le monde. En conséquence, Carter suspend l’aide militaire. Mais ça ne va pas durer. En janvier, quelques jours avant de quitter la Maison Blanche et de laisser les clés à son rival victorieux Ronald Reagan, le président étatsunien octroie dix millions de dollars d’aide à l’armée salvadorienne et annonce l’envoi de nouveaux conseillers militaires.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : J’avoue que j’ai dû mal à suivre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Surtout quand vous saurez que ce même Carter déclara seulement deux ans plus tard : «  le gouvernement du Salvador est l’un des plus sanguinaires de l’hémisphère »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : J’imagine que Reagan n’aura guère de scrupules.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : C’est évident. Le nouveau président n’hésitera pas à venir massivement en aide au pouvoir salvadorien. Livraison d’équipements à flot continu, formation des militaires. Ce sont des centaines de millions de dollars qui sont apportés à l’armée salvadorienne au prix d’une véritable manipulation de l’opinion nord-américaine. Et dans le même temps, les effectifs militaires explosent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Attendez. Ce mot d’ordre d’insurrection générale donné par la guérilla.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : L’offensive est donnée en janvier 1981 avant même que Reagan ne soit installé à la Maison Blanche. Ce n’est pas un hasard. Les dirigeants de la guérilla veulent mettre le futur président étatsunien devant le fait accompli. C'est-à-dire après le Nicaragua, une nouvelle victoire révolutionnaire en Amérique centrale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : C’est donc que la guérilla se sent capable de remporter rapidement la victoire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Ca c’est certain. Mais les dirigeants de l’insurrection ont présumé de leur force. Et surtout l’appui populaire indispensable ne va pas être aussi massif qu’il l’espérait. Et même si certains militaires vont se rallier, cela ne suffira pas pour vaincre. Conclusion, les rebelles sont contraints d’évacuer les villes et de se réfugier à la campagne ou dans les montagnes. Et ils vont s’y installer durablement et contrôler des régions entières d’où l’armée sera impuissante à les déloger.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Ca veut dire que la guerre civile s’installe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Et ce conflit de basse intensité, comme disent les stratèges, dura une dizaine d’années. Un autre facteur a joué contre les révolutionnaires. Lorsqu’ils déclenchent leur offensive générale, c’est le démocrate chrétien Duarte qui préside la junte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Ce qui est un peu bizarre, non ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Duarte est une sorte de caution démocrate.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Mais se faisant, ils couvrent l’action des militaires.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Sans doute. Mais pour les Etats-Unis, c’est l’homme indispensable. Et d’ailleurs il bénéficiera toujours du soutien de Washington. En tout cas, Duarte, même si on peut critiquer son attitude, n’est pas un dictateur comme a pu l’être Somoza du Nicaragua voisin. Par conséquent, il est plus difficile d’engager les masses populaires à lutter contre lui. D’autant que des premières mesures de réformes ont été adoptées. Et puis il reste l’espoir que ce civil arrivera à juguler les excès de l’armée. Un espoir ténu car les forces armées se livrent à de véritables massacres comme à El Mozote, l’Oradour salvadorien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(à suivre)&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/453588291539763311-7865770811091673827?l=xtribute.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/453588291539763311/posts/default/7865770811091673827'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/453588291539763311/posts/default/7865770811091673827'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://xtribute.blogspot.com/2009/04/la-guerre-civile-au-salvador-emission_09.html' title='La guerre civile au Salvador - Emission du 20/01/07 - Episode 3'/><author><name>dr frankNfurter</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14355900384310595377</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_J0zObH4oN_c/TUFwgWx1F-I/AAAAAAAACBY/M8M8tFse2_s/s220/RHCS-Nanarotron.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-453588291539763311.post-2055147991702417737</id><published>2009-04-06T06:55:00.003+02:00</published><updated>2009-04-08T15:11:52.087+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Amérique latine'/><title type='text'>La guerre civile au Salvador - Emission du 20/01/07 - Episode 2</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Monsieur X : On en a une première illustration en 1977 lors de l’élection présidentielle. Après une campagne électorale jalonnée de multiples violences et même d’assassinats, le candidat gouvernemental soutenu par l’armée est déclaré vainqueur, grâce à la fraude électorale. Aussitôt, l’opposition de centre-gauche et la gauche organisent une imposante manifestation de contestation. Elle est immédiatement encerclée par les forces de sécurité qui ouvrent le feu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Patrick Pesnot : Avec de nombreux de morts.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Peut-être même des centaines. Sans compter les arrestations parfois assorties d’actes de torture. Naturellement, les autorités ont rejeté la responsabilité de ce massacre sur des communistes étrangers coupables d’avoir manipulé la foule. En tout cas, ces évènements ont eu une conséquence immédiate, comme l’exercice du droit de vote ne permettait pas au peuple de s’exprimer. Des militants de plus en plus nombreux vont décider de choisir l’action armée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Et donc la clandestinité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : En en retour, les escadrons de la mort passent à l’action en s’attaquant en particulier aux travailleurs sociaux, laïcs ou religieux. L’un de leurs slogans est alors : « soit patriote, tue un prêtre ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : C’est terrifiant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Oui, ça montre bien dans quelle spirale infernale le Salvador est en train de glisser. Une parenthèse avant de poursuivre. Dans ces années 70, le locataire de la Maison Blanche est alors Jimmy Carter.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Carter qui s’affiche, en principe, comme le champion des droits de l’homme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Et demande alors aux dictateurs sud-américains contre l’octroie de subventions étatsuniennes de mettre un terme aux violations de ces droits de l’homme. Et certains, tels les brésiliens ou les salvadoriens feront la sourde oreille. Toutefois, les bonnes intentions de Carter, n’empêchent pas des membres de son administration de n’en faire qu’à leur tête. Ainsi il est certain que des agents de la CIA et des militaires américains ont donné un coup de main aux dirigeants des escadrons de la mort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : De quelle façon alors ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : En les encadrant ou en participant à leur formation. Enfin, je referme la parenthèse. Fin 1979, un groupe de jeunes officiers sincères, plutôt idéalistes, décident de mettre fin aux désordres et aux exactions. Et ils renversent sans effusion de sang le président de la république et ils constituent une junte. Mais pas une junte composée uniquement de militaires.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Il y aura des civils alors ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : En effet. Un certain nombre de personnalités qui appartiennent à des partis démocratiques. Et d’emblée, cette junte inédite annonce un vaste programme de réformes. Des réformes très ambitieuses et en particulier dans le domaine agraire. Mais ça ne pouvait pas durer très longtemps…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : C'est-à-dire ? Ils vont être renversés eux aussi à leur tour ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Non, non. Ca a été plus subtil que cela. Ces jeunes gens étaient aussi pourvus de bonne volonté qu’expérimentés. Et des officiers plus âgés les ont rapidement pris en main.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Ils leur ont fait comprendre que leur programme de réformes était inopportun.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Bien évidemment. Et toutes ces personnalités civiles rapportées à la junte ont été mises à l’écart ou ont perdu toute influence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Mais ils ont continué à faire office de potiche ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : C’est exactement ça. Quoiqu’il en soit, ce nouveau pouvoir n’a nullement réussi à mettre un terme à la violence exercée par les forces de sécurité. Bien au contraire. Et rien que durant le premier mois d’existence de ce gouvernement réformiste, il y a eu plus de morts que durant les neuf mois précédents.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Oui effectivement, un échec.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Très grave oui, car il a mis fin aux illusions de tous les modérés qui pensaient qu’un changement pacifique pouvait avoir lieu au Salvador. Imaginez que même le parti communiste avait accepté de soutenir ce gouvernement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Donc le parti communiste va se retirer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Et bientôt appeler ses militants à rejoindre la guérilla. Naturellement, tous les autres ministres civils vont peu à peu démissionner. On verra même l’un des ses ministres, celui de l’Education Nationale, annoncer à la télévision en même temps sa démission et son enrôlement dans un mouvement clandestin armé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Mais comment réagit Washington devant cette aggravation de la situation au Salvador.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Il faut savoir qu’à ce moment que la Maison Blanche était alors bien embarrassée. Trois mois avant le coup d’état des jeunes officiers salvadoriens, au Nicaragua voisin, les sandinistes venaient de chasser le dictateur Somoza.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Somoza qui a toujours été soutenu par les Etats-Unis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Et à Washington, on avait très peur que les sandinistes de Daniel Ortega ne rejoignent le camp socialiste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : un deuxième Cuba&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Et c’était difficilement acceptable même pour le très consensuel Jimmy Carter. Et à la Maison Blanche, on a très vite compris que le Salvador risquait de prendre le même chemin si le régime continuait à massacrer ses opposants. Par conséquent à Washington, on a fait tout ce qu’on pouvait pour encourager les jeunes putschistes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Les jeunes putschistes réformistes. Et la déception américaine a dû être à la hauteur de l’attente.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Forcément, tant la violence va aller en progressant. Le putsch a eu lieu à l’automne 79. Lorsque vient la nouvelle année, presque tous les ministres civils ont démissionné. A la fin de ce même mois, les opposants manifestent. L’aviation commence d’abord à les arroser avec du DTT. Et lorsque la foule arrive sur la grande place de la capitale, des tireurs juchés sur les toits ouvrent le feu. Il y a encore une vingtaine de morts. Et ce n’est qu’un début.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Le putsch des jeunes officiers est donc bien oublié.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Et dans l’ombre des hommes ont décidé de franchir un cran supplémentaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;___________________________________________________________________________&lt;span style="font-style: italic;"&gt;_________________________&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;T.D. Allman décrit dans son livre, Un destin ambigu, le Salvador tel qu’il a observé à l’orée des années 80. Après avoir constaté l’extrême misère de la majorité de la population, il écrit ceci : « On pouvait conduire pendant des heures sans jamais voir d’enfants portant des livres. Mais les hommes armés étaient partout, arrêtant les automobiles, surveillant les buvettes, observant ceux qui osaient aller à la messe, ou acheter le journal ou parler à un étranger. Dans ce pays tropical inondé de soleil, l’ombre froide de la peur était partout. Guérilla exclue, il n’y avait pas moins de dix forces armées dans ce minuscule pays. A côté de l’aviation, de la marine et de l’armée, on trouvait la garde nationale, la police nationale, la police financière en fait une unité contre-terroriste entrainée par les américains. Et puis il y avait l’ORDEN, l’organisation paramilitaire fondée avec la bénédiction des Etats-Unis pour agir, selon l’explication officielle, comme une barrière contre les efforts des communistes pour introduire la subversion dans les campagnes. ORDEN était secondé par les forces de sécurité officieuse anti-communiste dont l’une, les guerriers blancs, s’était donnée pour tâche de purger le Salvador des jésuites et autres communistes. Mais c’est le nom d’un groupe de tueurs, formé d’un groupe d’officiers en activité, en disponibilité ou à la retraite qui expliquait le mieux la philosophie et la stratégie du conflit. Le nom, FALANGE, signifiait Forces Armées de Libération Anti-communiste Guerre d’Elimination.&lt;br /&gt;___________________________________________________________________________&lt;span style="font-style: italic;"&gt;_________________________&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Livre&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Un destin ambigu&lt;/span&gt; de T.D. Allman&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Editeur&lt;/span&gt;: Flammarion&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Parution&lt;/span&gt;: 1984&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/453588291539763311-2055147991702417737?l=xtribute.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/453588291539763311/posts/default/2055147991702417737'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/453588291539763311/posts/default/2055147991702417737'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://xtribute.blogspot.com/2009/04/la-guerre-civile-au-salvador-emission_06.html' title='La guerre civile au Salvador - Emission du 20/01/07 - Episode 2'/><author><name>dr frankNfurter</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14355900384310595377</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_J0zObH4oN_c/TUFwgWx1F-I/AAAAAAAACBY/M8M8tFse2_s/s220/RHCS-Nanarotron.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-453588291539763311.post-4538317326270970754</id><published>2009-04-02T06:13:00.001+02:00</published><updated>2009-04-02T06:13:00.419+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Amérique latine'/><title type='text'>La guerre civile au Salvador - Emission du 20/01/07 - Episode 1</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Guatemala, Nicaragua, Salvador… Sur un territoire moitié moins grand que la France et moitié moins peuplé, les guerres civiles des années 80 ont tué 160.000 personnes et provoqué le déplacement de 2 à 3 millions d’autres. Monsieur X, qui semble très bien connaître l’Amérique centrale, nous a souvent parlé de ces pays. Et encore récemment en évoquant cette ridicule mais meurtrière guerre du foot qui a opposé le Honduras et le Salvador en 1969.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais s’il revient aujourd’hui sur les événements qui ont ensanglanté ce dernier pays, c’est que cette guerre scélérate, pour reprendre l’expression de notre ancien ambassadeur au Salvador, Alain Rouquié, a été aussi un terrain d’expérimentation grandeur nature pour les Etats-Unis. Il s’agissait, sur fond de Guerre froide, de juguler la contagion marxiste et donc d’adresser un sérieux avertissement aux autres pays de la région qui seraient tentés de rompre avec le grand protecteur nord-américain. Et ce dossier est particulièrement actuel à l’heure où les uns après les autres les Etats d’Amérique latine virent à gauche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une citation avant d’écouter Monsieur X. En décembre 1980, un journaliste du "New-York Times" interviewe Napoléon Duarte, un démocrate-chrétien qui vient curieusement d’accepter de présider la junte qui vient de s’emparer du pouvoir au Salvador. « Pourquoi, lui demande ce journaliste, existe-t-il une guérilla dans les collines ? » Et Duarte de lui répondre avec une grande lucidité : « 50 ans de mensonges, 50 ans d’injustice, 50 ans de frustration. C’est l’histoire d’un peuple crevant de faim, vivant dans la misère. Pendant 50 ans, ce sont les mêmes qui ont eu tout le pouvoir, tous les emplois, toute l’éducation, toutes les opportunités.»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Monsieur X : Dans les années 70, le petit Salvador est un véritable chaudron. Y’a d’abord la surpopulation, une densité démographique qui ne cesse de s’accroître à cause d’un taux de natalité très élevé. Et puis cette guerre du foot que je vous avais déjà parlé&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Patrick Pesnot : La guerre du foot (ou guerre de cent heures opposant le Salvador au Honduras en juillet 1969) qui a eu pour conséquence le rapatriement forcé de tous les salvadoriens qui avaient émigrés vers le Honduras.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Tant de pauvres, sans travail, qui viennent grossir les bidonvilles ; car le vrai problème du Salvador c’est la terre, ou plutôt le manque de terre. Certes il existe de grands latifundia qui produisent café, cannes à sucre, coton et bananes mais ils appartiennent à une poignée de privilégiés : les 14 familles comme on dit là-bas. Des propriétaires qui n’ont pas hésité à chasser les paysans pauvres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Oui pour s’approprier leurs terres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Bien évidemment. Et c’est tellement caricatural que selon les chiffres officiels, un 0.5 % de propriétaires possèdent presque 40 % des terres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : La réforme agraire apparait donc nécessaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Et c’est l’une des principales revendications de l’opposition de gauche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Alors justement avant que n’éclate la guerre civile, quelle est la situation politique au Salvador ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Elle est très chaotique. De putsch en putsch. De fraude électorale en fraude électorale. Ce sont les militaires qui tiennent la barre. Des militaires qui sont bien entendu soutenus par les privilégiés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : C’est la garantie qu’on ne touchera pas à leurs intérêts.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : En même temps, les oppositions de toute nature grandissent dans tout le pays. A l’extrême gauche, il se crée des groupes clandestins armés. La gauche légale est elle représentée classiquement par les syndicats. Cependant, de plus en plus, les idées sont relayées par le clergé catholique qui rejoint le combat des paysans les plus pauvres contre les grands propriétaires terriens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : C’est ce qu’on a appelé la théologie de la libération.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Exactement. Et certains des prêtres engagés le paieront de leur vie comme ce jésuite Rutilio Grande qui sera assassiné par des militaires en 1977.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Et la hiérarchie catholique alors ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Elle avance en général à reculons. Mais quelques évêques vont être entrainés dans ce mouvement de contestation qui prend au fur et à mesure des accents révolutionnaires.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Il y aura aussi si je me souviens bien l’assassinat de l’archevêque de Salvador.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Monseigneur Romero. Mais on en reparlera. Il faut dire afin d’expliquer ce glissement progressif du clergé vers la contestation de l’ordre établi et même l’action violente, que les injustices sont criantes. Un seul exemple. Un grand propriétaire qui appartient à l’une de ces 14 familles, expulsent par la force les paysans dès qu’ils ont défriché leurs terres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Et en prend tout de suite possession.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Bien entendu. L’opposition de gauche au régime prend aussi dans les villes la forme de mouvements de grève et de manifestations, toujours plus nombreuses. Mais il n’y a pas que la gauche qui bouge. A l’extrême-droite aussi on voit apparaître des mouvements prêts à user de la violence, qui seront d’ailleurs à l’origine de la formation de commandos paramilitaires, les escadrons de la mort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Donc si je résume, les tensions ne cessent de monter.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Et l’explosion semble inévitable.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/453588291539763311-4538317326270970754?l=xtribute.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/453588291539763311/posts/default/4538317326270970754'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/453588291539763311/posts/default/4538317326270970754'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://xtribute.blogspot.com/2009/04/la-guerre-civile-au-salvador-emission.html' title='La guerre civile au Salvador - Emission du 20/01/07 - Episode 1'/><author><name>dr frankNfurter</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14355900384310595377</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_J0zObH4oN_c/TUFwgWx1F-I/AAAAAAAACBY/M8M8tFse2_s/s220/RHCS-Nanarotron.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-453588291539763311.post-1182846322601435280</id><published>2009-03-30T06:37:00.001+02:00</published><updated>2009-03-30T06:37:00.736+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Afrique'/><title type='text'>La bataille d'Alger (2ème partie) - Emission du 24/03/07 - Episode 6</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Dans son passionnant livre, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Escadrons de la mort, l’école française&lt;/span&gt;, Marie-Monique Robin a justement suivi la piste de tous ces officiers, dont l’inévitable général Aussaresses qui ont enseignés leurs méthodes à leurs collègues étrangers. En Argentine, elle rencontre par exemple le général Balza qui lui déclare ceci : « les français ont apporté en Argentine une conception néfaste et perverse qui a littéralement empoisonnée l’esprit des officiers de ma génération, celle de l’ennemi intérieur. Jusqu’à leur arrivée, notre armée comme n’importe quelle armée du monde se préparait à se défendre contre l’agression éventuelle d’un ennemi extérieur, en l’occurrence pour nous un pays voisin comme le Chili ou le Paraguay. A partir du moment où a été introduit ce concept de l’ennemi intérieur, nous avons tous, et moi y compris, intériorisé le fait que l’ennemi contre lequel nous allions avoir à nous battre était notre propre concitoyen. C’était celui avec qui peut-être nous étions en train de déjeuner, le professeur de nos enfants ou notre voisin. Bref tout ceux dont nous ne partagions pas les idées et qui pouvaient avoir de prêt ou de loin des affinités avec le communisme présenté comme le mal absolu ou avec le mouvement péroniste, considéré comme un sous-produit du premier. En d’autre terme, à longueur de conférences, les assesseurs français n’ont cessé de nous dire que désormais le champ de bataille était le territoire argentin lui-même et que pour détruire les idées subversives qui mettaient en péril les valeurs chrétiennes de notre civilisation occidentale, il fallait détruire l’homme lui-même. En fait à partir de la fin des années 50, jusqu’à la veille du coup d’état de mars 1976, l’armée s’est préparée à livrer une guerre fratricide et à se comporter comme une véritable armée d’occupation dans son propre pays. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Livres&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Escadrons de la mort, l’école française&lt;/span&gt; de Marie-Monique Robin&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Éditeur&lt;/span&gt;: La Découverte&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Parution&lt;/span&gt;: 2004&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avec en complément de Pierre Vidal-Naquet:&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;La torture dans la République : essai d'histoire et de politique contemporaines, 1954-1962&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Éditeur&lt;/span&gt;: Minuit&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Parution&lt;/span&gt;: 1998 (réédition)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;ainsi que du même auteur:&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Les crimes de l'armée française : Algérie 1954-1962&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Éditeur&lt;/span&gt;: La Découverte (essais)&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Parution&lt;/span&gt;: 2006 (réédition)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/453588291539763311-1182846322601435280?l=xtribute.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/453588291539763311/posts/default/1182846322601435280'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/453588291539763311/posts/default/1182846322601435280'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://xtribute.blogspot.com/2009/03/la-bataille-dalger-2eme-partie-emission_30.html' title='La bataille d&apos;Alger (2ème partie) - Emission du 24/03/07 - Episode 6'/><author><name>dr frankNfurter</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14355900384310595377</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_J0zObH4oN_c/TUFwgWx1F-I/AAAAAAAACBY/M8M8tFse2_s/s220/RHCS-Nanarotron.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-453588291539763311.post-3154203105250350968</id><published>2009-03-26T06:02:00.003+01:00</published><updated>2009-03-26T06:02:00.507+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Afrique'/><title type='text'>La bataille d'Alger (2ème partie) - Emission du 24/03/07 - Episode 5</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Monsieur X : Malgré l’élimination de Ben M’Hidi, la campagne d’attentats se poursuit. Certes ils sont moins nombreux, mais ils restent toujours aussi meurtriers, car Yacef Saadi, le second de Ben M’Hidi, n’a toujours pas été capturé et il peut toujours envoyer ses poseuses de bombes dans les rues d’Alger, même si certaines ne vont pas tarder à être arrêtées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Patrick Pesnot : Et si je me souviens bien du film La bataille d’Alger Saadi va même échapper de peu à l’arrestation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : En avril. Il circule alors dans la casbah avec son adjoint, Ali La Pointe, et tous deux sont habillés en femme et sont accompagnés par une vraie femme, Djamila Bouhired, l’une des poseuses de bombes justement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Et ce petit groupe croise une patrouille.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Et sous la djellaba, les soldats repèrent les souliers très masculins des deux hommes. Il s’en suit un échange de coups de feu. Yacef et Ali parviennent à fuir mais Djamila blessée est capturée. Encore une belle prise car la jeune femme porte sur elle d’importants documents. Et malgré son courage, les paras réussiront à la faire parler. Et pourront ainsi découvrir la cachette de plusieurs bombes prêtes à l’emploi si je puis dire. En tout cas, grâce à cette capture et à beaucoup d’autres arrestations, Massu peut enfin remplir les derniers blancs de cet organigramme dont il est si fier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Oui mais alors Saadi n’est toujours pas capturé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Non et les bombes continuent à exploser. En juin, au casino de la corniche, un engin explosif tue neuf personnes et en blesse quatre-vingt autres. Pourtant les paras ont mis en place une nouvelle technique qui deviendra aussi l’un des principes de la guerre révolutionnaire : le quadrillage systématique de la casbah. Maison par maison, tous les habitants algériens sont identifiés. Les contrôles individuels dans la rue seront donc facilités. En même temps, un capitaine, Paul-Alain Léger, perfectionne l’action psychologique après avoir retourné certains rebelles. Il les fait défiler dans les rues de la casbah.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Je me souviens, c’est ceux qu’on va appeler les « bleus de chauffe ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Parce qu’il impose à ces hommes de porter des salopettes. Le résultat est double. Non seulement il prouve à la population de la casbah que le FLN n’est pas invincible et que certains de leurs militants ont rallié la cause de la France. Mais bientôt ces « bleus de chauffe » vont inspirer une véritable terreur. Un mot peut-être encore avant de parler de la fin de la bataille d’Alger. Tout au long de cette année 1957, le FLN de difficulté en difficulté. Il est en particulier miné par le soupçon. Un soupçon que Léger est le premier à instiller au sein de l’organisation rebelle en pratiquant une véritable désinformation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : A l’aide d’agents retournés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Oui le résultat, ce sont des luttes fratricides. Des luttes très sanglantes. Dans le village de Melouza par exemple. 300 hommes, qui avaient le tort de soutenir le mouvement rival, le MNA de Messali Hadj, sont purement et simplement massacrés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Un massacre que le FLN a longtemps nié.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Il a en effet accusé l’armée française d’avoir perpétré cette horreur. Alors j’en viens à la fin de la bataille d’Alger. Grâce à une trahison ou peut-être une manipulation du capitaine Léger la cache de Yacef Saadi est repérée. Le terroriste finit par se rendre sans résister. Et avec lui, les paras mettent la main sur l’une des poseuses de bombes. Les paras ne le savent pas encore. Ali La Pointe se trouve tout prêt, dans une autre planque.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Et c’est, enfin j’ai cru comprendre moi, c’est Yacef Saadi qui va fournir le renseignement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Oui sans doute, on peut le penser. Quinze jours après sa propre arrestation, sans doute avait il pensé qu’il avait donné assez de temps à Ali pour se trouver une nouvelle cachette.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Oui les résistants avaient pour consigne de tenir deux ou trois jours avant de parler… les résistants français bien sûr…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Quoi qu’il en soit, la planque de l’ancien proxénète est cernée. Mais le rebelle refuse de se rendre. Les paras dynamitent donc la maison où il se cache. Une formidable explosion puisqu’on retrouvera son corps dans les décombre que deux jours plus tard.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Alors cette fois, la bataille d’Alger est vraiment finie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : C’est une incontestable victoire pour les paras… mais à quel prix. L’armée n’en finira pas de payer les séquelles des monstruosités qui ont été commises. Toutefois, les théoriciens de la guerre révolutionnaire, eux, s’en sortiront beaucoup mieux. Et ils vont être appelés un peu partout dans le monde pour dispenser leur douteux enseignement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(à suivre...)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/453588291539763311-3154203105250350968?l=xtribute.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/453588291539763311/posts/default/3154203105250350968'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/453588291539763311/posts/default/3154203105250350968'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://xtribute.blogspot.com/2009/03/la-bataille-dalger-2eme-partie-emission_26.html' title='La bataille d&apos;Alger (2ème partie) - Emission du 24/03/07 - Episode 5'/><author><name>dr frankNfurter</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14355900384310595377</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_J0zObH4oN_c/TUFwgWx1F-I/AAAAAAAACBY/M8M8tFse2_s/s220/RHCS-Nanarotron.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-453588291539763311.post-861258833948524286</id><published>2009-03-23T07:23:00.004+01:00</published><updated>2009-03-23T07:23:00.787+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Afrique'/><title type='text'>La bataille d'Alger (2ème partie) - Emission du 24/03/07 - Episode 4</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il faut au moins reconnaitre à Massu, grand organisateur de la bataille d’Alger, une qualité : la franchise. Voici ce qu’on peut lire dans Libération au lendemain de sa mort en 2002 : « Avec lui l’ordre règne à Alger. De cette période où il aura sous son commandement le futur général Aussaresses, Massu s’en expliquera en 1971 dans son livre &lt;span style="font-style: italic;"&gt;La vraie bataille d’Alger&lt;/span&gt; il explique la torture et la revendique « comme un moyen adéquat pour stopper les agissements du FLN ». Michel Rocard, patron du PSU, demande que le parquet poursuive le gradé pour « apologie de crimes de guerre ». En vain. Les témoignages sur l’utilisation de la gégène s’accumulent. En novembre 2000, Massu revient sur son passé. « J’ai dit et reconnu que la torture avait été généralisée en Algérie » confit-il au journal Le Monde. Pas de faux fuyants. Et la question cruciale, « l’ordre venait-il du pouvoir militaire ou du pouvoir civil ? » « Je m’interroge » réponds Massu. « Soit l’armée prenait des initiatives sans contrôle, ce qui est grave pour le pouvoir politique, soit le gouvernement élu autorisait les traitements inhumains. Dans un cas comme dans l’autre, l’exécutif porte la responsabilité ». Quarante ans après les faits, Massu affirmait que ce serait « une bonne chose que la France condamne ces pratiques. »&lt;br /&gt;___________________________________________________________________________&lt;span style="font-style: italic;"&gt;_________________________&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Monsieur X : Très vite, peu de temps après la bataille d’Alger, on compte déjà des milliers de personnes arrêtées. Beaucoup d’algériens bien sûr mais aussi des européens soupçonnés d’aider les poseurs de bombes. En principe chaque arrestation doit être signalée dans les 24 h à la préfecture. Toutefois dans la réalité, beaucoup de ces détenus croupissent dans un certain nombre de centres clandestins installés par les militaires.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Patrick Pesnot : Et c’est ces centres où l’on pratique aussi les interrogatoires, c'est-à-dire la torture.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Et certaines victimes de ces militaires vivront aussi leur détention dans une vraie prison comme une bénédiction.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Car ils échappent ainsi à l’arbitraire et aux souffrances physiques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Exactement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Et personne ne s’émeut ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Pas grand monde en tout cas. Robert Lacoste, le ministre résident, est parfaitement au courant. Et à Paris le gouvernement tout en niant vigoureusement l’existence de la torture, n’ignore rien de ce qui se passe réellement à Alger. Et en ce sens, il est à mon avis beaucoup plus coupable que ces paras qui manient la gégène ou torture ses victimes avec le supplice de l’eau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Le gouvernement sait, mais ne veut rien voir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Et il est bien content que le sale boulot soit effectué par les paras. Et lorsque les ministres qui font le déplacement jusqu’à Alger posent des questions, le brave colonel Bigeard leur expliquent qu’on ne combat pas le terrorisme avec des procédés d’enfant de chœur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Et on en reste là.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Oui. Il y a quand même des gens qui ruent dans les brancards… même s’ils sont rares : le procureur de la république d’Alger par exemple. Dans une circulaire, il dénonce les errements dont se rendent coupables les militaires, les détentions arbitraires en particulier. Mais il a à peine pondu sa circulaire que le ministre résident prends le contre pied de ce que le procureur vient d’écrire et accorde à l’armée le pouvoir d’assignation à résidence dans ce qu’il appelle des camps de triage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Les militaires triomphent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Oui. Ils ont maintenant les mains libres. Mais un autre homme se dresse contre eux. Paul Teitgen, secrétaire général de la préfecture et qui exerce les fonctions de préfet de police. C’est à lui en principe qu’il revient de signer les assignations à résidence. Et c’est le seul pouvoir qui lui reste. Alors cet homme courageux et déterminé fait des calculs, et il constate qu’entre le nombre d’assignations qu’il a signé et le chiffre de prisonniers qui sont officiellement détenus, il y a une énorme différence. Au moins 3 000, autant de personnes qu’on ne reverra jamais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : C’est les « corvées de bois » ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Oui, ou des « crevés de Bigeard » comme on commence à les appeler.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Les gens jetés à la mer…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Et qui parfois malgré le leste en ciment où les pieds ont été plongés réapparaissent sur les rivages. Alors Teitgen proteste, exige des réponses. En vain. Et il finit par démissionner.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Plus tard, je ne veux pas prendre leur défense, mais les officiers paras se justifieront en affirmant qu’ils sauvaient des vies innocentes en torturant les terroristes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Car ils prévenaient ainsi de nouveaux attentats. Oui, je sais. Mais alors comment expliquer que dans certains cas, les suspects appréhendés sont restés détenus plusieurs jours avant d’être interrogés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Oui car s’il y avait eu urgence, ils auraient dû être interrogés immédiatement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : C’est ce que je voulais dire. Or les bombes continuent à exploser à Alger. Neuf morts dans des stades au début février. Toutefois il est vrai que la traque généralisée commence à porter ses fruits. Des planques d’armes et d’explosifs sont découvertes. Et surtout fin février, Ben M’Hidi est arrêté dans un appartement d’un quartier européen. Et la prise est considérable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Oui car c’est le chef FLN de la zone d’Alger.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : C’est surtout un personnage charismatique. Il va même impressionner les militaires qui vont l’interroger et qui lui rendront les honneurs militaires lorsqu’à après quelques jours d’incarcération, il est « remis » au commandant Aussaresses.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : « Remis » au commandant Aussaresses… mais pourquoi lui ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Parce que les ordres sont venus de Paris, en parfait accord avec le ministre de la Défense, Maurice Bourgès-Maunoury. Max Lejeune, secrétaire d’état aux Forces Armées a estimé que ce dirigeant FLN devait disparaitre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Disparaitre… et c’est donc Aussaresses qui est chargé de la besogne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : En effet. Alors officiellement, Ben M’Hidi va se suicider dans sa cellule. Mais en fait, c’est Aussaresses qui a maquillé ce faux suicide et a procédé son exécution par pendaison. Je n’invente rien là. Aussaresses a reconnu lui-même cet assassinat.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Dans son fameux livre sur les services spéciaux paru au début des années 2000 et qui a fait scandale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Oui qui lui a valu de perdre sa légion d’honneur. Enfin à l’époque même, si ce faux suicide n'a guère fait illusion. Aussaresses n’a encouru aucun reproche...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(à suivre...)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Livre&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;La vraie bataille d'Alger&lt;/span&gt; de Jacques Massu&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Editeur&lt;/span&gt;: Le Rocher&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Parution&lt;/span&gt;: 1997&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/453588291539763311-861258833948524286?l=xtribute.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/453588291539763311/posts/default/861258833948524286'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/453588291539763311/posts/default/861258833948524286'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://xtribute.blogspot.com/2009/03/la-bataille-dalger-2eme-partie-emission_23.html' title='La bataille d&apos;Alger (2ème partie) - Emission du 24/03/07 - Episode 4'/><author><name>dr frankNfurter</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14355900384310595377</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_J0zObH4oN_c/TUFwgWx1F-I/AAAAAAAACBY/M8M8tFse2_s/s220/RHCS-Nanarotron.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-453588291539763311.post-8367037513668059549</id><published>2009-03-19T07:31:00.002+01:00</published><updated>2009-03-19T07:31:00.444+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Afrique'/><title type='text'>La bataille d'Alger (2ème partie) - Emission du 24/03/07 - Episode 3</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Monsieur X : Encore un mot sur Aussaresses. C’est le général Massu, en personne, qui l’incorpore à son état major.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Patrick Pesnot : Pourquoi ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Il n’ignore pas son appartenance au Service Action du SDECE. Et puis il a personnellement constaté dans le Constantinois que le commandant Aussaresses était un as dans les renseignements… Il faut ajouter que Massu demande aussi à un autre spécialiste du renseignement de le rejoindre. Il s’agit du colonel Trinquier, l’un des théoriciens de la guerre moderne, pour reprendre le titre de son livre paru en 1961.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Est-ce que Massu en faisant appel à ces deux officiers sait qu’il incorpore ainsi deux hommes qui n’auront aucun scrupule à utiliser la torture.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Bien évidemment, il n’est quand même pas naïf. Mais c’est assez tardivement qu’il en a appris la pratique. C’est en tout cas l’aveu qu’il a fait à votre ami Patrice Gélinet lors d’une émission de France Culture.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Racontez alors.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Et bien en 1956, en se rendant dans le cantonnement du colonel Bigeard, il a vu des paras utiliser la gégène pour faire parler un prisonnier. Et comme il s’étonnait, Bigeard lui a dit : « mais on s’en servait déjà en Indochine ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Toute fois, il n’a pas enjoint à son subordonné de cesser cette pratique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Absolument pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Et Bigeard va être l’un des principaux acteurs de la bataille d’Alger.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Avec son 3ème régiment de parachutistes qui sera en effet sur la brèche tout au long de l’année 1957 et participera de façon très active à cette sale guerre où pas mal de militaires vont perdre leur âme. C’est une expression que je n’ai pas inventé. On l’a retrouvera dans la bouche de nombreux officiers. Certains comme le général de la Bollardière ayant même le courage d’affirmer haut et fort le dégoût que leur inspirent les pratiquantes avilissantes de l’armée&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Alors dans les faits comment cela se passe ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Un mot avant. Dans une directive, le général Allard, qui commande alors la division d’Alger, va montrer le chemin. Un chemin qui emprunte naturellement beaucoup aux principes de la guerre dite révolutionnaire. Premièrement écrit Allard, « tout algérien est par principe un suspect ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Pourquoi ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Parce qu’il est naturellement porté à être hostile aux forces françaises.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : C’est une sorte de reconnaissance implicite de l’imprégnation de la population musulmane par le FLN.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : On peut voir les choses comme ça, d’où l’importance de l’action psychologique qui doit aussi viser à retourner cette population qui a été gagnée par les idées indépendantistes. La deuxième règle, c’est la priorité absolue qui doit être accordée à la recherche de renseignement. Et dans une note secrète, un autre général écrit que « tous les moyens doivent être mis en œuvre pour que cette recherche ait le maximum d’efficacité ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Ça a au moins le mérite d’être clair, même si le mot torture n’est pas utilisé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Et ce même général poursuit ainsi : « il convient d’exploiter le plus rapidement possible les informations recueillies même si elles sont incomplètes ou aléatoires ». Enfin il faut « procéder aux éliminations nécessaires ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Des exécutions.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Oui ce que l’on appelle dans le jargon des services secrets des opérations homo.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Oui homo pour homicide.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : On va même inventer pour cela une technique. Comme selon une instruction officielle, les militaires doivent ouvrir le feu sur tout prisonnier qui tente de fuir. On va camoufler ces exécutions sommaires en les assortissant d’un minimum de légalité. Ainsi les soldats demandent à un prisonnier de courir devant eux, et on lui tire dans le dos. Et dans le rapport qui est rédigé ensuite, on note : « fuyard abattu après les sommations d’usage ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : C’est ce qu’on appellera aussi la « corvée de bois ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Exactement. Et de plus en plus les officiers paras engagés dans la bataille d’Alger, tel Bigeard, demandent à être délivrés de tout ce fatras pseudo-juridique qui gène leur action sur le terrain.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : A guerre exceptionnelle, mesures exceptionnelles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : C’est ça. Et on va mettre au point tout un arsenal de mesures qui bafoue le droit commun. Ainsi les militaires peuvent assigner à résidence surveillée n’importe quel individu et pour un temps illimité. Les perquisitions sont autorisées de jour comme de nuit. Le droit de circulation est sévèrement contrôlé. Les jugements sont accélérés et les autorités militaires se réservent le droit de suspendre fonctionnaires et élus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Bref les soldats peuvent faire à peu près tout ce qu’ils veulent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Telle est la vérité. Et cette situation se prolongera tout au long de la bataille d’Alger qui durera presque un an de janvier à octobre 1957. Alors vous me demandiez comment c’est passé cette bataille ? Pour Massu et le ministre résident Lacoste il y a une priorité, briser cette grève prévue à la fin janvier. C’est à dire juste au moment où l’ONU entend examiner la question algérienne. Une grève que Ben M’Hidi, chef militaire et politique de la rébellion à Alger prévoit de faire durer le plus longtemps possible. Une grève qui risque d’être en outre très suivie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : En particulier dans la casbah.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Obligatoirement. La casbah qui est d’emblé considérée comme le centre névralgique de la rébellion. C’est en effet un vrai maquis urbain avec son lacis de ruelles, de venelles. Par conséquent, une des toutes premières mesures prise par Massu, il est décidé d’isoler la casbah du reste de la ville. On installe des barbelés un peu partout pour verrouiller le quartier et pour y aller ou y ressortir on doit obligatoirement emprunter l’un des cinq points de passages autorisés. Et bien sûr, tout le monde y est fouillé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Toute comparaison à part quand même, c’est un peu ce qu’on fait les nazis à Varsovie autour du Ghetto.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Vous avez parfaitement raison. La casbah devient un ghetto.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Et combien y’a-t-il d’habitants dans la casbah ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Un peu plus de 70 000 dont environ 90% de musulmans. Et naturellement, pour toute cette population, la vie quotidienne devient de plus en plus difficile.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Oui c’est facile à imaginer…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Deuxième décision de Massu, pour lutter efficacement contre la rébellion, il entreprend de faire établir un organigramme des structures du FLN à Alger. Un organigramme qui s’étoffera au fur et à mesure des arrestations et des renseignements obtenus sous la torture. Et puis pour frapper les esprits, il fait procéder à une gigantesque rafle en pleine nuit. Un épisode très violent, portes enfoncées, hommes frappés, des centaines d’arrestations ponctuées de rafales de mitraillettes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Et le résultat ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Grâce aux interrogatoires musclés qui sont conduits dans les QG des régiments des paras, quelques cases blanches de l’organigramme de Massu se remplissent. Mais aucun gros poisson n’a été capturé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Cependant est-ce que cette rafle spectaculaire et le bouclage de la casbah aboutissent à réduire le nombre d’attentats ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Pas tout de suite non. Le 26 janvier deux jours avant la date choisie par Ben M’Hidi pour le déclenchement de la grève, trois attentats particulièrement meurtriers endeuillent Alger.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Quels sont les endroits frappés ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Trois cafés dont un établissement très connu « l’automatique ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : C’est donc une sorte d’échec pour Massu puisque apparemment le bouclage de la casbah n’a pas été assez hermétique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Sans doute, mais il faut aussi tenir compte du fait que les musulmans d’Alger ne se trouvent pas tous dans la casbah. Quoi qu’il en soit, les paras doivent maintenant trouver la parade. Et surtout faire face à la grève qui se prépare. Ben M’Hidi a donné ses consignes. Aucun arabe ne doit aller travailler et aucun commerce ne doit ouvrir et le réseau des transports urbains sera paralysé. Mais là encore, Mass va frapper fort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : C'est-à-dire ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Au matin du 28 janvier, alors qu’une nouvelle rafle nocturne a eu lieu la veille, les paras investissent à nouveau la casbah. L’objectif est de faire travailler les candidats à la grève.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : De force donc ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Naturellement. Et si vous avez vu le film de Pontecorvo sur la bataille d’Alger, vous vous souvenez sans doute de l’image des paras qui ici soulèvent des rideaux de fer ou les brisent, de ces devantures d’échoppes fracassées et ailleurs de l’embarquement sur des camions de dizaines d’hommes qui vont être conduits sur le port afin de remplacer les dockers grévistes. Et puis tandis que d’autres paras, fanfares en tête, circulent dans les ruelles et distribuent des bonbons aux enfants.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Ça, c’est l’action psychologique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Bien entendu. Mais pendant ce temps, on procède aussi à de nombreuses arrestations, des dizaines, des centaines, tant est si bien qu’on se pose la question de l’hébergement de ces prisonniers raflés par les paras. Et là encore, les dispositions légales vont être bafouées. Ce sont une fois de plus les militaires qui vont imposer leurs conditions aux autorités civiles… et donc à la justice.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/453588291539763311-8367037513668059549?l=xtribute.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/453588291539763311/posts/default/8367037513668059549'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/453588291539763311/posts/default/8367037513668059549'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://xtribute.blogspot.com/2009/03/la-bataille-dalger-2eme-partie-emission_19.html' title='La bataille d&apos;Alger (2ème partie) - Emission du 24/03/07 - Episode 3'/><author><name>dr frankNfurter</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14355900384310595377</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_J0zObH4oN_c/TUFwgWx1F-I/AAAAAAAACBY/M8M8tFse2_s/s220/RHCS-Nanarotron.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-453588291539763311.post-7078563615969450194</id><published>2009-03-16T07:00:00.004+01:00</published><updated>2009-03-16T07:00:00.459+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Afrique'/><title type='text'>La bataille d'Alger (2ème partie) - Emission du 24/03/07 - Episode 2</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Monsieur X : A la tête de ce véritable commando de terroristes, chargés de frapper Alger, il y a un politique respecté. Respecté même parmi ses adversaires : Larbi Ben M'hidi. Il est épaulé par un homme que vous avez forcément entendu parler Yassef Saadi, un type qui fera preuve d’une audace folle. Et puis il y a un proxénète repenti…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Patrick Pesnot : Ah oui je vois, Ali La Pointe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : C’est ça ! Et puis on trouve aussi un certain Taleb, un chimiste…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : L’homme qui confectionnera les bombes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : L’originalité de ce petit groupe c’est le recrutement de jeunes femmes, des militantes FLN au physique plutôt avenant et qui surtout peuvent passer pour des européennes. Ces femmes, d’abord employées comme agents de liaison, vont être les poseuses de bombes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Parce qu’elles pourront circuler dans les quartiers européens sans risque de se faire repérer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : C’est bien ça…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Et quand commence cette campagne terroriste ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Je crois que les deux premières bombes explosent à la fin septembre. A chaque fois ce sont des endroits fréquentés par la jeunesse européenne qui sont visés, dont le célèbre « Milk bar » situé place d’Isly. Il y a des morts et au moins une soixantaine de blessés. Certains gravement touchés doivent être amputés sur place. Il faut souligner que trois semaines plus tard, un avion marocain transportant quelques un des dirigeants extérieurs du FLN est arraisonné en plein vol.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Oui on l’oblige à atterrir à Alger.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Au terme des conventions internationales, c’est un véritable acte de piraterie aérienne que le gouvernement est obligé de couvrir après coup.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Oui parce que la décision a été prise par les militaires sans consultation des autorités civiles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Enfin passons… Pour l’armée, c’est un coup très dur porté à l’organisation rebelle, et c’est tout ce qui compte. En tout cas ça n’empêche nullement le commando d’Alger de continuer à poser des bombes et de plus en plus souvent, dans un magasin, une gare, un autobus, autant d’attentats aveugles et sanglants qui sèment la terreur dans la population pied-noir. S’y ajoute d’autres attentats terroristes perpétrés par les ultras. Au total, presque 100 bombes ont été posées entre septembre et décembre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Et Alger découvre la réalité de la guerre…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Et la population est de plus en plus excédée. Et l’apothéose, si je puis dire, c’est fin décembre en 1956 l’assassinat d’Amédée Froger, président de l’association des maires d’Algérie. A l’occasion de ses obsèques, on assiste à de vraies ratonnades où de nombreux musulmans sont tués. Et puis, cette menace de grève que fait peser le FLN qui inquiète particulièrement les autorités. Une grève qui pourrait devenir très rapidement insurrectionnelle. Et cela au moment où fin janvier l’ONU doit se préoccuper de l’affaire algérienne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Alors Paris doit donc réagir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Et Paris obligé de reconnaitre que les forces de police ne suffisent plus à rétablir le calme et à juguler la vague de terrorisme qui submerge Alger. C’est donc dans ce contexte qu’au début janvier, le gouvernement prends une décision extraordinairement grave. La délégation des pouvoirs de police à l’armée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : C'est-à-dire qu’au fond des militaires vont devenir des policiers.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Exactement. Et si certains officiers répugnent à se charger d’une telle besogne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Parce que ce n’est pas leur métier…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Bien sûr. D’autres au contraire n’ont pas ce genre de scrupules. L’occasion est trop belle d’expérimenter en ville leurs théories sur la guerre contre-révolutionnaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Alors pratiquement comment ça se passe ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Robert Lacoste, le ministre résident, fait appel à la dixième division parachutiste alors placée sous l’autorité du général Massu, et qui compte quatre régiments. La plupart des hommes qui composent cette unité, dont bon nombre d’étrangers, reviennent tout juste de Suez.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Où sous la pression de Washington et Moscou, ils ont dû battre en retraite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Et autant vous dire qu’ils n’ont pas digéré cette reddition forcée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Et Massu lui-même alors, comment réagit-il quand il apprend cette nouvelle mission policière.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Bah c’est un militaire qui n’a pas le choix, il obéit. Mais il ne va pas livrer de gaité de cœur cette bataille d’Alger comme on va bientôt l’appeler. Une bataille qui est dans les faits une vaste opération de police. Sa mission est sans équivoque. Massu, qui va aussi avoir la haute main sur tous les services de police, est chargé de liquider les réseaux qui commettent des attentats à Alger.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Et ça veut dire aussi liquider les membres de ces réseaux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : C’est la vérité même, même si ça n’est pas écrit noir sur blanc. Massu va donc disposer de ses 3 000 paras et aussi d’autres régiments stationnés dans la région d’Alger, des zouaves, des chasseurs d’Afrique, 10 000 hommes en tout.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Plus les policiers et gendarmes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Et même les CRS. Il y a aussi l’appui du 11ème Choc…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : … Oui le Service Action du SDECE.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Et bien sûr le futur général Aussaresses est de la partie. Et il va jouer un rôle essentiel dans la chasse aux renseignements. Une chasse où il use de toutes ses méthodes qui lui sont familières.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : La torture ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Bien évidemment. Et lorsqu’il le faut, les exécutions sommaires.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;___________________________________________________________________________&lt;span style="font-style: italic;"&gt;_________________________&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Raphaëlle Branche est l’auteure d’un livre paru chez Gallimard &lt;span style="font-style: italic;"&gt;La torture et l’armée pendant la guerre d’Algérie&lt;/span&gt;. Elle estime que les pleins pouvoirs dévolus à l’armée en janvier 1957 marquent un tournant dans la guerre d’Algérie, car c’est tout l’équilibre des pouvoirs qui est bouleversé. Et elle essaie de décrypter l’attitude de ces militaires qui deviennent tout puissant d’un jour à l’autre. « Se concentrant sur la recherche de renseignements, les parachutistes attendent d’adopter la méthode la plus rationnelle possible. L’efficacité en est le critère principal, éloignée de toute légalité et la torture le moyen récurrent. Décrivant ces tâches, le colonel Trinquier et l’aumônier parachutiste Louis Delarue précisent que le métier de policier ne leur plait pas. « Mais que ce sont les fellaghas qui se conduisant en bandit, nous obligent à faire ce métier de policier ». Choisissant le terme de fellagha les auteurs marquent la continuité de leur action du bled à la ville. Dans un texte du 30 janvier 1957, le commandant du 3ème RPC précise : «  cette action nous oblige à utiliser des méthodes de travail dites policières. Il n’y a pas à s’en offusquer car la destruction de l’adversaire, but ultime du combat, est à ce prix. L’expression « bataille d’Alger » s’impose d’ailleurs puisque les militaires considèrent qu’ils continuent la guerre sur un autre front, même s’il ne s’agit plus d’embuscades ou d’affrontements armés mais seulement de détecter l’organisation politico-administrative du FLN, de la mettre hors d’état de nuire et d’en prévenir toute reconstitution. Or ce sont moins les fellaghas qui amènent les parachutistes à ce type d’action que les civils, qui leur déléguant le pouvoir de police, leur laissent le loisir d’imposer leur conception de la répression ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(à suivre...)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Livre&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;La torture et l’armée pendant la guerre d’Algérie, 1954-1962&lt;/span&gt; de Raphaëlle Branche&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Éditeur&lt;/span&gt; : Gallimard&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Parution&lt;/span&gt;: 2001&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/453588291539763311-7078563615969450194?l=xtribute.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/453588291539763311/posts/default/7078563615969450194'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/453588291539763311/posts/default/7078563615969450194'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://xtribute.blogspot.com/2009/03/la-bataille-dalger-2eme-partie-emission_16.html' title='La bataille d&apos;Alger (2ème partie) - Emission du 24/03/07 - Episode 2'/><author><name>dr frankNfurter</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14355900384310595377</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_J0zObH4oN_c/TUFwgWx1F-I/AAAAAAAACBY/M8M8tFse2_s/s220/RHCS-Nanarotron.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-453588291539763311.post-4281415574957768348</id><published>2009-03-12T06:59:00.001+01:00</published><updated>2009-03-12T06:59:00.491+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Afrique'/><title type='text'>La bataille d'Alger (2ème partie) - Emission du 24/03/07 - Episode 1</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;On l’a appelée la Guerre révolutionnaire. Ou encore la Guerre moderne. Un concept élaboré par certains officiers français qui ont combattu en Indochine. Et des idées d’abord empruntées à l’ennemi, c’est à dire le Vietminh communiste, et aussi au fameux Petit livre rouge de Mao Zedong. Priorité au renseignement, action psychologique, propagande politique, embrigadement des populations… Autant de principes que ces mêmes officiers vont ensuite appliquer en Algérie lorsque les opérations dites de pacification vont commencer après la Toussaint 1954… Mais à la différence de la situation qu’ils ont vécue en Indochine, ces jeunes Turcs ont désormais l’oreille de leurs supérieurs. Les généraux Salan, Lorillot et Allard qui vont commander en Algérie sont acquis à leurs idées. Et ils vont toujours couvrir leurs subordonnés qui se livrent pourtant à des actions qui sont non seulement contraires à la morale mais aussi aux lois de la guerre telles qu’elles ont été définies par les Conventions de Genève.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En août 1955, les rebelles algériens déclenchent une insurrection dans le Constantinois. Plus de 100 Européens sont massacrés. La répression est terrible : des centaines, peut-être même des milliers, d’Algériens sont tués. Certains ayant été exécutés sommairement dans l’enceinte du stade de Philippeville. Toutefois, contrairement ce qu’il s’est passé dix ans plus tôt à Sétif, cette campagne de terreur ne produit pas les effets escomptés : le FLN, qui a sciemment programmé cette insurrection, voit croître ses effectifs et va multiplier les actes de terrorisme, particulièrement à Alger. Et bientôt, ce sera justement ce que l’on a appelé la Bataille d’Alger, il y a tout juste cinquante ans. Monsieur X qui, la semaine passée, a raconté la genèse de la guerre révolutionnaire, entreprend aujourd’hui de décrire son application au cours de cette Bataille d’Alger qui n’a pourtant de bataille que cette appellation trompeuse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Monsieur X : 1956 est une année terrible pour l’Algérie. Le contingent français est alors 450 000 hommes…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Patrick Pesnot : Oui parce que maintenant il comprend des appelés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Ce qui n’a jamais été le cas en Indochine où on a envoyé que des professionnels et des engagés. Mais la situation empirant, le gouvernement de Guy Mollet obtient des députés le vote de pouvoirs spéciaux et portent la durée du service militaire à 27 mois. Autre décision importante, les pouvoirs civils peuvent désormais déléguer leur autorité au pouvoir militaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Ça préfigure ce qui va se passer à Alger au tout début 1957.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Tout à fait. Autre évènement considérable en mai 56, des éléments de l’ALN…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : L’ALN, c’est l’Armée de Libération Nationale, c'est-à-dire le bras armé du FLN.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Donc des djounouds, comme on les appelle, tendent une embuscade à une unité de marsouins. Vingt soldats sont tués et leurs cadavres sont ensuite mutilés par les habitants d’un douar voisin. Et un mois plus tard à Alger, les autorités procèderont aux premières exécutions capitales de rebelles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Et tout ça ne peut qu’envenimer la situation…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Bien entendu. Autre évènement qui va encore un peu plus crisper la situation des indépendantistes algériens. Une bombe de forte de puissance éclate dans une rue située au sommet de la casbah, le 10 aout exactement. Et il y a des dizaines de morts musulmans.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Ça ressemble à une provocation…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Sans nul doute. On soupçonnera des activistes anti-FLN, des ultras qui ont voulu tuer dans ce lieu parfaitement symbolique car pratiquement seuls des algériens y habitent. Et une fois de plus, on pensera à cette mystérieuse « main rouge ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Oui une émanation de nos services spéciaux m’avez-vous dit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Et des noms seront même prononcés, dont celui d’un ancien commissaire qui a joué un grand rôle dans les ratonnades qui ont suivi les évènements de Sétif et Gelma, mais bien sûr il n’y aura aucune arrestation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Et j’imagine que le FLN envisage déjà de riposter.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Et il va décider de la création au sein de la casbah d’une unité spéciale qui va être chargée de semer la terreur dans Alger même.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Des bombes ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Oui, des bombes particulièrement meurtrières qui vont toucher le cœur d’Alger et les classes moyennes, c'est-à-dire une population pied noir qui jusque là n’avait pas eu à trop souffrir de la guerre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Et s’ils ont choisi Alger, ce n’est pas un hasard ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Evidemment. Ces nationalistes algériens veulent frapper l’opinion, tant française qu’internationale, car cela fait déjà longtemps qu’ils tentent d’attirer l’attention de l’ONU.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Et Alger, c’est une vraie caisse de résonnance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Bien entendu. Une escarmouche dans le bled, ça ne fera qu’un entrefilet dans la presse, et encore…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP :… tandis qu’un attentat particulièrement meurtrier à Alger, ça fera de gros titres. C’est donc l’adoption d’une nouvelle stratégie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Tout à fait. Il faut aussi dire que dans les djebels, face aux rouleaux compresseurs de l’armée française, l’ALN est à la peine. D’où la volonté de porter la guerre dans la ville.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Donc il n’y a pas que le désir de se venger après le terrible attentat dans la casbah.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : C’est ce que je pense.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(à suivre)&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/453588291539763311-4281415574957768348?l=xtribute.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/453588291539763311/posts/default/4281415574957768348'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/453588291539763311/posts/default/4281415574957768348'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://xtribute.blogspot.com/2009/03/la-bataille-dalger-2eme-partie-emission.html' title='La bataille d&apos;Alger (2ème partie) - Emission du 24/03/07 - Episode 1'/><author><name>dr frankNfurter</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14355900384310595377</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_J0zObH4oN_c/TUFwgWx1F-I/AAAAAAAACBY/M8M8tFse2_s/s220/RHCS-Nanarotron.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-453588291539763311.post-8791409408102249124</id><published>2009-03-09T07:17:00.002+01:00</published><updated>2009-03-09T07:17:00.528+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Afrique'/><title type='text'>La bataille d'Alger (1ère partie) - Emission du 17/03/07 - Episode 6</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;La revue Historia a récemment consacré un dossier à la bataille d’Alger et à ses prémices, et justement l’historien Remi Kauffer écrit ceci à propos des évènements du Constantinois d’août 1955 : « La révolution est en jeu estime Youcef Zighoud, le Saint-Just du Constantinois, muré dans sa détermination, le nouveau chef de la willaya II commence à entrevoir un effroyable quitte ou double. Qu’on parvienne à lancer la région dans un processus d’insurrection générale et voici les frères d’armes des Orès soulagés. Voici l’énergie qui circule à nouveau entre les willayas, l’initiative qui change définitivement de camp. Après mûre réflexion, le projet prend forme. Plan qui conduit, il le sait, droit vers la guerre totale. Entre le 25 juin et le 1er juillet 1955, Zighoud réunit à Zamman une conférence générale de sa willaya. L’opération qu’il décide alors avec l’accord enthousiaste de ses subordonnés que la mort n’effraie pas ni la leur, ni celle des autres devra durer trois jours pleins. Au programme, attaques de casernes, de postes de police, de gendarmerie, d’objectifs économiques et liquidation systématique de traîtres. Quelqu’en soit le prix il s’agit de jeter frontalement les musulmans contre les européens, comme en mai 1945 à Sétif, à Gelma. Le sang va couler c’est vrai, il y aura des martyrs, beaucoup de martyrs mais après une telle hécatombe, impossible de revenir en arrière. Par ses représailles, l’armée française se chargera de creuser elle-même le fossé entre les communautés, provocations, répressions, mobilisations, le cycle infernal est en marche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Revue&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Historia&lt;/span&gt; N°722&lt;br /&gt;Rémi Kauffer, Jean Delmas, Georgette Elgey ....&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Parution&lt;/span&gt; : février 2007&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/453588291539763311-8791409408102249124?l=xtribute.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/453588291539763311/posts/default/8791409408102249124'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/453588291539763311/posts/default/8791409408102249124'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://xtribute.blogspot.com/2009/03/la-bataille-dalger-1ere-partie-emission_09.html' title='La bataille d&apos;Alger (1ère partie) - Emission du 17/03/07 - Episode 6'/><author><name>dr frankNfurter</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14355900384310595377</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_J0zObH4oN_c/TUFwgWx1F-I/AAAAAAAACBY/M8M8tFse2_s/s220/RHCS-Nanarotron.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-453588291539763311.post-7778757352440875381</id><published>2009-03-05T07:47:00.001+01:00</published><updated>2009-03-05T07:47:00.248+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Afrique'/><title type='text'>La bataille d'Alger (1ère partie) - Emission du 17/03/07 - Episode 5</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Monsieur X : C’est ce que je pense. Après cette parenthèse, revenons aux évènements de Philippeville. Le 20 août 1955, une véritable émeute éclate dans le Constantinois.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Patrick Pesnot : Une émeute spontanée ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Non, derrière il est évident qu’il y a le FLN. En tout cas, cette insurrection est d’une extrême violence et embrase des dizaines de villes et de villages. Des femmes, des paysans s’en prennent essentiellement aux européens. Un vrai massacre. On comptera alors plus de cent morts.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Et ça rappelle un peu ce qui s’était passé à Sétif dix ans plus tôt.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : A la différence que le FLN n’existait pas encore et que le déchainement de la violence coté musulman n’était pas prévu. Quoi qu’il en soit, comme à Sétif ou à Guelma, les européens épaulés par les militaires entreprennent aussitôt de se venger.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Des ratonnades.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Des représailles sauvages. Et c’est là où on retrouve Aussaresses. Lui à la tête de ses paras, il conduit les nord africains qui ont été prisonniers au beau milieu du stade de Philippeville. Et il ordonne à ses hommes de les exécuter à la mitraillette.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Pour faire un exemple ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : L’utilisation de la terreur fait aussi partie des méthodes la guerre révolutionnaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Alors combien de morts ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Difficile à dire. Selon certains chiffres, il y aurait eu jusqu’à 12 000 morts mais ce chiffre me parait exagéré. Et en tout cas, des centaines et des centaines de morts, ça c’est certain.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Et encore une fois, Aussaresses n’encourt aucun reproche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Aucun… non, bien au contraire. Et le général Massu fait le déplacement jusqu’à Philippeville pour venir féliciter le commandant Aussaresses.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Ça parait inouï.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Mais ça mérite quand même une explication. Les félicitations reviennent à l’homme qui grâce à la pertinence des renseignements qu’il a recueilli avant le déclenchement de l’insurrection a sans doute permit de sauver de nombreuses vies de pieds-noirs et d’européens en général.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Comment alors ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Il a pu désarmer à temps les postes militaires et les gendarmeries.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Pourquoi afin d’empêcher les rebelles de s’emparer des armes qui s’y trouvaient.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : En effet.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Mais de la part de Massu, aucune allusion aux assassinats perpétrés dans le stade.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Apparemment non. Toutefois, je n’étais pas sous la table quand les deux hommes se sont rencontrés…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Mais cette terreur exercée par Aussaresses entre autre n’était-elle pas contre-productive ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Vous voulez dire qu’elle risquait de creuser encore un peu plus le fossé entre les deux communautés algériennes ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Et d’hypothéquer gravement l’avenir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Et d’empêcher toute réconciliation. C’est certain. Mais un type comme Aussaresses se moquait bien de la réconciliation. Ce que voulaient les chefs de l’armée c’était la destruction de ce qu’ils appelaient l’OPA, l’organisation politique et militaire de la rébellion. Pour eux, la paix, c'est-à-dire la soumission des algériens était à ce prix.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : La soumission…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Evidemment. Mais c’est bien plus tard qu’on emploiera les grands mots, la fraternisation par exemple. Mais en 1955, alors que la rébellion est encore toute jeune, c’est l’éradication qui est à l’ordre du jour. Et bien sûr le maintien des traditions coloniales.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Le statu quo… Mais pardonnez-moi, je reviens un peu en arrière. Vous avez dit qu’Aussaresses savait qu’une insurrection allait éclater dans le Constantinois.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : C’est parfaitement exact.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Alors n’était-il pas possible de la prévenir ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Franchement, je ne sais pas. Enfin on peut se poser la question effectivement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Alors allons un peu plus loin, n’est-il pas possible d’imaginer qu’on a rien fait pour éviter ce drame ? Si je vous dis ça, c’est que je me souviens de notre entretien sur les évènements de Sétif.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Oui je vois. Après une répression qui a été féroce et qui a duré plusieurs jours, le général qui a dirigé les opérations a dit : « nous avons gagné dix ans ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Dix ans de calme avant l’inéluctable reprise de la violence, alors certains chefs militaires n’ont-ils pas tenu ce même raisonnement?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Je ne sais pas. En tout cas, s’ils ont cru qu’en frappant aussi fort ils pouvaient gagner du temps, ils se sont lourdement trompés parce que loin de décroitre, la révolte va aller en grandissant. Les musulmans seront toujours plus nombreux à rejoindre les rangs de la rébellion. On assistera à une sorte de paroxysme fin 1956.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Juste avant la bataille d’Alger.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Oui. Une bataille dont nous reparlerons longuement la semaine prochaine. Une bataille où nos pros de la guerre révolutionnaire et de l’action psychologique vont donner si je puis dire toute la mesure de leurs talents très spéciaux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(à suivre...)&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/453588291539763311-7778757352440875381?l=xtribute.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/453588291539763311/posts/default/7778757352440875381'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/453588291539763311/posts/default/7778757352440875381'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://xtribute.blogspot.com/2009/03/la-bataille-dalger-1ere-partie-emission_05.html' title='La bataille d&apos;Alger (1ère partie) - Emission du 17/03/07 - Episode 5'/><author><name>dr frankNfurter</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14355900384310595377</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_J0zObH4oN_c/TUFwgWx1F-I/AAAAAAAACBY/M8M8tFse2_s/s220/RHCS-Nanarotron.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-453588291539763311.post-4450792509080871423</id><published>2009-03-02T06:56:00.002+01:00</published><updated>2009-03-03T14:14:31.051+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Afrique'/><title type='text'>La bataille d'Alger (1ère partie) - Emission du 17/03/07 - Episode 4</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il faut bien souligner que si les principaux chefs présents en Algérie vont inciter leurs subordonnés à user de pratiques interdites par les lois de la guerre, le pouvoir politique n’est pas en reste. Ainsi le gouvernement de Guy Mollet qui a obtenu de l’Assemblée des pouvoirs spéciaux signe un décret autorisant les militaires à se substituer aux autorités civiles. Pour Sylvie Thénault, auteure d’une Histoire de la guerre d’indépendance algérienne, le gouvernement est alors convaincu que les forces de l’ordre doivent légalement recevoir tous les moyens d’agir et elle poursuit je la cite : « Maurice Bourgès-Maunoury ne disait rien d’autre le 31 mars 1955 quand ministre de l’Intérieur il soutenait le projet de loi d’état d’urgence devant les députés : « je pense qu’avec le droit commun ancien, le policier, le militaire étaient souvent devant l’horrible choix d’être inefficaces ou d’être des meurtriers. Cela doit désormais être évité. » Pour cette raison, Bourgès-Maunoury signe le 1er juillet 1955 avec le général Koenig alors ministre de la Défense, l’instruction qui définissant les conditions de la lutte au sol autorise de tirer sur tout suspect qui tente de s’enfuir. Une telle prescription permet aussi de couvrir les décès sous la torture ou de tuer en dehors des combats sans risque de poursuite judiciaire, ni de sanction. Sur déclaration des militaires, les gendarmes établissent des procès verbaux déclarant comme « fuyard abattu », des hommes et des femmes morts dans des circonstances invérifiables. Dans le cadre de Maurice Audin, jeune mathématicien du parti communiste algérien, les militaires vont même jusqu’à jouer une fausse évasion pour expliquer sa disparition. »&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;___________________________________________________________________________&lt;span style="font-style: italic;"&gt;_________________________&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Monsieur X : Ici je voudrais vous parler d’évènements qui après coup paraissent comme le prélude de la bataille d’Alger. Je veux parler des émeutes de Philippeville (aujourd’hui prénommée Skikda) en août 1955. A cette date, il faut le noter l’état d’urgence a déjà été décrété en Algérie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Patrick Pesnot : Avec quelles conséquences ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Les pouvoirs de la police sont considérablement renforcés mais ça n’empêche pas le FLN de perpétrer des attentats. A Philippeville, en juin 55, plusieurs bombent éclatent et un ouvrier pied-noir est violemment assailli à coups de pelle par l’un des ses collègues, un musulman. Il est grièvement blessé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Un fait divers ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Non, la police estime qu’il s’agit d’une tentative d’assassinat politique. Et comme elle est débordée par la recrudescence du terrorisme, elle remet le coupable aux mains du futur général Aussaresses.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Et lui que fait il là ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Il est toujours membre du Service Action du SDECE. Aussaresses a été envoyé dans le Constantinois quelques semaines seulement après la Toussaint 1954.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Avec quelle mission ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Le renseignement. Et ça signifie que notre service d’espionnage est d’ors et déjà engagé dans la lutte contre le FLN. A l’époque on pense en effet que les nationalistes algériens sont manipulés par Moscou. Et déjà le Service Action a éliminé un certain nombre de militants envoyé par le fond des bateaux chargé d’armes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Des opérations auquel a participé Aussaresses ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Naturellement. Toutefois officiellement le SDECE ne peut pas agir sur le territoire français.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : L’Algérie faisant encore partie de la France.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : On a trouvé un subterfuge pour envoyer Aussaresses là-bas. Il est en principe incorporé dans un régiment de paras. Mais en réalité il travaille étroitement avec les services de police et les gendarmeries. Alors revenons à ce musulman qui a attaqué son collègue pied-noir. Aussaresses l’interroge, il veut savoir à quelle organisation il appartient et qui lui a donné des ordres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Il veut remonter la filière.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : En effet. Et pour le faire parler, il utilise les méthodes qu’il a déjà expérimenté en Indochine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : La torture ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Bien sûr. Mais malheureusement ce type résiste et Aussaresses finit par le tuer. Nous n’inventons rien, c’est Aussaresses lui-même qui a raconté cet épisode dans ses mémoires.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Ce livre qui a fait scandale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Oui car ce général a reconnu de manière très franche les nombreux assassinats qu’il a commis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Et la pratique systématique de la torture.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Aussaresses a même utilisé un mot terrible pour illustrer son action en Algérie. Il a dit : « J’étais un nettoyeur ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Et c’est donc en tant que « nettoyeur » qu’il a été envoyé en Algérie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Exactement. Le SDECE voulait liquider le FLN. Et la liquidation de ses membres faisait partie de ses objectifs… surtout quand ils refusaient de parler. Et observer qu’un homme comme Aussaresses n’a jamais eu d’état d’âme. Aujourd’hui encore il n’éprouve aucun remord.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Une vocation de tueur en somme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Non, non… Aussaresses n’a rien d’une brute épaisse. C’est plutôt un intellectuel épris de culture classique que rien ne destinait à devenir l’assassin qu’il est devenu. Il faut aussi dire que ce farouche gaulliste a choisi très tôt l’action clandestine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Donc la résistance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Oui et ensuite ce fut les services secrets… et l’engrenage de la violence. Mais une violence qu’il justifie en exécutant des personnages qui ont des liens avec le terrorisme, Aussaresses a le sentiment de faire son devoir et de remplir des tâches que ni la justice ni la police ne peuvent ou ne veulent accomplir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Le sale boulot en somme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : C’est ça.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Et je reviens sur la question, ses supérieurs directs sont-ils au courant ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Ah ça je l’affirme. Même si certains déplorent son activité. En tout cas, il faut observer qu’aucune sanction n’a jamais été prise à son encontre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Alors qui ne dit mot consent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(à suivre...)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Livre&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Histoire de la guerre d’indépendance algérienne&lt;/span&gt; de Sylvie Thénault&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Editeur &lt;/span&gt;: Flammarion&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Parution &lt;/span&gt;: 2005&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/453588291539763311-4450792509080871423?l=xtribute.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/453588291539763311/posts/default/4450792509080871423'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/453588291539763311/posts/default/4450792509080871423'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://xtribute.blogspot.com/2009/03/la-bataille-dalger-1ere-partie-emission.html' title='La bataille d&apos;Alger (1ère partie) - Emission du 17/03/07 - Episode 4'/><author><name>dr frankNfurter</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14355900384310595377</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_J0zObH4oN_c/TUFwgWx1F-I/AAAAAAAACBY/M8M8tFse2_s/s220/RHCS-Nanarotron.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-453588291539763311.post-995645886159561714</id><published>2009-02-26T06:55:00.001+01:00</published><updated>2009-02-26T06:55:00.574+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Afrique'/><title type='text'>La bataille d'Alger (1ère partie) - Emission du 17/03/07 - Episode 3</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Patrick Pesnot : Pourtant malgré le fait que ces officiers ont lu Mao, la guerre d’Indochine va se terminer en désastre pour notre armée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Monsieur X : Oui à Dien Bien Phu. Parce que là encore le commandement a sous estimé la capacité de l’adversaire à accomplir des exploits. Et c’était effectivement un exploit que d’acheminer secrètement dans la jungle tous ces canons qui vont pilonner la cuvette de Dien Bien Phu... Bon je reviens à ce que vous disiez malgré la lecture de Mao. Et bien ces jeunes officiers vous diraient qu’ils n’ont pas été écoutés par leur hiérarchie et qu’il était certainement trop tard pour mettre en pratique cette nouvelle guerre qu’ils préconisaient, parce que le Vietminh avait déjà gagné la guerre de la propagande et que la population lui était acquise. Une entreprise minutieuse mais terriblement efficace.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Alors pour reprendre cette fameuse expression de Mao Zedong, le Vietminh était véritablement comme un poisson dans l’eau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Et il était désormais impossible de vider l’eau du bassin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Avant de poursuivre, quels étaient les principes de cette nouvelle guerre que réclamaient ces officiers ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Une guerre qui a d’ailleurs été théorisée par l’un d’entre eux, le colonel Trinquier. Son ouvrage, La guerre moderne, deviendra même le bréviaire de nombreuses armées un peu partout dans le monde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Les principes ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Une observation d’abord. Ces militaires qui vont prêcher la guerre révolutionnaire et qui sont en général farouchement anti-communistes vont donc emprunter leurs théories à leurs pires ennemis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Les communistes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Tel est en effet la vérité. Alors les principes, face à un adversaire insaisissable qui se dilue dans la population à la première occasion, il faut d’abord quadriller systématiquement le terrain. Deuxième principe, le renseignement qui doit être une priorité absolue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Et le renseignement qu’on doit obtenir par tous les moyens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Y compris la torture, ce n’est pas écris noir sur blanc mais enfin c’est implicite. Seule l’obtention de renseignement permet l’éradication de l’organisation politique et militaire de l’ennemi. Enfin pour simplifier, il y a aussi l’action psychologique et ça peut revêtir de nombreuses formes. La première, la plus féroce, telle qu’elle sera utilisée en Algérie par un futur putschiste, le colonel Argoud, consiste à terroriser à la population.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Des exactions ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Oui au vu et au su de la population. On fusille publiquement et on expose les cadavres. Le but étant de dissuader les candidats qui seraient tentés de rejoindre les maquis. Et cette action psychologique peut être aussi beaucoup plus subtile. Et ce sera l’objectif des futures SAS, les Sections Administratives Spécialisées. Le militaire se transforme en assistant social, en infirmier ou en instituteur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Il vient en aide aux populations.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : C’est ça. Tout cela est très ambigu car il est difficile de mener de front répression et pacification.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : C’est en effet un peu contradictoire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Et la répression ne peut que nuire aux efforts de la pacification. Et pourtant, dieu sait que cette potion magique, l’action psychologique, fera se rengorger tous les officiers qui vont être renvoyés en Algérie. On enseignera même les méthodes de l’action psychologique à l’école de guerre. Mais il me semble à moi qui ne suis ni grand stratège ni un habile tacticien que la partie était perdue d’avance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Pourquoi ? Parce que la décolonisation était en marche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Et même l’action psychologique prônée par nos capitaines et nos colonels ne pouvaient entraver cette évolution. Tout au plus, pouvait elle la retarder. Il reste quand même mais on va en reparler un peu plus loin, un certain de nombres de méthodes inventées par ces militaires français vont faire école.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Oui dans des contextes différents.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : C’est exact. Mais pour être tout à fait exhaustif, il me faut aussi vous dire que la guerre révolutionnaire…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Attendez guerre contre-révolutionnaire !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Oui. Donc cette guerre moderne, pour reprendre l’expression de Trinquier, prévoit aussi d’autres actions : l’implantation de zones de résistance ce qu’on appellera les hameaux stratégiques où l’on regroupe des villageois pour mieux les surveiller et où on les rééduque politiquement pour les pousser à se battre contre le Vietminh.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : On fabrique des harkis au fond…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Et il y a des actions armées qui empruntent aux méthodes des Services Action : sabotage, coups de mains contre les chefs Vietminh, etc. Et d’ailleurs c’est souvent le célèbre 11ème Choc qui sera à l’œuvre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Le 11ème Choc, c’est le bras armé du SDECE (Service de documentation extérieure et de contre-espionnage, ancêtre de la DGSE).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : … qui il faut le rappeler a été créé par Aussaresses. Aussaresses qu’on va retrouver naturellement en Indochine. Toutefois, je reviens à nos militaires. Pour beaucoup d’entre eux, la défaite de 1954 est un vrai coup de massue. Non seulement notre empire colonial s’effondre, morceau après morceau, mais c’est aussi la victoire du communisme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Le communisme qui menace maintenant l’occident chrétien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Et tous ces officiers qui pour la plupart vont être envoyés en Algérie, sont littéralement malades de l’Indochine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Et il faut aussi rappeler l’humiliation de Suez.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : En 1956, ils vont être frustrés d’une victoire annoncée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Ils ont donc une grande envie de prendre leur revanche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Certainement. J’ajoute quand même qu’avant de quitter l’Indochine certains d’entre eux ont déjà expérimenté les méthodes de contre-guérilla qu’ils vont désormais expérimenter en Algérie, et en particulier l’usage de la torture. Là bas aussi on a utilisé la fameuse gégène pour faire parler les prisonniers récalcitrants.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : La gégène car il s’agit d’une génératrice d’électricité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Et qui permettait de faire fonctionner les téléphones de campagne&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Une sorte de manivelle…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Pour être tout à fait honnête, il faut dire que les militaires n’ont pas été les premiers à utiliser la torture contre ceux qu’on appelait les indigènes. Dès 1936 le gouverneur général de l’Algérie qui était alors le radical socialiste, Maurice Viollette, fait état de cas de torture.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Qui torturait alors ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Les services de police. Et en 1949, un autre gouverneur, Marcel-Edmond Naegelen, devra même pondre une circulaire interdisant cette pratique dans les commissariats.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Ça veut dire que c’était assez courant…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Il me semble. Et au début des années 50, on enregistra plus de 80 plaintes de nord africains affirmant avoir été torturés par la police. Il faut, ça n’excuse rien bien sûr, que depuis les évènements de Sétif en 1945, les nationaliste algériens ne cessaient de manifester, de revendiquer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Avant même la Toussaint 54.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Oui et le climat devenait de plus en plus tendu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : En tout cas, ce que je retiens, les militaires n’ont pas été les premiers à utiliser la torture en Algérie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : C’est tout à fait exact. Il y avait une sorte de « tradition » si je puis dire. Quoiqu’il en soit, les officiers qui ont combattu en Indochine, annoncent clairement leur intention d’appliquer en Algérie les méthodes révolutionnaires que les Trinquier et autre Lacheroy ont théorisé. Mais cette fois-ci, contrairement à ce qui s’est passé en Indochine, ils ont l’oreille de leurs supérieurs. Les plus hauts gradés tel le général Salan les soutiennent. Et dès 1955 à l’est d’Oran, on crée le centre d’instruction de la pacification et de la contre guérilla.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : C’est une école d’action psychologique ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Exactement ça. Et on y voit passer non seulement les officiers et sous-officiers nommés en Algérie mais aussi des militaires étrangers qui viennent s’initier aux méthodes françaises… à l’innovation comme on dit alors très hypocritement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Pourquoi hypocritement ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Parce qu’il s’agit ni plus ni moins de dissimuler des pratiques qui sont toutes condamnées par les conventions de Genève, la torture bien sûr, mais aussi les déplacements forcés des populations et les exécutions sommaires. Ainsi pour éviter de prononcer le mot torture dans la recherche du renseignement, on parle de méthodes de coercition.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Un euphémisme... ça veut dire la même chose&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Et nos militaires de se trouver des excuses. Cette guerre, ils veulent bien sûr parler de l’Algérie, leur est imposée. Par conséquent, ils doivent riposter et ils y sont obligés. Et tant pis s’ils se trouvent amenés à utiliser des techniques que la moral et la civilisation occidentale réprouvent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(à suivre...)&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/453588291539763311-995645886159561714?l=xtribute.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/453588291539763311/posts/default/995645886159561714'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/453588291539763311/posts/default/995645886159561714'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://xtribute.blogspot.com/2009/02/la-bataille-dalger-1ere-partie-emission_26.html' title='La bataille d&apos;Alger (1ère partie) - Emission du 17/03/07 - Episode 3'/><author><name>dr frankNfurter</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14355900384310595377</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_J0zObH4oN_c/TUFwgWx1F-I/AAAAAAAACBY/M8M8tFse2_s/s220/RHCS-Nanarotron.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-453588291539763311.post-2438341353966196525</id><published>2009-02-23T07:24:00.001+01:00</published><updated>2009-02-23T07:24:00.705+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Afrique'/><title type='text'>La bataille d'Alger (1ère partie) - Emission du 17/03/07 - Episode 2</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Monsieur X : Exactement. Mais il ne faut pas trop s’étonner. Ce sont des militaires français qui ont inventé la guerre contre-révolutionnaire ou guerre antisubversive et qu’ils l’ont en quelque sorte codifiée. Des français qui a t’on estimé à l’étranger, on fait preuve d’une redoutable efficacité  lors de la Bataille d’Alger. Par conséquent, ceux sont devenus de précieux experts. Et de nombreux pays ont demandé à bénéficier de leur lumière.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Patrick Pesnot : Ces dictatures d’Amérique du sud que vous parliez ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Pas seulement. Les Etats-Unis confrontés à la guérilla du vietcong et un peu désemparés il faut le dire, on fait appel à leur service. Et c’est ainsi que des instructeurs, comme le trop célèbre général Aussaresses, ont traversé l’Atlantique pour former leurs collègues étatsuniens. Et ces pédagogues très spéciaux n’y sont pas allés les mains vides, dans leurs bagages ils avaient une copie de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;La bataille d’Alger&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Une copie volée j’imagine ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Bien évidemment. Je me souviens avoir vu à la télévision une interview du général Aussaresses qui disait le plus grand bien du film de Pontecorvo.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Avouez que c’est quand même très étonnant cette récupération.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Je suis d’accord avec vous. Alors venons-en à la jeunesse de tout cela.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Une dernière question sur ce sujet là. Ces militaires qui sont venus instruire leurs collègues étrangers l’ont-ils fait avec l’accord des autorités militaires françaises.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Bien sûr. Et ça a commencé très tôt cette coopération. Avant même la fin de la guerre d’Algérie, des délégués argentins sont venus se familiariser avec les méthodes de nos spécialistes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Où ? En France ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Non, en Algérie même. Il a donc bien fallu qu’ils soient autorisés par nos gouvernements. Et plus tard quand Aussaresses pour ne citer que lui a été envoyé à Fort Bragg (quartier général de l'US Army Special Operations Command) aux Etats-Unis, c’est avec le plein accord du ministre de la Défense, Pierre Mesmer, mais bien sûr on a demandé à tous ces coopérants d’un type très spécial de se montrer relativement discret.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : On risquait le scandale…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Evidemment. Il aurait été désastreux d’apprendre que sous le septennat de Valéry Giscard d’Estaing des instructeurs français collaboraient avec des tortionnaires de la gente argentine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Alors même qu’on condamnait officiellement ce régime dictatorial.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Et que certains de nos compatriotes ont été victimes des bourreaux de Buenos Aires… Pour bien comprendre tout cela, il faut remonter assez loin en arrière, à l’époque de notre guerre d’Indochine si je puis dire… Là bas, malgré l’éloignement, l’armée française dispose d’une incontestable supériorité technique en arme et matériel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : En partie grâce aux Etats-Unis qui ne vont pas lésiner à nous envoyer des quantités de véhicules, de blindés et de canons…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Et des hélicoptères. Washington après avoir un temps flirté avec les nationalistes du Vietminh va en effet se rendre compte que se joue en Indochine une partie importante de la lutte contre le communisme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Et pour les américains, du moins dans un premier temps, la France défends le monde libre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : C’est aussi simple que ça. Et quand notre pays devra partir, et bien les Etats-Unis nous remplaceront aussitôt.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Pour empêcher que d’autres dominos du sud-est ne tombent à leur tour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Bien entendu. Sur le plan de l’équipement, nos troupes étaient bien supérieures aux misérables bandes armées du Vietminh. C’était en tout cas évident sur le papier, et pourtant nous n’arrivions pas à vaincre et à éradiquer la rébellion. Pire, la propagande ennemie était si efficace qu’elle permettait de gagner la sympathie d’un nombre toujours plus important d’indigènes, comme on disait encore à l’époque.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Alors que certains chefs militaires commençaient à se poser des questions, c’est bien ça ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Oui, pas au sommet de la hiérarchie où on continuait à se battre comme on l’avait appris à l’école de guerre et comme on l’avait toujours fait… Non, plutôt parmi les capitaines et leurs supérieurs directs, lieutenants-colonels ou même colonels, des types il faut le noter ont été souvent des résistants, certains d’entre eux ayant été déportés par les nazis. Et ces jeunes officiers ont commencé à faire une observation toute simple.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Quoi ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Les troupes françaises parviennent à contrôler tant bien que mal la situation… mais dès que la nuit tombe (et tombe très tôt en Indochine), c’est le Vietminh qui prends la main. Il installe ses pièges, harcelle les camps isolés, tends des embuscades, oblige les commerçants des villes à donner leur obole. En outre, les Viets, comme disent les soldats, circulent comme ils le veulent, parce qu’ils connaissent le terrain, parce qu’ils sont chez eux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Je vois où vous voulez en venir, la théorie de Mao Zedong : «ils sont comme des poissons dans l’eau ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Et oui, l’eau étant la population. Alors effectivement, ces officiers français vont se précipiter sur le petit livre rouge. Et la lecture du pape de la révolution chinoise va bouleverser ce qu’ils croyaient savoir sur l’art de la guerre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;___________________________________________________________________________&lt;span style="font-style: italic;"&gt;_________________________&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Monique Robin, journaliste et documentariste, a écrit un ouvrage indispensable sur ce qu’elle a appelé « l’école française des escadrons de la mort ». Elle a interviewé l’un des ces officiers qui ont découvert en Indochine une nouvelle façon de faire la guerre, Charles Lacheroy. Elle raconte cet entretien : « Aujourd’hui encore Charles Lacheroy est intarissable sur le rôle de la nuit dans ce type de guerre. Manifestement, c’est un point clé qu’il n’a eu de cesse à transmettre aux milliers d’officiers qu’il a formé. Nous avons compris tardivement que pour gagner contre le Vietminh, il fallait être maître de la nuit, alors que nous étions habitués à nous coucher avec les poules. Heureusement en Algérie, nous n’avons pas commis la même erreur. Question : ça voulait dire quoi ? Et bien faire des patrouilles de nuit, comprenez quand vous arrivez à un point que vous ne pouvez pas aller pisser dehors sans que votre adversaire le sache, on en sort plus. En fait la clé de la nuit, c’est la population qui la tient. Ce que Mao appelait les arrières, fidèles aux enseignements, le Vietminh avait très bien compris qu’il fallait soigner les arrières avant de soigner la troupe. Evidemment, ce n’est pas comme cela que travaille une armée classique. Dans ces mots pointent un reproche à peine voilé, partagé par un certain nombre d’officiers, qui ont fait l’Indochine. Le sentiment que l’état major ne comprend rien à la guerre menée par le Vietminh et que faut de savoir innover, l’armée est condamnée à l’échec. Certains de ces contestataires sont précisément ceux qui innoveront le plus quelques années plus tard en Algérie au risque de perdre leur âme. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(à suivre...)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Livre&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Les escadrons de la mort, l’école française&lt;/span&gt; de Marie-Monique Robin&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Editeur &lt;/span&gt;: La Découverte&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Parution &lt;/span&gt;: 2004&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/453588291539763311-2438341353966196525?l=xtribute.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/453588291539763311/posts/default/2438341353966196525'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/453588291539763311/posts/default/2438341353966196525'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://xtribute.blogspot.com/2009/02/la-bataille-dalger-1ere-partie-emission_23.html' title='La bataille d&apos;Alger (1ère partie) - Emission du 17/03/07 - Episode 2'/><author><name>dr frankNfurter</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14355900384310595377</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_J0zObH4oN_c/TUFwgWx1F-I/AAAAAAAACBY/M8M8tFse2_s/s220/RHCS-Nanarotron.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-453588291539763311.post-7723925192572348118</id><published>2009-02-19T07:52:00.002+01:00</published><updated>2009-02-19T07:52:00.703+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Afrique'/><title type='text'>La bataille d'Alger (1ère partie) - Emission du 17/03/07 - Episode 1</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;La Bataille d’Alger ! Pourquoi l’a-t-on appelée ainsi alors même que cela n’a pas été une bataille au sens où l’on entend d’habitude ce mot, c’est à dire selon la définition du Petit Robert l’action de deux armées qui se combattent. Rien de cela dans la Bataille d’Alger ! Pas de front ni même d’affrontements directs. Des uniformes, oui, mais dans un seul camp. Et, puisqu’on nage en pleine hypocrisie, il n’est même pas question de guerre puisque, officiellement, il ne s’agit que de pacification.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et pourtant l’expression s’est peu à peu imposée. D’abord sur les ondes de Radio-Alger. Puis, c’est le chef des paras engagés sur le terrain, le général Massu, qui va parler de «bataille », même si plus tard il a avoué trouver le terme excessif. Mais après tout, pourquoi pas ? Car l’armée française a soif de batailles victorieuses. Humiliée en 1940, chassée d’Indochine, paralysée et contrainte à la retraite à Suez, elle veut, elle doit gagner. Et, incontestablement, elle vaincra à Alger. Mais à quel prix ! A tel point que pour la plupart des historiens, ce fut en réalité une victoire à la Pyrrhus !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’était donc en 1957. Il y a tout juste 50 ans. Un véritable tournant dans cette Guerre d’Algérie qui ne veut pas dire son nom. Pour la première fois en effet, avec la bénédiction des autorités civiles, l’armée dispose de tous les pouvoirs et lâche la bride à ses officiers qui rêvaient d’appliquer grandeur nature leurs théories de guerre révolutionnaire…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Monsieur X revient donc sur ces événements et des méthodes qui feront école jusque dans la lointaine Amérique du Sud…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Monsieur X : C’était il y a pas si longtemps, fin aout 2003 exactement. Donc quelques mois après l’intervention de la coalition en Iraq. Et ce jour là à Washington, le Pentagone fait du cinéma.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Patrick Pesnot : C'est-à-dire ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Des officiers de l’état-major et quelques civils sont invités à visionner un film dans un auditorium de ce bâtiment qui abrite les plus hautes autorités militaires des Etats-Unis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Et ce film ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : &lt;span style="font-style: italic;"&gt;La bataille d’Alger&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Le film de l’italien Gillo Pontecorvo&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Une œuvre de 196¬6, récompensée à Venise, mais longtemps interdite de projection en France. Et sur la carte d’invitation envoyée à ces officiers de l’état-major, on peut lire ceci, et ça mérite d’être intégralement cité : « Des enfants tirent sur des soldats à bout portant, des femmes mettent des bombes dans des cafés et bientôt toute la population arabe communie dans une ferveur folle ». Cela vous rappelle quelque chose ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Oui c’est une allusion assez directe à ce qui se passe aujourd’hui en Iraq.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : C’est évident. Et le texte d’invitation se poursuit ainsi : « Les français ont un plan. Ils obtiennent un succès tactique mais ils subissent un échec stratégique. Pour comprendre pourquoi, venez à cette projection rare ». J’ajoute que l’idée de cette projection revient à la direction des opérations spéciales et des conflits de faible intensité. Dans le jargon militaire, ça veut dire guérilla.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : … conflits de faible intensité… Cette direction militaire espère donc que les spectateurs en tireront des leçons ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : En effet. Et il faut dire, vous avez sans doute vu ce film…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Oui sur Arte. C’était à ma connaissance la première diffusion française sur une chaîne hertzienne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Vous savez donc que ce film a été tourné sur les lieux même de la Bataille d’Alger.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : La casbah ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Oui et il fait preuve d’un grand réalisme. A tel point que certains ont pu penser qu’il s’agissait d’un documentaire. En tout cas c’est une œuvre qui n’évite aucun aspect des plus barbares de la Bataille d’Alger.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : L’utilisation de la torture en particulier par les paras français.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Même si je ne veux pas m’attarder, il faut dire que le film de Pontecorvo a eu un curieux destin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Pourquoi ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Justement à cause de la vérité qu’il met en scène. Songez qu’à l’époque de la guerre du Vietnam…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : La guerre américaine ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Oui. Il a été projeté sur les campus étatsunien par les opposants à cette guerre. Plus tard, il a été utilisé comme une sorte de manuel filmé de guerre urbaine par certaines organisations extrémistes de gauche, les Blacks Panthers en particulier. Mais a contrario, cette réalisation, qui a eu pour but de dénoncer la sale guerre des français en Algérie, va servir aux zélateurs des méthodes contre-révolutionnaires.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Soyez plus précis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Les dictateurs sud-américains le projettent à leurs apprentis tortionnaires.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Pour leur apprendre à bien torturer ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Tout à fait. Et aussi pour leur enseigner les méthodes de répression des guérillas urbaines. Et c’est sans doute pour ces raisons que certaines unités spéciales israéliennes ont-elles aussi visionné le film de Pontecorvo. Et c’est d’autant plus étonnant que le producteur de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;La bataille d’Alger&lt;/span&gt; Yacef Saadi était lui-même un adversaire résolu des paras de Massu qui ont fini par le capturer en septembre 1957.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Et ni lui ni Pontecorvo n’entendaient faire l’apologie de la torture ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Bien sûr que non.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Leur film a donc été en partie détourné ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Sans doute parce qu’il était trop vrai.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Trop réaliste vous voulez dire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(à suivre...)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Vidéo&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;La Bataille d’Alger&lt;/span&gt; de Gillo Pontecorvo&lt;br /&gt;Lion d'or à la Mostra de Venise en 1966&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/453588291539763311-7723925192572348118?l=xtribute.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/453588291539763311/posts/default/7723925192572348118'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/453588291539763311/posts/default/7723925192572348118'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://xtribute.blogspot.com/2009/02/la-bataille-dalger-1ere-partie-emission.html' title='La bataille d&apos;Alger (1ère partie) - Emission du 17/03/07 - Episode 1'/><author><name>dr frankNfurter</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14355900384310595377</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_J0zObH4oN_c/TUFwgWx1F-I/AAAAAAAACBY/M8M8tFse2_s/s220/RHCS-Nanarotron.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-453588291539763311.post-7263368345635218309</id><published>2009-02-16T06:51:00.001+01:00</published><updated>2009-02-16T06:51:00.128+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Afrique'/><title type='text'>Idi Amin Dada - Emission du 31/03/2007 - Episode 6</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Monsieur X: Dans les fourgons de l’armée tanzanienne se trouve les opposants ougandais…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Patrick Pesnot : Oui, Museveni.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Mais il y a aussi Oboté, le président renversé par Amin Dada. Oboté qui se fera élire à l’occasion d’élections truquées. Autant dire que l’Ouganda n’est pas prêt à connaitre la paix civile. Museveni va rapidement faire sécession, passer dans la clandestinité et constituer un maquis qui mènera la vie dure à l’armée ougandaise. Suivent quelques années où l’Ouganda est plongé dans de terribles guerres ethniques qui causent des centaines de milliers de victimes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Oui mais Museveni va finir par gagner…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Oui en janvier 1986, il entre victorieux dans Kampala. Ce n’est pas encore la paix, loin de là. Ils existent toujours de nombreuses milices qui sèment la terreur dans les régions qu’elles contrôlent. Et puis on va apparaître ses sectes millénaristes qui ne sont toujours pas vaincues aujourd’hui et essaient de semer le désordre dans les pays voisins, au Soudan, et depuis peu même en Centrafrique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Mais en dehors de ces violences qui perdurent, est ce que Museveni réussit à redresser son pays ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Incontestablement. Certes, ce n’est pas un tendre, il n’hésite pas à utiliser la force et à réprimer, peut-être même se sert il de ces violences pour conserver le pouvoir et accentuer la militarisation de l’Ouganda. Mais c’est vrai, depuis l’arrivée de Museveni le pays a connu un grand bond en avant. Et au fond, ça n’est pas très étonnant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Pourquoi alors ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Museveni, l’ancien marxiste, a renié ses convictions et fait allégeance à l’occident et surtout aux Etats-Unis. Parce que le président ougandais a compris que son pays occupait désormais une place privilégié dans la lutte mondiale qui s’est engagée…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : La guerre contre les islamistes ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Bien sûr. Et l’Ouganda lui doit en partie sa nouvelle prospérité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;___________________________________________________________________________&lt;span style="font-style: italic;"&gt;_________________________&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Pour terminer une scène vécue qui résume assez clairement ce qu’était le règne d’Idi Amin Dada. Je l’ai trouvé dans un ouvrage, Ebène, aventures africaines, du grand journaliste polonais récemment disparu Ryszard Kapuscinski, je cite : « Un jour j’errais dans le marché de Kampala, c’était la disette. Les rues étaient mortes. Les magasins qu’Amin avaient auparavant confisqués aux hindous sentaient le renfermé ou étaient condamnés avec une planche de contreplaqué, une taule. Une bande de gosses a déboulé d’une rue en provenance du lac en criant « samaki samaki », ce qui veut dire en swahili du poisson. Aussitôt les gens se sont rassemblés fous de joie d’avoir quelque chose à se mettre sous la dent. Les pêcheurs ont jeté leur proie sur une table et lorsque les gens l’ont vu, ils se sont tus et se sont figés. Le poisson était énorme et gras. Le lac n’avait jamais hébergé des espèces aussi gigantesques. Or tout le monde savait que les sbires d’Amin jetaient dans les eaux du lac les corps de leurs victimes et que les crocodiles et les poissons carnivores s’en nourrissaient. Autour de la table régnait un silence de mort lorsque tout à fait par hasard un camion militaire est passé par là. Ayant aperçu l’attroupement et le poisson sur la table, les soldats se sont arrêtés, se sont consultés puis on fait marche arrière jusqu’à la table, ont sauté à terre et ont ouvert le hayon. Nous, qui nous tenions tout prêt du camion, nous avons vu sur le plancher de la plateforme le cadavre d’un homme. Nous les avons vu traîner le poisson jusqu’à la plateforme et lancé sur la table un corps sans chaussure. Puis ils sont repartis. Nous avons entendu leur rire grossier, fou.»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Livre&lt;/span&gt;:&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Ebène, aventures africaines&lt;/span&gt; par Ryszard Kapuscinski&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Editeur&lt;/span&gt; : Plon&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Parution&lt;/span&gt; : 2000&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/453588291539763311-7263368345635218309?l=xtribute.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/453588291539763311/posts/default/7263368345635218309'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/453588291539763311/posts/default/7263368345635218309'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://xtribute.blogspot.com/2009/02/idi-amin-dada-emission-du-31032007_16.html' title='Idi Amin Dada - Emission du 31/03/2007 - Episode 6'/><author><name>dr frankNfurter</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14355900384310595377</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_J0zObH4oN_c/TUFwgWx1F-I/AAAAAAAACBY/M8M8tFse2_s/s220/RHCS-Nanarotron.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-453588291539763311.post-2395114132230416058</id><published>2009-02-12T06:48:00.001+01:00</published><updated>2009-02-12T06:48:00.335+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Afrique'/><title type='text'>Idi Amin Dada - Emission du 31/03/2007 - Episode 5</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Monsieur X: Sur un coup de tête nationaliste, il lance ce qu’il appelle "la guerre économique" qui consiste à expulser toute la population indienne installée dans le pays.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Patrick Pesnot : Des gens arrivés en Ouganda sans doute à l’époque de la colonisation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Et beaucoup d’entre eux possèdent d’ailleurs des passeports britanniques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Et pourquoi, en dehors de l’aspect stupidement chauviniste de cette mesure, ça va aboutir à une catastrophe ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Parce que ces dizaines de milliers d’indiens forment une population industrieuse pour laquelle repose 90% de l’économie ougandaise. Et d’un jour à l’autre, tout cela s’écroule : le commerce, l’import-export, certaines activités agricoles, etc.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Que lui est il passé par la tête ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Amin Dada a affirmé que c’était Dieu qui le lui avait ordonné. En réalité, il a voulu avec cette opération s’accaparer les richesses de ces indiens. La preuve c’est qu’en dialecte swahili on a utilisé une expression qui veut dire  « plein de frics » pour qualifier cette opération d’expulsion. Mais en même temps, il s’est donné à bon compte une réputation d’anti-impérialisme parce que pour lui, et une partie de la bourgeoisie ougandaise, ces indiens n’étaient que des suppôts de la Grande-Bretagne, des britanniques un peu foncés…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : La communauté internationale ne réagit pas ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Non, et Idi Amin Dada continue de manger à tous les râteliers. Les occidentaux ne lui imposent aucune sanction, et les pays arabes ravis de lui voir adopter une politique pro-islamique de plus en plus affirmée, l’abreuve de subsides tandis que l’URSS lui apporte une aide militaire directe, ce qui lui permet de gonfler encore un peu plus les effectifs de son armée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Et les autres pays africains ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : A part son voisin tanzanien qui lui fait mauvaise figure, les autres ne voient rien à lui reprocher. Ils acceptent même que se tiennent à Kampala la conférence annuelle de l’OUA, l’organisation de l’unité africaine, un privilège qui lui avait été refusé lorsqu’il était le bon élève de l’occident. Pourtant, c’est dans ce même pays que la répression des opposants était chaque jour plus féroce. Une anecdote, mais elle est révélatrice. Lorsque Kampala était privé d’électricité, on disait que c’étaient les cadavres d’opposants jetés dans le Nil qui obstruaient les turbines. Les crocodiles gavés n’avaient même plus la force de dévorer cette chaire humaine qui leur était offerte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Vous exagérez non ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : A peine… Il faut savoir qu’une des épouses du dictateur, coupable de l’avoir trompé, sera retrouvée proprement démembrée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Mais ne se trouvait il pas une opposition capable de mettre un terme à ces crimes ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Elle existait, puisqu’Amin Dada aurait été victime d’une vingtaine de tentative d’assassinat. Mais c’est à l’étranger, en Tanzanie, que c’étaient installés ses adversaires les plus résolus dont un jeune homme entreprenant, dont on va reparler, un jeune militant marxiste, Yoweri Museveni.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : L’homme qui est aujourd’hui au pouvoir en Ouganda.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Mais voyez vous, le principal ennemi d’Amin Dada c’était lui-même. Parce qu’il était certain qu’un jour où l’autre sa mégalomanie le pousserait à commettre des fautes qui le pousserait à sa perte. Et ça commence dès 1976 avec la désastreuse affaire d’Entebbe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Le détournement d’un avion d’Air France par un commando de palestiniens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Amin Dada accepte que l’avion se pose sur l’aéroport d’Entebbe. Il accepte aussi que les ravisseurs qu’il traite en héros fassent un tri entre les passagers juifs et les autres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Ces derniers étant libérés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Il y a ensuite l’intervention audacieuse d’un commando israélien qui libéra les otages et reprendra l’air sans avoir détruit une partie de l’aviation ougandaise. Pour le dictateur c’est un véritable désastre, une humiliation considérable. Il se vengera d’ailleurs sur une passagère juive qu’il fera assassiner… Deuxième grossière erreur, en 1978, sans doute pour donner du grain à moudre à une armée qui commence à grogner, il lance ses troupes contre son voisin tanzanien qu’il entend annexer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : C’est un nouvel échec…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Et un échec fatal, car trois mois plus tard, le président tanzanien Julius Nyerere se venge en envahissant l’Ouganda avec une armée de près de 100 000 hommes. Pour le Tanzanien, il n’est pas question de conquête, il veut simplement du fasciste noir, comme il l’appelle. Et effectivement, Idi Amin Dada va être obligé de fuir d’abord chez son ami Kadhafi, puis en Arabie Saoudite où il finira douillettement sa vie en 2003.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Sans jamais avoir dû rendre des comptes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Telle est en effet la vérité, mais je reviens un peu en arrière si vous le voulez bien...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(à suivre...)&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/453588291539763311-2395114132230416058?l=xtribute.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/453588291539763311/posts/default/2395114132230416058'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/453588291539763311/posts/default/2395114132230416058'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://xtribute.blogspot.com/2009/02/idi-amin-dada-emission-du-31032007_12.html' title='Idi Amin Dada - Emission du 31/03/2007 - Episode 5'/><author><name>dr frankNfurter</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14355900384310595377</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_J0zObH4oN_c/TUFwgWx1F-I/AAAAAAAACBY/M8M8tFse2_s/s220/RHCS-Nanarotron.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-453588291539763311.post-3993596283284821932</id><published>2009-02-09T07:43:00.001+01:00</published><updated>2009-02-09T07:43:00.742+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Afrique'/><title type='text'>Idi Amin Dada - Emission du 31/03/2007 - Episode 4</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Gérard Prunier, spécialiste de l’est africain, a coordonné l’écriture d’un ouvrage collectif sur l’Ouganda paru aux éditions Karthala. Et il conforte la thèse de monsieur X. Il observe d’abord que dans les premiers temps, Idi Amin Dada est le bon élève de l’occident. Sur le plan de la politique étrangère, il allait presque trop loin dans son désir en revenant sur la politique obotiste. Il s’était rendu en visite d’état en Israël peu après le putsch, promettant d’ouvrir une ambassade à Tel Aviv. Il avait fait le tour des capitales occidentales, et avait annoncé son désir de dialoguer avec l’Afrique du Sud, expliquant qu’il n’était désormais plus question de quitter le Commonwealth à propos des ventes d’armes britanniques à Pretoria. Mais peu à peu, écrit encore Prunier, la question de la violence se posait avec de plus en plus d’insistance. De fait, celle-ci avait commencé dès le coup d’état, avec l’assassinat d’un certain nombre d’officiers, de politiciens fidèles à Oboté. Les ambassades occidentales arguèrent qu’il s’agissait d’une répression regrettable mais liée au changement de régime, et ce malgré l’assassinat de journalistes américains en juillet 1971 alors qu’ils tentaient d’éclaircir des rumeurs de massacres dans une caserne. Par contre, les massacres, qui se déroulèrent en juin juillet 1971 et à nouveau en février 1972, ne pouvaient passer que pour la liquidation de sang-froid des éléments Langis et Acholis de l’armée. Les puissances occidentales refusèrent de s’en inquiéter. Il allait falloir le renversement complet de la politique étrangère du nouveau dictateur pour que son comportement « domestique » soit soudainement perçu d’une tout autre manière…&lt;br /&gt;___________________________________________________________________________&lt;span style="font-style: italic;"&gt;_________________________&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Monsieur X : En fait je suis persuadé qu’Idi Amin Dada n’avait aucune conviction politique. Mais il allait là où le vent le portait, il épousait la cause de celui qui lui donnait des subsides ou le procurait des armes. Or depuis quelques temps, les israéliens ouvraient moins facilement les cordons de leur bourse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Patrick Pesnot : Ceux dont a profité immédiatement le colonel Kadhafi…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : C’est ça. Idi Amin Dada invité à Tripoli est reçu comme un héros. Et Kadhafi lui promet une aide substantielle. Il n’en faut pas beaucoup plus pour que le dictateur ougandais tourne casaque. En un tour de main, Amin Dada oublie son alliance traditionnelle avec Israël et va même chasser tous les israéliens en Ouganda. Ce brusque changement politique s’accompagne bien sûr de déclarations incendiaires contre le sionisme, voire carrément antisémite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Et pro-palestiniennes ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Forcément.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Et si je me souviens bien du film de Barbet Schroëder, il a filmé une scène de manœuvre militaire, une répétition assez ridicule de ce qui aurait dû être la reconquête du plateau du Golan par l’armée Ougandaise.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Oui je me souviens aussi. Amin Dada avait promis aux syriens de les aider à chasser Tsahal du plateau du Golan.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Alors étais ce du délire ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Difficile à dire avec Amin Dada, car si l’homme est incontestablement paranoïaque, il était aussi particulièrement rusé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Alors il se moquait du monde comme on dit familièrement ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Pourquoi pas ? Mais après coup, on rit jaune, surtout quand on le voit parler avec affection de ses chers crocodiles…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Des animaux très bien nourris…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Malheureusement oui. Mais je suis sûr qu’on a beaucoup exagéré. Par exemple, on a prétendu qu’il était cannibale sans aucune preuve. Et je vous rappelle que Bokassa aussi était victime de ce genre de rumeur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Oui les cadavres d’enfants prétendument trouvés dans des congélateurs de son palais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Oui, il fallait alors justifier l’action de nos paras qui l’ont chassé du pouvoir. Mais c’est une vieille histoire, les romains n’ont-ils pas accusé les carthaginois de procéder à des sacrifices humains. Ceux dont les historiens d’aujourd’hui doutent fortement. Mais je m’éloigne un peu…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Oui beaucoup là…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Tout de suite après la rupture avec Israël, Amin Dada prend une funeste décision qui va ruiner l’économie ougandaise...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(à suivre...)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Livre&lt;/span&gt;:&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;L'Ouganda contemporain&lt;/span&gt; sous la direction de Gérard Prunier et Bernard Calas&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Editeur&lt;/span&gt; : Karthala - IFRA&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Parution&lt;/span&gt; : 1994&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/453588291539763311-3993596283284821932?l=xtribute.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/453588291539763311/posts/default/3993596283284821932'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/453588291539763311/posts/default/3993596283284821932'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://xtribute.blogspot.com/2009/02/idi-amin-dada-emission-du-31032007_09.html' title='Idi Amin Dada - Emission du 31/03/2007 - Episode 4'/><author><name>dr frankNfurter</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14355900384310595377</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_J0zObH4oN_c/TUFwgWx1F-I/AAAAAAAACBY/M8M8tFse2_s/s220/RHCS-Nanarotron.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-453588291539763311.post-4822513114759405233</id><published>2009-02-05T07:24:00.001+01:00</published><updated>2009-02-05T07:24:00.298+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Afrique'/><title type='text'>Idi Amin Dada - Emission du 31/03/2007 - Episode 3</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Patrick Pesnot : Donc si je vous ai bien compris, en Israël, on pense très sérieusement à aider Idi Amin Dada ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Monsieur X : Oui à tout faire pour qu’il succède à Oboté… sans toute fois rompre définitivement avec ce dernier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Alors c’est le double jeu…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Evidemment.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Pourtant Amin Dada est musulman ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Certes, mais au cours de son entraînement en Israël, il n’a donné aucun signe d’hostilité, au contraire…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Et est-ce que Milton Oboté a pris conscience du danger que représentait pour lui Amin Dada ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : C’est certain. Et il se méfie d’autant plus qu’en 1969, il échappe à une première tentative d’assassinat.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Commanditée par Amin Dada ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Ecoutez ça je ne sais pas mais ce dernier se comporte exactement comme s’il avait été coupable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : C'est-à-dire ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Dès qu’il entend que cette tentative a échoué, il fuit et il se cache.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Comme s’il s’attendait à être arrêté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Oui enfin ça y ressemble.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : … pas tout à fait la conscience tranquille…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : C’est ce qui vient tout de suite à l’esprit. Mais il dira plus tard que s’il a fuit c’est qu’il craignait lui même d’être tué. Une version qui ne convint guère… Et le numéro 2 de l’armée n’hésite pas à l’accuser de complot… pour son malheur, car quelques jours plus tard, il est assassiné à son domicile.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Liquidé par Amin Dada ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : C’est probable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Et comment réagit Oboté ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Il n’ose pas s’attaquer directement au chef d’état major de son armée. Mais il se débrouille pour renforcer le poids de sa propre ethnie au sein de cette armée. Et surtout, il demande à Israël de l’aider à former une garde présidentielle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Pour assurer sa sécurité. Mais en même m’avez-vous dit Israël mise sur la carte Idi Amin Dada.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : La position d’Oboté devient donc de plus en plus fragile. En septembre 1970, il est victime d’une deuxième tentative d’assassinat et cherche à éloigner par tous les moyens Amin Dada en lui suggérant d’aller par exemple faire un pèlerinage à la Mecque.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Et ce dernier suit ce conseil ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Oui enfin il ne tarde pas à revenir dans son pays. Oboté est furieux, il est bien décidé à régler au plus tôt le cas Amin Dada.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Oui mais comment ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : En le faisant arrêter, vraisemblablement assassiné, mais Oboté commet alors une erreur fatale. Au début 1971, il se rend à Singapour pour participer à une conférence du Commonwealth.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Et Idi Amin Dada va profiter de son absence ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : D’autant plus qu’il n’ignore pas les menaces qui pèsent sur lui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Et il s’empare du pouvoir donc ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Le plus tranquillement du monde et dans la liesse, tellement la population ne supportait plus la dictature mise peu à peu en place par Oboté. Et le premier geste d’Amin Dada, nouveau numéro un de l’Ouganda, est justement de libérer les prisonniers politiques. En même temps, comme tous les militaires qui s’emparent du pouvoir, il promet la tenue d’élection.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : … et à l’étranger, quels sont les commentaires ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Ils sont en général favorables. Big Daddy comme on le surnomme dans la presse anglo-saxonne bénéficie tout de suite d’un préjugé favorable. Il faut dire que dans son pays même, Amin Dada est très populaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Malgré les exactions auquel il s’est livré lors des répressions ethniques&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Oui, aussi étonnant que ça paraisse car personne n’a oublié que ce colosse a aussi été un champion de boxe… mais le vernis ne va pas tarder à s’écailler malgré ces premiers préjugés favorables, on va découvrir qui est véritablement Idi Amin Dada. D’abord, pas moins vaniteux que l’homme qu’il a chassé, qui s’est réfugié en Tanzanie, il s’autopromu général puis un peu plus tard, maréchal… et président à vie. En outre, il se décerne des médailles pour des victoires militaires fictives. Et plus sérieusement, il fait assassiner les officiers qui étaient proche de Milton Oboté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Des purges ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Oui et elles sont nombreuses… dans l’armée, où il éliminera systématiquement ses ennemis ethniques et aussi dans le monde politique, il ne fait pas bon de lui résister ou même soupçonné de lui être hostile.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Mais alors, qui était il vraiment ? Le bouffon sanguinaire qu’on a voulu présenter qui jetait ses opposants aux crocodiles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Ecoutez je ne vais pas défendre la mémoire d’Amin Dada qui a fait périr des milliers de ses concitoyens et peut-être des dizaines de milliers, mais je crois aussi que chez nous en occident on a sciemment caricaturé le président ougandais. D’abord à cause d’un sentiment de culpabilité, se sont les puissances occidentales et Israël qui lui ont permis d’accéder au pouvoir. Et puis ensuite, il ne faut pas se voiler la face, il y avait aussi l’expression d’un racisme diffus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Vous voulez dire qu’en faisant d’Idi main Dada un personnage grotesque, on se moquait de tous les dirigeants africains ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Et des africains en général. Ces grands enfants qui deviennent des monstres dès qu’ils ont une machette à la main. Or il faut toujours avoir à l’esprit qu’Amin Dada est d’abord une créature de l’armée britannique. C’est dans les rangs du King’s African Rifles qu’on lui a appris à tuer. Et puis n’oublions pas qu’à l’ouest on a longtemps préféré ne pas savoir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Les violences, la tyrannie ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : En effet. Même en France. Un seul exemple, vous avez certainement vu le documentaire du cinéaste Barbet Schroëder.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Un autoportrait d’Idi Amin Dada&lt;/span&gt; pour reprendre le titre du film.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Et en même temps, une charge terrible contre le dictateur. Dans la version originale, le cinéaste avait inséré des scènes de tueries. Et bien en France, ces images ont été supprimées lors de la diffusion en salle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Par qui ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Et bien par les autorités françaises à la demande d’Amin Dada.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : On a donc voulu lui faire plaisir ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Or à Londres le film a été montré sans aucune coupure. Autre observation, si à l’ouest, Idi Amin Dada était présenté comme un monstre…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Ce qu’il était quand même…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Je vous l’accorde, mais en Afrique et dans les pays arabes, après sa rupture avec Israël, il est devenu un champion des causes du Tiers Monde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Et on a passé sous silence ses exactions ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : C’est la vérité. Et comment ne pas comprendre. Lorsqu’il organise une quête en Ouganda pour les britanniques en proie à des difficultés économiques ou encore lorsqu’il se fait transporter en chaise, porté par quatre diplomates blancs, toute l’Afrique s’esclaffe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : C’est la revanche du colonisé sur le colonisateur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : C’est évident. Et d’une certaine façon, il exprime la fierté africaine. Et tenez, je vais aller encore plus loin. Pourquoi après avoir longtemps pris soin de ne pas critiquer le dirigeant ougandais, ni même de le contrarier, les puissances occidentales vont soudain l’accuser des pires infamies, que je ne nie pas encore une fois… Et bien le changement d’attitude intervient après qu’Idi Amin Dada ait noué des relations très cordiales avec le colonel Kadhafi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Et ça c’est pire que de massacrer ses concitoyens ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : C’est la stricte vérité. A partir de ce moment, Amin Dada devient un clown sanguinaire, un bourreau infréquentable, qu’il faudra tôt au tard se débarrasser…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(à suivre...)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Vidéo&lt;/span&gt;:&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Général Amin Dada, autoportrait&lt;/span&gt;, documentaire de Barbet Schroëder&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Editeur&lt;/span&gt; : Carlotta Films&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/453588291539763311-4822513114759405233?l=xtribute.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/453588291539763311/posts/default/4822513114759405233'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/453588291539763311/posts/default/4822513114759405233'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://xtribute.blogspot.com/2009/02/idi-amin-dada-emission-du-31032007_05.html' title='Idi Amin Dada - Emission du 31/03/2007 - Episode 3'/><author><name>dr frankNfurter</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14355900384310595377</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_J0zObH4oN_c/TUFwgWx1F-I/AAAAAAAACBY/M8M8tFse2_s/s220/RHCS-Nanarotron.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-453588291539763311.post-1926946513343230018</id><published>2009-02-02T07:20:00.000+01:00</published><updated>2009-02-02T07:20:01.089+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Afrique'/><title type='text'>Idi Amin Dada - Emission du 31/03/2007 - Episode 2</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Patrick Pesnot : Alors un mot, qui est ce Milton Oboté ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Monsieur X : C’est un instituteur d’origine du nord qui a créé l’UPC, c'est-à-dire l’Union du peuple ougandais. Un type qui ne tardera pas à montrer son véritable caractère : vaniteux, sans scrupule, il tournera vite au dictateur. Mais dès 1964, il doit affronter sa première épreuve importante. Ses militaires, comme leurs homologues de Tanzanie et du Kenya, se révoltent. Dans ces deux derniers pays, les dirigeants en place font appel à l’ancien colonisateur pour rétablir l’ordre, mais pas Oboté. Lui, il préfère donner satisfaction aux militaires qui lui demandent essentiellement une augmentation de leur solde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Et ça suffit pour les calmer ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Oui, mais ceci a une grave conséquence. En cédant aussi facilement, il devient dépendant de l’armée. Une armée qui est de plus en plus exigeante et dont les effectifs vont aller grossissant. En 1964, elle ne comptait que 2 000 hommes. Six ans plus tard, il y aura quatre fois plus de militaires, et c’est le début d’une militarisation qui ne s’arrêtera plus puisque, aujourd’hui, l’armée ougandaise est forte de 100 000 hommes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Et Oboté, dictateur en herbe, vous avez dit, s’appuie donc sur l’armée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Et sur un certain Idi Amin Dada, un musulman du nord qui de simple sergent va devenir colonel et bientôt chef d’état major.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Le patron de l’armée…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Effectivement. Et c’est lui qui est à l’origine de cette intense campagne. Un recrutement qui se fait en priorité dans les ethnies du nord, bien sûr au détriment de celles du sud et du centre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Chez lui donc. L’armée est donc nordiste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Essentiellement oui. Et comme avant l’indépendance, elle est chargée de réprimer et de mettre au pas les opposants. Un seul exemple. En 1966, Oboté fomente un coup d’état, chassant le roi du Bouganda qui va aller mourir à Londres. En même temps, cet apprenti dictateur s’octroie le titre de président. Aussitôt, la population du Bouganda mécontente d’avoir perdu son souverain, se soulève. Il s’en suit une violente répression à laquelle Amin Dada prends une part très active. Mais je pourrais citer d’autres exemples tout aussi terribles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Idi Amin Dada devient alors un personnage incontournable en Ouganda.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : D’autant qu’il truffe l’armée de militaires qui lui sont d’abord fidèles avant d’obéir au gouvernement de Milton Oboté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Et ça doit commencer à inquiéter ce dernier ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Forcément, mais avant de voir ça de plus près, il faut dire qu’Oboté n’est pas le seul à s’inquiéter.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Qui d’autre alors ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Les puissances occidentales.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : C’est Amin Dada qui les inquiète ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Non, Oboté lui-même… Regardez une carte de l’Afrique. L’Ouganda occupe une position stratégique, aux sources du Nil et au sud du Soudan. Le pays est à la frontière de deux mondes, l’islam au nord et le christianisme au sud.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Il y a quand même des chrétiens au sud du Soudan.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : C’est exact. Des chrétiens qui vont être très longtemps en conflit avec leurs compatriotes du nord.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Jusqu’au début des années 2000…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : En effet, cette rébellion des sudistes soudanais va forcément rejaillir sur l’histoire de l’Ouganda… mais enfin, n’allant pas trop vite… D’autre part, l’Ouganda voisine avec le richissime Congo. Et personne ne peut se désintéresser d’un pays aussi tourmenté mais qui possède un vrai trésor, son sous-sol.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Un trésor minier… Mais alors les inquiétudes de l’Occident ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Oboté, après avoir chassé le roi du Buganda, a semblé vouloir se rapprocher du camp de l’Est et adopter des réformes socialistes. Tout ça était inacceptable pour Washington. Et puis, il y avait Israël.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Que vient faire Israël dans cette affaire ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Les dirigeants hébreux surveillaient de très près ce qui se passait en Afrique, et en particulier dans ces pays islamiques, Egypte et Soudan qui étaient susceptibles de nuire à leurs intérêts. Ils avaient déjà opéré une vraie percé, à la fois diplomatique et économique en Ouganda.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : A cause de sa proximité avec le Soudan musulman?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Bien sûr. C’est allé si loin que des militaires ougandais sont allés s’entrainer en Israël. Idi Amin Dada, par exemple, qui a fait un stage de parachutisme. Et lorsque le président Oboté a commencé à inquiéter, les israéliens et leurs alliés étatsuniens ont presque pensé naturellement à Amin Dada.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;___________________________________________________________________________&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qui était vraiment Idi Amin Dada? Après sa mort en 2003, L’Express sous la signature de Michel Faure raconte ses premières années : « il était né entre 1925 et 1928, nul ne sait précisément la date de sa naissance dans une région proche de l’ancien Zaïre et du Soudan. C’est un endroit aride et désolé, où l’on pose des pierres sur les collines pour attirer la pluie. Les guerriers du coin, avant les combats, prenaient une drogue hallucinogène tirée d’une plante locale. Boire son infusion était sensé protéger des balles du fusil. Amin était ce que les ougandais des autres régions un nubien, un terme impropre mais qui désigne là-bas un type du nord d’origine nilotique et généralement musulman à la peau très noire. Son père était un Kakwa, sa mère une lugbara, une tribu voisine sur la rive ouest du grand fleuve. La mère, séparée du père lorsqu’Amin était encore enfant, était connue comme sorcière. Elle suscitait l’inquiétude sinon le respect. Elle s’établie avec son fils dans une ville de garnison à Jinja. Ce garçon, Idi Amin, qui vient d’un monde de peur, de mystère, de magie, de violence, de chaos, d’errance rejoint le King’s African Rifles en tant qu’aide cuisinier. Le voilà soudain plongé dans un autre univers où règnent l’ordre et les certitudes, les règles et la discipline, celui d’un régiment colonial britannique. Il est bien nourri, bien vêtu, marche au pas, une bonne recrue, enthousiaste bien qu’indisciplinée et maîtrisant mal l’anglais. Il est grand et fort, zélé et il quitte vite les fourneaux pour devenir un vrai soldat dans les années 50 quand il va réprimer sans état d’âme la révolte des Mau Mau au Kenya. Il met également au pas, vers la même période, les Karamajongs, un peuple d’éleveurs de bétail qui vivent grands, maigres et nus près de la frontière nord avec le Kenya. Il doit les désarmer. Sa méthode est simple, il fait se tenir debout les pasteurs, le sexe posé sur une table. Amin, armé d’une machette, menace de les châtrer s’ils ne révèlent pas leurs caches d’armes… »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(à suivre...)&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/453588291539763311-1926946513343230018?l=xtribute.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/453588291539763311/posts/default/1926946513343230018'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/453588291539763311/posts/default/1926946513343230018'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://xtribute.blogspot.com/2009/02/idi-amin-dada-emission-du-31032007.html' title='Idi Amin Dada - Emission du 31/03/2007 - Episode 2'/><author><name>dr frankNfurter</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14355900384310595377</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_J0zObH4oN_c/TUFwgWx1F-I/AAAAAAAACBY/M8M8tFse2_s/s220/RHCS-Nanarotron.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-453588291539763311.post-6597765629916903204</id><published>2009-01-29T05:13:00.001+01:00</published><updated>2009-01-29T05:13:00.276+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Afrique'/><title type='text'>Idi Amin Dada - Emission du 31/03/2007 - Episode 1</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Pour lui, c’était la « perle de l’Afrique ». L’Ouganda ! Ainsi parlait Winston Churchill au début du XX° siècle lors d’une tournée dans les colonies britanniques. Un territoire aux paysages variés qui produisait à foison du café, du tabac, du coton… C’est pourtant ce même pays de Cocagne qui a connu depuis l’indépendance les pires calamités : dictatures, guerres civiles, déchirements ethniques, famines, sécheresses, pandémie de sida. Et encore aujourd’hui une rébellion mystico-guerrière unique en Afrique qui multiplie les exactions contre les populations du Nord.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;Cependant, en dépit de tous ces malheurs, l’Ouganda est désormais la principale puissance économique et politique de l’Est africain. Un Etat influent qui, sous la férule vigoureuse du président Museveni, maître du pays depuis 20 ans, se modernise à grands pas et se singularise au cœur de cette région des Grands Lacs qui a connu et connaît encore tant de difficultés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Monsieur X a donc choisi cette semaine de revisiter l’histoire de ce pays qui a suscité l’intérêt et les convoitises de nombreux Etats étrangers : la Grande Bretagne, bien sûr, mais aussi Israël, le Soudan, et aujourd’hui les Etats-Unis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Enfin, il ne faut pas oublier que l’Ouganda est le pays d’Idi Amin Dada, une caricature de dictateur africain, le « cancer de l’Afrique » selon l’un de ses biographes. Un personnage grotesque, c’est certain, et qui a nourri durablement le racisme anti-africain des Occidentaux. Mais, on l’oublie trop facilement, Amin Dada était aussi un pur produit de la colonisation !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_J0zObH4oN_c/SWobv2jaN9I/AAAAAAAAA9U/fQB3Kntrajc/s1600-h/Ouganda.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 297px; height: 320px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_J0zObH4oN_c/SWobv2jaN9I/AAAAAAAAA9U/fQB3Kntrajc/s320/Ouganda.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5290071221211903954" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Monsieur X : C’est en 1893 que le territoire devient protectorat britannique…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Patrick Pesnot : La Grande-Bretagne qui se constitue au fil des ans un véritable empire dans l’est africain&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Du nord au sud, c'est-à-dire de l’Egypte à l’Afrique du Sud. Seul le Mozambique portugais a échappé à cette tutelle anglo-saxonne. Faut quand même souligner que cette colonisation ne s’est pas toujours très bien passée…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Des rebellions ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Naturellement. Il a fallu très souvent utiliser la force. C’est à cet effet qu’a été créé une unité militaire composée de mercenaires : le King’s African Rifles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Des mercenaires de quelle origine ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : De Tanzanie, du Kenya et d’Ouganda. Et puis quand il fallait réprimer, on envoyait sur le terrain des soldats appartenant à des ethnies étrangères au pays. Et en Ouganda, la Grande-Bretagne comme elle l’a fait dans de nombreuses colonies qu’elle a soumis, a naturellement divisé pour mieux régner.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : C’était le cas, il faut le reconnaitre de la plupart des colonisateurs qui ont joué des dissensions ethniques pour s’imposer&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Je vous l’accorde. Les exemples les plus caricaturaux étant ceux du Burundi et du Rwanda où les belges ont sciemment créé la rivalité entre Hutus et Tutsis. Et la France n’a pas agi autrement dans d’autres pays africains… Alors l’Ouganda. Londres s’est d’abord appuyé sur les populations du sud et du centre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Pourquoi celles-là ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Parce que les britanniques les jugeaient plus développés, plus éduqués comme les blancs le disent en Afrique et aussi plus facilement accessible à la christianisation. Il ne faut pas oublier que dans toutes ces guerres coloniales, le missionnaire ne se trouvait jamais bien loin du militaire. En tout cas, ce sont ces ethnies du sud et du centre qui ont bénéficiées de l’attention toute particulière des autorités britanniques et donc d’une relative prospérité. Mais le colonisateur s’est très vite rendu compte qu’il y avait danger…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Danger ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : L’influence de ces ethnies, surtout celle des Bagandas, devenait excessive. Et pour la contrer les britanniques ont décidé de faire appel à des indigènes des tribus du nord.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Pour en faire quoi ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Des soldats! Les conceptions racistes de l’époque attribuaient au gens du nord des qualités martiales… Bref, ces types étaient sensés faire d’excellents hommes de troupe. Autre avantage, moins instruits que leurs compatriotes du sud, ils étaient par conséquent beaucoup plus malléables. Et c’est ainsi qu’on va pouvoir retrouver dans le King’s African Rifles nombre de nubiens comme on les appelait, des gens costauds, fidèles et qui sont réputés pour leur cruauté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Nubiens ? Ils sont vraiment originaires de Nubie ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Non, mais originaires des territoires proche du Nil, au nord de l’Ouganda. C’est par exemple le cas d’Idi Amin Dada, né dans une petite région musulmane située au nord ouest du pays et appartenant à la tribu des Kakwas. Ce sont donc ces redoutables soldats, le plus souvent analphabètes encadrés par des sous-officiers et des officiers exclusivement blancs bien sûr, et qui vont faire le sale boulot à chaque fois que ce sera nécessaire…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : La répression vous voulez dire ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Bien entendu. Ils interviendront pour mater les révoltes ethniques. Et ce sont eux en particulier au Kenya qui vont lutter contre la rébellion des Mau Mau dans les années 50. Et parmi eux, il y aura Amin Dada qui fera ses premières armes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : La Grande-Bretagne, si je vous ai bien compris, joue donc en permanence la carte ethnique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Il est évident que cette politique d’ethnicisation ne prépara pas l’Ouganda à devenir un pays uni lorsque son indépendance interviendra, car les guerres ethniques auront obligatoirement laissé des traces.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Et quand l’indépendance intervient-elle ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : En 1962. Et les britanniques avant de laisser les ougandais voler de leurs propres ailes, leur ont laissé une étrange constitution. En principe, le pays est fédéral, mais toutes les régions n’ont pas le statut d’état fédéral et puis surtout, l’ethnie dominante, Baganda, parce que la plus riche, est en principe dirigée par un roi. Mais la réalité du pouvoir appartient à un premier ministre, Milton Oboté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Et lui règne sur tout le pays ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : C’est le véritable chef. Cependant, il est évident que ce système bâtard ne pourra pas durer bien longtemps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(à suivre...)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/453588291539763311-6597765629916903204?l=xtribute.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/453588291539763311/posts/default/6597765629916903204'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/453588291539763311/posts/default/6597765629916903204'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://xtribute.blogspot.com/2009/01/idi-amin-dada-emission-du-31032007.html' title='Idi Amin Dada - Emission du 31/03/2007 - Episode 1'/><author><name>dr frankNfurter</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14355900384310595377</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_J0zObH4oN_c/TUFwgWx1F-I/AAAAAAAACBY/M8M8tFse2_s/s220/RHCS-Nanarotron.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_J0zObH4oN_c/SWobv2jaN9I/AAAAAAAAA9U/fQB3Kntrajc/s72-c/Ouganda.png' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-453588291539763311.post-6875296218834070157</id><published>2009-01-26T07:11:00.000+01:00</published><updated>2009-01-26T07:11:00.448+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Moyen-Orient'/><title type='text'>Halabja, le massacre des Kurdes irakiens - Emission du 27/01/2007 - Episode 6</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Pour terminer, je vous propose un témoignage, celui d’un jeune homme d’Halabja qui est aujourd’hui médecin. Son récit a été recueilli par Marie Jégo et publié dans un article du Monde paru en novembre 2002, et en voici un extrait: "Nous avions de la famille chez les combattants. Ils nous ont conseillé de fuir sans attendre les représailles de Bagdad. Nous avons donc pris le chemin vers un village sur une colline proche d’Halabja. De là, j’ai tout vu. Toute la matinée, les bombardiers iraquiens ont pilonné la ville sans relâche. Les gens étaient dans des abris. Aux environs de 14h, les avions sont revenus mais cette fois-ci, les bombes larguaient des sortes de bidon qui ne faisaient aucun bruit. C’était étrange, aussi étrange que l’odeur qui se dégageait ce jour là et les jours suivants. Une odeur de pomme et d’ail pourri. Au loin, j’ai vu des animaux qui gisaient à terre, puis des gens qui sortaient des abris. Ils marchaient, puis tombaient comme tombent les feuilles des arbres en automne. Plus tard, profitant d’une accalmie, la population a cherché à fuir vers les villages avoisinants, mais à 20 h les avions sont revenus. Ils ont à nouveau largué des substances chimiques aux alentours sur les fuyards. Nous, nous étions dans notre abri au village sur la colline, nous avons mis des mouchoirs sur nos visages et nous avons attendu la mort."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Saddam Hussein fut exécuté par pendaison le 30 décembre 2006 à Bagdad. Ali Hassan al-Majid fut quant à lui condamné à la peine de mort le 24 juin 2007. Ce dernier fut de nouveau condamné à la peine de mort pour le rôle joué dans la mort de 20 000 à 100 000 shiites durant la révolte au sud de l'Iraq juste après la première Guerre du Golfe.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/453588291539763311-6875296218834070157?l=xtribute.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/453588291539763311/posts/default/6875296218834070157'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/453588291539763311/posts/default/6875296218834070157'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://xtribute.blogspot.com/2009/01/halabja-le-massacre-des-kurdes-irakiens_26.html' title='Halabja, le massacre des Kurdes irakiens - Emission du 27/01/2007 - Episode 6'/><author><name>dr frankNfurter</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14355900384310595377</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_J0zObH4oN_c/TUFwgWx1F-I/AAAAAAAACBY/M8M8tFse2_s/s220/RHCS-Nanarotron.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-453588291539763311.post-5455208575032900953</id><published>2009-01-22T06:06:00.000+01:00</published><updated>2009-01-22T06:06:00.700+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Moyen-Orient'/><title type='text'>Halabja, le massacre des Kurdes irakiens - Emission du 27/01/2007 - Episode 5</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Monsieur X: Mais je voudrais revenir sur un évènement dramatique qui s’est déroulé  quelques mois avant la longue guerre Iraq/Iran, en mars 88, très précisément. Un des pires crimes que Saddam Hussein ait commis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Patrick Pesnot : Encore un autre bombardement chimique ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Oui celui de la localité d’Halabja, une petite ville qui ne se trouve pas très loin de la frontière iranienne. Au moment des faits, elle comptait une soixante de milliers d’habitants car beaucoup de kurdes des campagnes alentours étaient venus s’y réfugier. Halabja, connue autrefois pour sa douceur de vivre, avait déjà plusieurs fois eu à faire aux exactions de la soldatesque iraquienne. Elle avait aussi pour son malheur d’être proche, beaucoup trop proche de la frontière et donc de la ligne de front entre les deux armées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Dans le cœur du brasier…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Et les deux camps se disputaient sa possession. A la fin de l’hiver 87/88, Halabja est assiégée par les troupes iraniennes qui contrôlent déjà les montagnes environnantes. Et à l’occasion de la défection du commandant iraquien, les iraniens accompagnés par des centaines de Peshmergas&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Les Peshmergas sont les guérilleros kurdes&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Ces forces s’emparent d’Halabja. Et les soldats iraquiens, qui s’enfuient, subissent de sévères pertes. Mais le 16 mars, c’est le drame. Des avions iraquiens effectuent plusieurs raids de bombardements au dessus de la ville. Mais il ne s’agit pas de bombes conventionnelles. Non, ce sont des bombes chimiques qui sont déversées sur Halabja. Et des milliers de kurdes meurent presque aussitôt comme foudroyés, d’autres se précipitent dans des abris mais sont rattrapés par les gaz toxiques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Car ces gaz restent au niveau du sol…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Oui seuls survivront ceux qui ont réussi à gagner à temps les hauteurs. Et notez bien que le martyr d’Halabja n’est pas terminé pour autant. Fin 1988, c'est-à-dire après la fin de la guerre contre l’Iran, des tanks iraquiens reviendront et des soldats dynamiteront systématiquement les maisons de la ville.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Et cela, malgré la réprobation internationale qui a suivi ce gazage massif…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Une réprobation qu’il faut nuancer. Les scandinaves, les canadiens ou les australiens condamnent Saddam Hussein, mais les grandes puissances qui commercent avec l’Iraq sont beaucoup plus prudentes. Ici, je ne veux pas faire d’antiaméricanisme car nous, français, avons été les marchands d’armes les plus actifs en Iraq. Mais, il faut quand même remarquer tout juste, quelques mois après la tuerie d’Halabja, le géant étatsunien Bechtell a signé un énorme contrat commercial avec un gendre de Saddam Hussein… y’en avait quand même pour un milliard de dollars…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Et Bechtell qui est avec Allyburton, l’un des meilleurs soutiens financiers des républicains américains.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Très proche du clan Bush… Mais il y a encore plus grave. Pour les observateurs et les témoins les plus sérieux, la culpabilité des iraquiens à Halabja ne fait aucun doute, il se développe aux Etats-Unis, une campagne insidieuse qui vise à accuser l’Iran d’avoir bombardé Halabja avec des armes chimiques…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Une vraie compagne négationniste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : L’administration étatsunienne n’a pas été innocente dans cette affaire, que voulez-vous, Saddam Hussein était encore respectable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Il ne le restera pas encore longtemps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : En effet, puisqu’il envahira le Koweït deux ans plus tard. Autre chose tout aussi gravissime. Malgré les rapports des experts mandatés à Halabja par l’ONU en aout 88, la sous commission des droits de l’homme de l’organisation a estimé par 11 voix contre 8 qu’il n’y avait pas lieu de condamner l’Iraq. Toutefois, un sénateur étatsunien sauve l’honneur de son pays en rédigeant un rapport terriblement accusateur et précis sur Saddam Hussein.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Avec quels résultats ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : En dépit d’une approbation quasi-unanime du Sénat, le rapport sera enterré par l’administration Reagan.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Et en France alors ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Nous avons fait preuve d’une formidable hypocrisie. Le gouvernement français s’est contenté de condamner l’utilisation d’armes chimiques où que ce soit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Sans accuser explicitement l’Iraq.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Et quelques mois plus tard, à l’occasion d’une conférence tenue à Paris sur l’interdiction des armes chimiques, notre gouvernement s’engagera au près du ministre des affaires étrangères, Tarek Aziz, à ne pas citer Bagdad dans le communiqué final.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Pourtant la France sera partie prenante de la coalition anti-Saddam Hussein lors de la première guerre du Golfe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Et l’opération « tempête du désert »… Mais vous le savez, les kurdes n’en auront pas fini avec les exactions iraquiennes puisque justement, après cette première guerre du Golfe, les alliés laisseront Saddam Hussein massacrer les kurdes au nord et les chiites au sud.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Jusqu’à ce que des grandes voix s’élèvent&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Dont celles de Danielle Mitterrand ou Bernard Kouchner qui iront sur place et dénonceront cette vague de terreur. Il en résultera par les Alliés d’une zone d’exclusion aérienne au nord, mais aussi au sud. Il faut aussi observer que les populations kurdes souffrent toujours des séquelles de ces bombardements chimiques massifs au cours des quels 100 000 munitions ont été tirées. Les sols, les eaux sont encore contaminés. Et cette contamination a engendré des maladies chroniques et des malformations de fœtus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Toujours aujourd’hui ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Oui. Alors reconnaissez que si Saddam Hussein était toujours vivant, une justice vraiment indépendante aurait eu beaucoup de questions à lui poser. Et inévitablement, ceux qui ont été ses complices objectifs auraient eu à répondre de leurs agissements et de leur aveuglement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(à suivre...)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/453588291539763311-5455208575032900953?l=xtribute.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/453588291539763311/posts/default/5455208575032900953'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/453588291539763311/posts/default/5455208575032900953'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://xtribute.blogspot.com/2009/01/halabja-le-massacre-des-kurdes-irakiens_22.html' title='Halabja, le massacre des Kurdes irakiens - Emission du 27/01/2007 - Episode 5'/><author><name>dr frankNfurter</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14355900384310595377</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_J0zObH4oN_c/TUFwgWx1F-I/AAAAAAAACBY/M8M8tFse2_s/s220/RHCS-Nanarotron.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-453588291539763311.post-1247367010851425525</id><published>2009-01-19T08:00:00.003+01:00</published><updated>2009-01-19T08:00:01.966+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Moyen-Orient'/><title type='text'>Halabja, le massacre des Kurdes irakiens - Emission du 27/01/2007 - Episode 4</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Le grand journaliste Jonathan Randal a contribué à la rédaction du &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Livre noir de Saddam Hussein &lt;/span&gt;avec un article sur ce qu’il appelle, les relations ambigües entre les Etats-Unis et l’Iraq. J’en extrais ces quelques lignes qui traitent d’abord du déclenchement de la guerre Iran/Iraq : « Washington se mit alors à considérer la survie de l’Iraq comme essentielle, au point de fermer les yeux sur le triste record de Saddam Hussein concernant le nombre de violations des droits de l’homme, fut aussi ignoré son utilisation de l’arme chimique et biologique contre les troupes iraniennes et les kurdes. Voulant délibérément faire montre de bonne volonté le président Ronald Reagan envoya son émissaire personnel, Donald Rumsfeld, serrer la main de Saddam Hussein en décembre 1983. Il n’en reste pas moins que les Etats-Unis furent lent à joindre les pays qui soutenaient ouvertement l’Iraq : la France, le monde arabe (à l’exception de la Syrie) et l’Union soviétique. La France fournit des missiles Exocet air/mer, des Mirages F1 et surtout des avions Super étendards pour bombarder les pétroliers iraniens dans l’espoir de forcer Khomeiny à mettre fin à sa guerre sainte. Les arabes donnèrent des dizaines de milliards de dollars qui permirent à Bagdad d’acheter encore plus d’armes et de fournir aux Iraquiens la nourriture, les voitures et les produits d’importation destinés à empêcher que le mécontentement de l’arrière ne se retourna contre Saddam et contre la guerre qu’il n’arrivait pas à gagner. Car ce fut l’un des paradoxes les plus étranges de la guerre froide, les Etats-Unis et leur ennemi juré l’Union soviétique se retrouvèrent du même côté, déterminés à empêcher la propagation de la révolution iranienne.&lt;br /&gt;___________________________________________________________________________&lt;span style="font-style: italic;"&gt;_________________________&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Monsieur X : Le nom de code de l’opération était Al-Anfal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Patrick Pesnot : Ce qui veut dire ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Je crois que c’est un mot arabe tiré d’une sourate du Coran et qui signifie « Butin de guerre ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Et cette opération ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Il s’agissait d’en finir avec la question kurde. Quand je dis finir, je pèse mes mots, car Saddam Hussein voulait régler une bonne fois pour tout le problème en anéantissant  les kurdes iraquiens qui ne cessaient de réclamer leur indépendance ou au moins leur autonomie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Et qui combattaient depuis longtemps les iraquiens les armes à la main&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Une guérilla. Ou plutôt deux, car les kurdes étaient divisés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : En tout cas, si je vous ai compris, Saddam Hussein voulait procéder à un véritable génocide.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : La solution finale, oui. Et Saddam Hussein a confié la conception et la réalisation de l’opération Al-Anfal à l’un des ses parents, Ali Hassan al-Majid, plus connu désormais sous le nom d’Ali le Chimique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Un général qui a d’abord été déclaré mort et qui a été finalement capturé par les américains.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : C’était en effet le cinquième dirigeant iraquien le plus recherché, et son procès est en cours…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Devant le même tribunal qui a condamné Saddam Hussein à la peine de mort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Al-Anfal commence en 1987 et va durer 2 ans. Deux ans au cours des quels 180000 kurdes vont périr. C’est pourquoi vous avez raison de parler de génocide. Al-Majid est donc nommé en 1987, Saddam Hussein lui donne tous les pouvoirs civils et militaires sur le Nord de l’Iraq, c'est-à-dire les régions où vivent les kurdes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : C’est une sorte de proconsul…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Oui non seulement chargé d’éradiquer les rebellions mais aussi de se débarrasser du maximum de kurdes. Et à peine nommé, il définit un certain nombre de zones interdites…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Interdites… aux kurdes ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Et où les militaires ont l’ordre de tirer à vue sur tout homme se trouvant. L’armée est aussi chargée de bombarder aveuglément les localités se trouvant dans ces zones. Les ordres sont clairs, il faut provoquer le plus possible de victimes kurdes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Un enregistrement a été présenté récemment au tribunal, on y entend justement la voix de Saddam Hussein qui déclare en parlant de l’arme chimique : « il vaut mieux l’utiliser dans des zones peuplées afin d’y faire le maximum de dégâts ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Et en effet, très vite, les gaz sont utilisés. D’abord, sur deux villages kurdes où ils provoquent la mort de dizaines de personnes, surtout des femmes et les enfants. Assez cyniquement, ces deux expériences ont été filmées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Pourquoi ? Pour évaluer le rendement de ces attaques comme vous disiez tout à l’heure ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Je ne faisais que reprendre le jargon militaire. Bref, ces enregistrements ont été retrouvés et d’ailleurs lors de la reprise du procès le 8 janvier dernier (2007), une partie d’entre eux ont commencé à être divulgués. Et il ne fait nul doute qu’ils pèseront très lourd dans le dossier de l’accusation. Quoi qu’il en soit, cette politique de terreur, provoque l’exil de nombreux kurdes vers l’Iran…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Chez l’ennemi donc…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Un ennemi qui a pourtant été tendre avec ses propres kurdes, mais l’ennemi de mon ennemi peut être à l’occasion mon ami. Et l’Iran accueille les kurdes iraquiens. Certains gazés seront même soignés en Iran, tandis que la politique d’épuration ethnique se poursuit dans le Kurdistan, avec son cortège d’horreurs. Ce sont surtout tous les villages de montagne, difficilement accessibles qui subissent les bombardements chimiques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Alors lorsque la guerre Iraq/Iran se termine en 1988…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : En juillet exactement. Et bien pour les kurdes c’est dramatique, parce que les dirigeants iraquiens ont désormais les mains libres. Si vous me permettez cette expression.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Ils n’ont plus à combattre les iraniens…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Et qu’ils vont pouvoir se concentrer plus efficacement à la question kurde. Et ils considèreront en 1989 que le problème est réglé… et de quelle façon. Quatre milles villages ont été détruits, et je vous l’ai dit des dizaines de milliers de kurdes ont été exterminés. Le terrible Ali le Chimique peut être récompensé et être appelé à d’autres fonctions.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(à suivre...)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Livre&lt;/span&gt;:&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Le livre noir de Saddam Hussein&lt;/span&gt; dirigé par Chris Kutschera, Lesbek Balcerowicz, Patrick Baudouin, Hamit Bozarsla&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Editeur&lt;/span&gt; : Oh! Editions&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Parution&lt;/span&gt; : 2005&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/453588291539763311-1247367010851425525?l=xtribute.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/453588291539763311/posts/default/1247367010851425525'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/453588291539763311/posts/default/1247367010851425525'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://xtribute.blogspot.com/2009/01/halabja-le-massacre-des-kurdes-irakiens_19.html' title='Halabja, le massacre des Kurdes irakiens - Emission du 27/01/2007 - Episode 4'/><author><name>dr frankNfurter</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14355900384310595377</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_J0zObH4oN_c/TUFwgWx1F-I/AAAAAAAACBY/M8M8tFse2_s/s220/RHCS-Nanarotron.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-453588291539763311.post-3279984632633561593</id><published>2009-01-15T07:45:00.000+01:00</published><updated>2009-01-15T07:45:00.342+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Moyen-Orient'/><title type='text'>Halabja, le massacre des Kurdes irakiens - Emission du 27/01/2007 - Episode 3</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Monsieur X : Ce n’est donc pas par hasard si Al-Saadi commande la construction de la première usine chimique à une société ouest-allemande. L’implantation est prévue à une trentaine de kilomètre au sud de Bagdad, là où dès le début des années 70, le régime avait déjà prévu de construire une usine de fabrication de pesticides…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Patrick Pesnot : Et des pesticides… au gaz moutarde, il n’y a qu’un pas…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : En effet, ce sont souvent les mêmes composants qui sont utilisés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Mais est-ce que les allemands savent qu’ils vont construire une usine destinée à produire des armes chimiques ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Je vais y venir. Officiellement, il s’agit de l’édification d’une université, et à l’intérieur de cette université, d’un laboratoire chimique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Un camouflage ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Certainement. Et le cahier des charges prévoit que dans ces bâtiments on puisse traiter les substances les plus dangereuses, et en particulier, les organophosphorés, c’est à dire des produits avec lequel il est possible de générer des neurotoxiques comme le sarin ou le tabun.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Et les ingénieurs allemands, ne se doutent de rien ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : En principe, non. La surveillance étroite, dont ils sont l’objet, n’éveillent même pas leur curiosité, ni même l’installation sur le site de batteries de missiles sol-air.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Tout ça, c’est difficile à croire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Je suis d’accord avec vous, mais la direction jouera l’innocente jusqu’au bout. Toutefois, les iraquiens ne voulaient pas en rester là et ils décidèrent la construction d’une autre usine, à Samara, près de Tikrit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Tikrit, le fief de Saddam Hussein même, et de son clan.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_J0zObH4oN_c/SWju43raq_I/AAAAAAAAA9M/S4UBW7l-Rus/s1600-h/iraq.gif"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 166px; height: 200px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_J0zObH4oN_c/SWju43raq_I/AAAAAAAAA9M/S4UBW7l-Rus/s200/iraq.gif" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5289740423132785650" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;X : Et il est de nouveau fait appel à une entreprise allemande, la Karl Colb, dont le principal actionnaire est un certain Klaus Franze, un homme qui avait nourrit autrefois des sympathies certaines pour le régime nazi, grâce à toutes une série de sous-traitants et de sociétés écrans, la Colb a installé la plus grande usine de production d’armes chimiques au monde, sur un site de plusieurs dizaines de kilomètres carrés. Etroitement surveillés, les allemands ont édifié des bunkers et des silos souterrains qui devaient être capables de résister à un bombardement aérien.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;PP : Donc ils leur étaient impossibles d’ignorer ce qu’ils faisaient…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;X : Et la vraie question est celle-ci : que savaient exactement les autorités fédérales ? Car la construction d’un aussi vaste complexe et la participation de techniciens allemands ne pouvaient pas passer inaperçues. Et puis, il fallait alimenter les chaînes de production des poisons et donc importer des quantités considérables de produits chimiques pour les fabriquer.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;PP : Des produits dont le commerce, enfin j’imagine, devait être très surveillé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;X : Naturellement. Malgré tout, les iraquiens ont réussi à vaincre tous les obstacles et a persuadé plus de 200 entreprises occidentales de leur livrer ces substances chimiques.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;PP : En trichant ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Bien sûr. Et avec la complicité de certains états. Il ne pouvait pas en être autrement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Saddam Hussein a donc pu se constituer un énorme arsenal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Oui des milliers de tonnes de gaz mortel. Et comme pour le dictateur iraquien, ces armes n’étaient pas seulement destinées à être stockées, il est passé à l’action.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Alors quand ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : La première utilisation massive, a eu lieu au début de 1984. Grâce à une attaque surprise, les iraniens venaient de se rendre maître de deux îles particulièrement stratégiques au nord de Bassorah, c'est-à-dire dans une zone très riche en pétrole. Les iraquiens ont d’abord riposté avec des armes classiques mais ils n’ont pas réussi à reprendre les îles. Alors, Saddam Hussein a décidé l’emploi de l’arme chimique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : C'est-à-dire des obus chargés d’armes chimiques ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Non, pour cette première expérimentation massive, ce sont des hélicoptères qui ont déversés sur les lignes ennemis des gaz liquéfiés. Les effets ont été terrifiants. Et cela a encouragé le commandement iraquien a utilisé à nouveau les gaz sur d’autres secteurs du front, alors même que le secrétaire d’état adjoint américain, Richard Murphy, en visite à Bagdad, venait négocier le rétablissement des relations diplomatiques entre les deux pays.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Il a été mis au courant ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Rapidement. Car les iraniens n’ont pas tardé à dénoncer cette violation de la convention de Genève.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Et alors résultat ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Murphy a protesté énergiquement, en vain, car les iraquiens ont exercé une sorte de chantage, si vous ne nous soutenez pas, nous nous tournons du côté de l’URSS. Et c’est ainsi que malgré l’utilisation des gaz par Saddam Hussein, les relations diplomatiques entre l’Iraq et les Etats-Unis ont été rétablies quelques mois plus tard. Et il s’est même trouvé un universitaire américain pour estimer que les armes chimiques étaient essentiellement destinées pour briser le moral de l’ennemi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Au fond si elle tuait, c’était en plus…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Voilà. D’ailleurs plusieurs spécialistes militaires avaient observés que le rendement de ces armes était assez peu satisfaisant. Elles ne tuaient que 20% des soldats ennemis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : C’est horrible ce mot rendement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Ah mais c’est réaliste. Que voulez-vous. Et les iraquiens ne vont pas tarder à prendre en compte ce diagnostic. En 1985, bombardant des centaines de villages iraniens, ils ont perfectionné leurs obus chimique en y ajoutant de l’acide cyanhydrique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : C’est le gaz des nazis…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Toujours fabriqué par une firme allemande…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Et l’opinion internationale ne réagit pas ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Très peu, et pourtant les preuves sont accablantes. Mais si j’ose dire, Saddam Hussein jouit d’une sorte d’impunité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Oui… car il combat l’Iran.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Exactement. L’Iran qui prône un Islam radical et qui a déclaré une guerre larvée à l’occident : attentats, prises d’otage, etc. L’Iran n’est donc guère populaire et inquiète.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Le risque de contagion islamiste aussi…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Incontestablement, Saddam Hussein en profite de façon cynique. Pour l’opinion occidentale, l’Iraq laïc demeure un rempart contre l’obscurantisme des islamistes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Et par conséquent, on ne veut pas savoir…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Oui, on accorde foi aux mensonges de Saddam Hussein. Lorsque les iraniens présentent publiquement des victimes des gaz iraquiens, Bagdad prétend que ces gens ont été blessés chez eux lors de l’explosion d’une usine chimique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Ca marche ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Tout à fait. Entre Khomeiny et Saddam Hussein, l’opinion a choisi. Mieux, grâce à sa collaboration avec des firmes néerlandaises et allemandes, l’Iraq a même accéléré sa production de gaz mortel. Et quand soumis à des pressions des Etats-Unis le gouvernement fédéral allemand s’est décidé à limiter et même arrêter l’exportation de produit chimique sensible. Une des sociétés mises en cause, cette Karl Colb dont je vous ai parlé, a attaqué en justice et elle a gagné.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Les exportations ont donc pu continuer…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Et la production augmenter. Et il faut aussi souligner que lorsqu’un gouvernement européen essayait d’entraver ce commerce, il faisait l’objet de menace très claire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Des menaces de quel ordre ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Des menaces commerciales. Il ne faut pas oublier que grâce à son pétrole, l’Iraq était riche et avait la réputation de payer rubis sur l’ongle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Un excellent client, qu’il ne fallait pas fâcher. Alors pour résumer, la communauté internationale savait que Saddam Hussein violait les lois de la guerre en utilisant des gaz, mais personne ne lui en faisait grief pour des raisons politiques et commerciales.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : En effet, telle est la vérité et le dictateur iraquien va bientôt franchir une nouvelle étape en employant cette arme terrifiante contre son propre peuple…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(à suivre...)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/453588291539763311-3279984632633561593?l=xtribute.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/453588291539763311/posts/default/3279984632633561593'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/453588291539763311/posts/default/3279984632633561593'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://xtribute.blogspot.com/2009/01/halabja-le-massacre-des-kurdes-irakiens_15.html' title='Halabja, le massacre des Kurdes irakiens - Emission du 27/01/2007 - Episode 3'/><author><name>dr frankNfurter</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14355900384310595377</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_J0zObH4oN_c/TUFwgWx1F-I/AAAAAAAACBY/M8M8tFse2_s/s220/RHCS-Nanarotron.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_J0zObH4oN_c/SWju43raq_I/AAAAAAAAA9M/S4UBW7l-Rus/s72-c/iraq.gif' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-453588291539763311.post-6422487649502080704</id><published>2009-01-12T08:02:00.006+01:00</published><updated>2009-01-25T12:12:41.000+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Moyen-Orient'/><title type='text'>Halabja, le massacre des Kurdes irakiens - Emission du 27/01/2007 - Episode 2</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Monsieur X : Bon écoutez, je ne vais pas vous faire un cours de Chimie, mais sachez quand même qu’elles sont classées en plusieurs groupes en fonction des effets qu’elles produisent…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Patrick Pesnot : Soyez un peu plus précis…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Il y a d’abord, ce qu’on appelle les vésicants, le plus connu d’entre eux, est le gaz moutarde&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Celui qui a été utilisé pendant la Grande Guerre…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : D’abord à Ypres, et c’est pourquoi on le nomme aussi ypérite. Il provoque sur la peau humaine des brûlures, attaque ensuite les yeux et le système respiratoire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Il peut tuer…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Évidemment. Beaucoup de poilus en sont morts et d’autres qui l’ont respiré ont été handicapés à vie. Autre groupe, les asphyxiants, ce sont les gaz comme l’acide cyanhydrique qui ont été utilisés par les nazis, dans les camps d’extermination. On trouve aussi les suffocants, des substances souvent à base de chlore qui détruisent les voies respiratoires. Et enfin dernier groupe, les neurotoxiques proche de certains insecticides, vous en connaissez au moins le nom de l’un d’entre eux, le sarin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Oui c’est le gaz qui a été utilisé dans le métro de Tokyo par la secte Aum.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : C’est ça. Ils attaquent le système nerveux et sont d’autant plus dangereux, qu’ils sont inodores. Il y en a un parmi eux qui est appelé le VX, dont une seule et minuscule gouttelette peut tuer un homme. Il faut ajouter que les scientifiques qui ont conçu ces gaz de combat, ont aussi songé à fabriquer des cocktails.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Oui des mélanges…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Exactement. Afin d’accroitre l’efficacité de ces armes de mort, des cocktails qui ont d’ailleurs été testés en grandeur nature par les sbires de Saddam Hussein.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Sur des hommes vous voulez dire ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Sur des cobayes, des prisonniers par exemple. On en a la preuve. Quoi qu’il en soit, c’est donc après la destruction du réacteur Osirak que Saddam Hussein a lancé son programme d’armes chimiques et l’un de ses généraux, Amer Al-Saadi, a reçu plein pouvoir et des crédits illimités pour le mettre en œuvre. Une mission qui devait forcément rester ultra secrète.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Mais attendez d’autres pays fabriquent ou ont fabriqué aussi des gaz de combat…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Toutes les grandes puissances et également Israël bien entendu, sous le prétexte parfaitement hypocrite de chercher des antidotes. Mais je suis sûr qu’il existe encore de part le monde des stocks qui n’ont pas été détruits. Mais à l’exception de l’agent jaune dont des quantités incroyables ont été déversées au Vietnam par les américains, aucun pays, à ma connaissance, n’a utilisé des gaz sur un champ de bataille depuis la convention de 1925.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Sauf Saddam Hussein… Et encore faut-il observer, à la décharge des Etats-Unis, que l’agent jaune n’était pas un gaz de combat mais un défoliant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Peut-être, mais ce produit à base de dioxine est aussi un produit très dangereux pour l’homme, un terrible poison, et les vietnamiens continuent à en payer le prix…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Mais est-ce qu’en face, lors de la guerre Iran/Irak, les iraniens possédaient eux aussi des armes chimiques ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : C’est probable, et peut-être en ont-ils utilisé. Franchement je ne sais pas. En tout cas, il revient à Saddam Hussein d’avoir été une sorte de précurseur dans ce sinistre domaine. Mais revenons à la mission de ce général Al-Saadi. Pour réussir, il lui fallait trouver hors d’Iraq des chimistes et d’énormes quantités de produits chimiques, produits qui permettaient de fabriquer ces gaz mortels et qui obligatoirement faisaient l’objet de surveillance, là où on les fabriquait. Et après avoir essuyé quelques refus aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et en Italie, ce général s’est tourné vers le pays qui avait déjà, malheureusement, une certaine expérience dans ce domaine…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : L’Allemagne ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : L’Allemagne de l’Ouest où ils existaient quelques patrons nostalgiques du troisième Reich, qui ne demandaient pas mieux que de venir en aide à un pays arabe, entreprenant et désireux de fabriquer des gaz susceptibles d’être un jour utilisés contre l’état hébreux…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;___________________________________________________________________________&lt;span style="font-style: italic;"&gt;_________________________&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le lobby de la mort&lt;/span&gt; tel est le titre d’un livre du journaliste Kenneth R. Timmerman, un ancien otage au Liban, devenu l’un des meilleurs spécialistes des transferts de technologie dans le monde. Dans cet ouvrage, très documenté, publié en 1991, Timmerman explique comment et pourquoi l’occident a armé l’Iraq. Et il met en lumière la coopération d’un certain nombre d’industriels, ouest-allemands, avec le régime de Saddam Hussein, je le cite : "Quarante ans après l’Holocauste, on trouvait encore des partenaires compréhensifs prêts à aider l’Iraq à détruire Israël. C’était le cas d’Anton Eyerle, directeur de la société de construction Rhein-Bayern. Pour Eyerle, qui commença à travailler pour l’Iraq à l’âge de 57 ans, Saddam Hussein était un homme fort, pour qui ça valait la peine de se battre. Les iraquiens étaient des gens qui avaient du caractère. Dans son bureau en Bavière, il avait gardé un vieux poste de radio du temps du troisième Reich qu’il avait modifié pour écouter les enregistrements des discours d’Adolph Hitler comme il les avait entendus dans les années 40. Eyerle, avait servi dans la Luftwaffe de Goering, au cours d’une interview à l’hebdomadaire allemand, Der Spiegel, du 4 février 1991, il expliqua son enthousiasme pour le dictateur iraquien : « c’était comme dans ma jeunesse » "&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(à suivre...)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Livre&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Le lobby de la mort : comment l'Occident a armé l'Irak&lt;/span&gt; par Kenneth R. Timmerman&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Editeur&lt;/span&gt; : Calmann Lévy&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Parution&lt;/span&gt; : 1991&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/453588291539763311-6422487649502080704?l=xtribute.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/453588291539763311/posts/default/6422487649502080704'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/453588291539763311/posts/default/6422487649502080704'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://xtribute.blogspot.com/2009/01/halabja-le-massacre-des-kurdes-irakiens_12.html' title='Halabja, le massacre des Kurdes irakiens - Emission du 27/01/2007 - Episode 2'/><author><name>dr frankNfurter</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14355900384310595377</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_J0zObH4oN_c/TUFwgWx1F-I/AAAAAAAACBY/M8M8tFse2_s/s220/RHCS-Nanarotron.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-453588291539763311.post-8168608153215454884</id><published>2009-01-09T00:33:00.008+01:00</published><updated>2009-01-09T01:43:50.808+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Moyen-Orient'/><title type='text'>Halabja, le massacre des Kurdes irakiens - Emission du 27/01/2007 - Episode 1</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il restera toujours un doute… La pendaison précipitée de Saddam Hussein n’avait-elle pas d’abord pour objectif d’occulter une partie de la vérité sur les plus grands crimes qu’il ait commis : c’est à dire l’utilisation de l’arme chimique contre le peuple kurde. Une arme chimique qu’il avait par ailleurs déjà expérimentée contre l’ennemi iranien lors de la terrible et interminable guerre qui a opposé l’Irak au pays des ayatollahs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est en effet troublant de constater que Saddam Hussein a été exécuté alors même que ses juges commençaient à instruire son procès pour génocide contre les Kurdes. Un monstrueux crime contre l’humanité qui a provoqué la mort de 180.000 personnes. Certes le procès va se poursuivre puisque le cousin de Saddam, Ali Hassan al-Majid, surnommé Ali le Chimique, et cinq autre co-accusés devront répondre de leurs actes. On évoquera donc dans le détail l’opération Al-Anfal, « Butin de guerre », qui, en 1988, visait en principe à éliminer physiquement la rébellion kurde accusée de complicité avec l’Iran mais qui, dans les faits, s’est traduite par une extermination massive des populations civiles. Ainsi, les magistrats s’attarderont en particulier sur le cas spécifique de la petite ville d’Halabja, 5.000 Kurdes tués en quelques minutes par un bombardement au gaz moutarde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les exécutants seront donc jugés et sans doute même condamnés eux aussi à mort et exécutés. Mais la responsabilité du principal accusé, Saddam Hussein, ne sera jamais vraiment établie puisque dès la reprise du procès, le 8 janvier dernier, le président du tribunal a annoncé l’abandon des poursuites contre l’ancien dirigeant irakien en raison de sa mort. Pour les Kurdes, c’est une énorme frustration. Et surtout, en l’absence de Saddam Hussein, on se gardera vraisemblablement de mettre en cause tous ceux, gouvernements et industriels, qui ont permis à l’Irak d’acquérir et fabriquer ces armes de destruction massive.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Monsieur X, qui a souvent évoqué ces questions, revient donc sur ce sujet sensible.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Monsieur X : Un mot avant, vous savez que l’intervention des armées de la coalition en Iraq a été légitimée par deux mensonges : tout d’abord la prétendue collusion entre Saddam Hussein et Ben Laden et puis ensuite la présence des fameuses armes de destruction massive, les ADM, sur le territoire iraquien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Patrick Pesnot : Or on ne les a pas trouvées …&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Forcément, elles n’existaient plus, dans les années 90, les inspecteurs de l’ONU qui ont été beaucoup plus efficaces que ne le prétendait Washington, en avait déjà détruit un bon nombre, et puis le reste, c’est Saddam Hussein qui a donné l’ordre de s’en débarrasser. Et quelque fois, avant même la première guerre du Golfe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Oui, ça mérite peut-être une petite explication…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Volontiers… Quand Saddam a compris qu’il serait inéluctablement attaqué, et bien il a décidé de liquider ses armes chimiques et bactériologiques. Arroser les lignes iraniennes ou les villages kurdes, c’était sans danger… mais il en allait peut-être autrement face à la coalition menée par les Etats-Unis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Oui, parce que c’était s’exposer à de terrifiantes représailles&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Evidemment. Maintenant revenons en à la genèse. On a souvent dit que les armes chimiques et bactériologiques étaient la bombe atomique du pauvre. Et c’est si vrai que Saddam Hussein a pensé à se doter massivement de ces armes après la destruction par Israël des installations nucléaires iraquiennes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Oui vous voulez parler du réacteur Osirak&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Oui une centrale construite en partenariat avec la France grâce aux excellents rapports noués en 1975 avec le premier Ministre, Jacques Chirac, et Saddam Hussein. Et puis si vous voulez mon avis, François Mitterrand qui a appris le bombardement israéliens, peu après son élection à la présidence de la république, n’a pas dû être fâché…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Oui parce que si un jour l’Iraq arrivait à construire la bombe… ça serait sans la France…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Et on pourrait donc s’en laver les mains. Toutefois, ça n’a pas empêché notre pays de continuer à fournir à Bagdad des quantités impressionnantes d’armes conventionnelles…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : En même temps que l’URSS…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : C’est exact, oui. Donc après ce bombardement d’Osirak, Saddam Hussein sait qu’il se passera bien des années avant de pouvoir se doter un jour de l’arme atomique…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Et il se tourne vers la fabrication d’autres armes…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Chimiques et bactériologiques. Des armes qui par ailleurs, qui sont bien moins couteuses et dont la fabrication peut être dissimulée dans des usines censées produire des insecticides, des pesticides ou des engrais. Un subterfuge qui ne va pas faire longtemps illusion en Iraq, car si ces installations sont vraiment destinées à produire pour l’agriculture… pourquoi les enfouir dans des bunkers souterrains et protégées par des batteries de missiles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Afin de faire échecs à d’éventuels bombardements&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : J’ajoute que ces usines vont être construites au milieu d’immenses zones interdites et démilitarisées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : En toute discrétion donc&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Oui car les conventions internationales signées après la guerre de 14-18 à Genève interdisent l’utilisation des gaz, malgré tout, le fait que l’Iraq se lance dans la production d’armes chimiques, devient vite un secret de polichinelle. Mais ça n’empêche nullement les grandes puissances de continuer à livrer à Saddam Hussein des armes conventionnelles et à passer d’importants accords commerciaux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : A cause de la guerre Iran/Iraq&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Saddam Hussein, qui a pris l’initiative de lancer son armée contre l’Iran, apparait très vite comme étant un rempart contre le régime de l’ayatollah Khomeiny. Et avant d’entrer en guerre, Saddam Hussein a même reçu un discret feu vert des Etats-Unis, ça permettra à tout le monde de fermer les yeux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Mais pourquoi cette attitude des Etats-Unis vis-à-vis d’un pays qui a longtemps flirté avec les soviétiques ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Le pétrole, évidemment. Le président Carter l’a dit sans ambages dès 1980. Si un pays, et il voulait naturellement parler de l’Iran, s’avisait de vouloir s’assurer la maîtrise du Golfe Persique, les Etats-Unis considérerait qu’il s’agit d’une attaque contre leurs intérêts vitaux, comprenez les approvisionnements en pétrole.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Donc d’emblée, les américains se rangent du côté iraquien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Sans aucun doute. Il faut d’ailleurs noter que l’Iraq, longtemps rangé par Washington dans la liste des pays terroristes, en sort dès 1982 et bénéficie dès lors de garanties financières de plusieurs centaines de millions de dollars… pour sa politique agricole&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : … des dollars qui servent alors aussi peut-être pour la production d’arme chimique…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Pourquoi pas. En tout cas désormais, Saddam Hussein est devenu quelqu’un de très fréquentable. Quand, au début des années 80, l’armée iraquienne, contre toute attente, se trouve en difficulté sur le front, les occidentaux viennent au secours de Saddam Hussein. La France, en particulier, va même prêter quelques uns de ses avions de combat, des super étendards, et les américains, eux, vont mettre à la disposition des généraux iraquiens, des photos satellites des positions de l’armée et des installations pétrolières iraniennes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Donc ça va très loin…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : Et pourtant personne ne peut ignorer qu’au même moment, Saddam Hussein est en train d’édifier un formidable arsenal d’armes de destruction massive, tant chimique que bactériologique. Les occidentaux, peuvent d’autant moins l’ignorer, qu’ils fourniront à l’Iraq des souches de maladie très contagieuses et mortelles, telles que la peste, la maladie du charbon, des toxines de botulisme, mais officiellement, il ne s’agissait que d’échange scientifique…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : C’est un peu cousu de fil blanc…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;X : On peut peut-être le penser.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PP : Auparavant, un mot peut-être sur ces armes terrifiantes…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(à suivre...)&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/453588291539763311-8168608153215454884?l=xtribute.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/453588291539763311/posts/default/8168608153215454884'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/453588291539763311/posts/default/8168608153215454884'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://xtribute.blogspot.com/2009/01/halabja-le-massacre-des-kurdes-irakiens.html' title='Halabja, le massacre des Kurdes irakiens - Emission du 27/01/2007 - Episode 1'/><author><name>dr frankNfurter</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14355900384310595377</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_J0zObH4oN_c/TUFwgWx1F-I/AAAAAAAACBY/M8M8tFse2_s/s220/RHCS-Nanarotron.jpg'/></author></entry></feed>
